ROAD TRIPS

Ce blog est publié chronologiquement, le dernier post correspond donc au plus récent. Chaque post est publié en français, avec la version anglaise juste en dessous.
This blog is published chronologically, so the last post is the most recent. Each post is published in French, with the English version below. 

 


 

Day 66 – Mile 10942
Austin, Texas

Couv-dagoofNous voilà de retour à notre point de départ, un tout petit peu plus tôt que prévu, où nous allons passer une grosse semaine, avant notre vol retour jeudi 12 décembre (arrivée en France le lendemain midi). Plusieurs raisons à cela  : le froid (pour ne pas dire un temps de merde !) qui revenait sur le nord-est, alors qu’ici les températures sont douces (25 degrés aujourd’hui, plein soleil) ; Thanksgiving que nous voulions éviter à tout prix (nous avons passé la soirée en question dans une cabane perdue dans les bois, après St-Louis, Missouri, clairement la ville la plus crade de tout notre périple), et aussi et surtout du boulot à rattraper (pour moi, notamment les derniers chapitres de « Cinéma Sexus » à écrire et calibrer).

Du coup, nous sommes allés à Kansas City, non sans avoir d’abord bouclé les quelques dizaines de miles de la Route 66 que nous n’avions pas parcourus à l’aller, pour l’un des deux concerts annuels des Rainmakers, le groupe « local » par excellence, que je n’avais pas vu sur scène depuis… 1987 (au Rex Club, à deux reprises, pour les deux premiers albums et les tournées correspondantes) ! Et ce fut terrible, dans le bon sens du terme !

Enfin, pas de blog depuis une dizaine de jours, car pas grand-chose à montrer ou raconter qui en vaille vraiment la peine, surtout après tout ce par quoi nous en sommes passés jusqu’à aujourd’hui. Surtout, je suis déjà en train de travailler sur le plan, le chapitrage, l’iconographie, les playlists associées, et bien sûr les textes, nombreuses notes incluses, du livre « Mother Road & Father Tales » et j’ai un peu de mal à couper mon petit cervelet en deux (car ce livre, je me répète, ne sera pas du tout une reprise du blog, mais un travail bien à part, et bien plus sérieux, dense, fourni et profond aussi, si si). Enfin, on va bien sûr en profiter pour se faire quelques derniers concerts, Austin étant toujours l’incontestable capitale mondiale de la musique live !

We are back at our starting point, a little earlier than expected, where we will spend a week+, before our flight back Thursday, December 12 (arrival in France the next day at noon). Several reasons for this: the cold (not to say a shitty weather!) which came back to the northeast, whereas here the temperatures are mild (25 celsius degrees today, full sun); Thanksgiving which we wanted to avoid at all costs (we spent the evening in question in a cabin lost in the woods, after St-Louis, Missouri, btw clearly the dirtiest city of our entire journey), and also and especially the work to catch up (for me, the last chapters of « Cinéma Sexus » to write and calibrate).

So we went to Kansas City, not without first completing the few dozens of miles from Route 66 that we had not covered in early October, for one of the Rainmakers’ two annual concerts, the « local » band par excellence, that I hadn’t seen on stage since… 1987 (at the Rex Club, twice, for the first two albums and their corresponding tours) ! And it was terrible, in the good sense of the word!

Finally, no blog for the last ten days, because not much to show or tell about that is really worth it, especially after everything we have been through so far. Above all, I’m already working on the plan, the chaptering, the iconography, the associated playlists, and of course the texts, many notes included, of the book « Mother Road & Father Tales » and I’m having a little trouble cutting my little cerebellum in half (because this book, I repeat, will not be at all a copy of the blog, but a work well apart, and much more serious, dense, full and deep too, if so). Finally, we will of course take the opportunity to attend to a few last concerts, Austin being still the undeniable world capital of live music!

 


 

Days 54-57 – Mile 9171
Urbana, Illinois

Premier (et unique) break, depuis quatre jours, nous nous sommes un peu posés (et je n’ai —presque— rien fait à part… acheter quelques disques !) non loin du campus universitaire d’Urbana-Champaign, dans l’Illinois, chez un pote étudiant en droit et par ailleurs… Auversois comme nous. Je précise (ses parents me lisent, c’est donc du pur fayotage !) qu’il est on ne peut plus talentueux, même que c’est le seul étudiant que j’aie jamais accepté en stage (époque Bandits Company-Brazil-Crossroads) il y a pile dix ans !… Et pour que je m’encombre d’un ado boutonneux pendant une semaine, croyez-moi, c’est qu’il y avait du potentiel !…
Enfin, un break qui n’en est pas tout à fait un, puisque j’en ai profité pour orchestrer une petite vente de plus de 550 CD (beaucoup de raretés) à prix de départ unique (1,90 euro !), histoire de ré-alimenter la pompe à brouzoufs (les premières enchères se terminent demain et l’ensemble est consultable ici), tout en travaillant les caractéristiques techniques (et donc le devis) du beau tirage de tête que nous vous proposons dès maintenant en précommande, avec même les frais de port offerts pour toute commande (même multiple, et même pour l’étranger —le livre sera uniquement en Français, dans un premier temps) arrivant avant la fin du mois de novembre (le cachet de la poste faisant foi pour les commandes par chèque). Même que tout ceci est récapituler ci-dessous. Merci d’avance pour votre soutien et votre fidélité et rendez-vous demain ou dimanche (concert des Jayhawks du côté de Detroit) pour la suite de nos petites aventures…

MOTHER ROAD AND FATHER TALES (la mère de toutes les routes et les racontars du père)

MOTHER ROAD AND FATHER TALES (la mère de toutes les routes et les racontars du père) Textes, photos, illustrations (les textes n’auront rien à voir avec ceux du blog, hormis la chronologie bien sûr, les lieux, les personnes…) Tirage de tête / disponibilité mars 2020 / 666 ex numérotés signés / 204 pages grand format 30 x 30 tout couleurs / dos carré cousu collé / intérieur silk 115 grammes / pages de garde 150 grammes / couverture 350 grammes avec vernis sélectif sur pelliculage mat (bref, c’est très grand, très beau et très luxueux !)… Possibilité pour ceux qui ont déjà un ou des numéros « réservés » dans la collection Rencontres, Portraits, Entretiens, de conserver ce ou ces numéros. Prix : 38 euros. Participation aux frais de port : 7 euros (tarif unique pour le monde entier). Possibilité de payer par chèque, à l’ordre de Goof Prod, à envoyer ici : Goof Prod, Chemin du Haut des Buissons, 95430 Auvers-Sur-Oise.

€45,00

 


 

First (and only) break, since four days, we have settled down a little (and I have almost done nothing except… buy a few records!) not far from the university campus of Urbana-Champaign, Illinois, with a law student friend… from Auvers-Sur-Oise like us. I would like to point out (his parents read me, so it’s pure bullshit!) that he’s really amazingly talented, and to prove that I would add that he’s the only student I ever accepted for an internship (ten years ago or so)… And to get me having a pimply teenager around for a week, believe me, it’s because there was potential !…. 
Finally, a break that is not quite one, since I took the opportunity to orchestrate a small sale of more than 550 CDs (many rarities) at a single starting price (1.90 euro !), in order to supply the money pump again (the first auctions end tomorrow and the whole is available here), while working on the technical characteristics (and therefore the estimate) of the beautiful head print that we are now offering you in pre-order, with even the shipping costs offered for any order (even multiple, and even for foreign countries – the book will be only in French, at first) arriving before the end of November. Same as all this is summarized below. Thank you in advance for your support and loyalty and I will be back here soon, tomorrow or Sunday (Jayhawks concert in Detroit) for the follow up of the blog and so the rest of our little adventures….

 

MOTHER ROAD AND FATHER TALES

MOTHER ROAD AND FATHER TALES Texts, photos, illustrations (the texts will have nothing to do with those of the blog, except the chronology of course, the places, the people…) Head print / availability March 2020 / 666 ex numbered signed / 204 large format pages 30 x 30 all colours / sewn-on square back / silk interior 115 grams / cover pages 150 grams / cover 350 grams with selective varnish on matt lamination (in short, it’s very large, very beautiful and very luxurious!)…. Possibility for those who already have one or more « reserved » numbers in the Encounters, Portraits, Interviews collection to keep this number or these numbers. Price: 38 euros. Participation in shipping costs (worldwide !!): 7 euros.

€45,00

 


 

Days 52-53 – Mile 9028
Chicago, Illinois

Dès notre arrivée à Chicago hier midi, nous avons pu vérifier que son surnom de « windy city » n’était aucunement usurpé et, alors que la température (tout juste au-dessus de zéro) était relativement supportable pour l’époque (mais avec un ressenti très nettement inférieur). Bref, pour sa météo particulièrement changeante et aux amplitudes thermiques parfois assez délirantes (le record étant de 31 degrés de différence sur une même journée !) et tout le reste, Chicago, la troisième plus grande ville américaine, est unique. Et puis, c’est un peu la fin de la route du Blues, ainsi que le début de la Route 66, un double passage obligé pour nous autres donc.
Ce qui frappe en premier lieu, et la ville est d’abord connue et reconnue pour cela, c’est son incroyable diversité architecturale. C’est à Chicago d’ailleurs que fut bâti le tout premier building, en… 1884, suite au grand incendie d’octobre 1871, qui ravage le centre et mit à la rue plus de 100.000 personnes. Depuis tout ce temps, portée notamment par sa très florissante et innovante école d’architecture, qui donna naissance au style Chicago, du même nom donc, la ville n’a eu de cesse de multiplier les projets les plus fous ou iconoclastes.
Nous nous régalons à déambuler dans le quartier d’affaires, mais aussi à prendre la « River walk » jusqu’à la jetée de la ville et donc le lac Michigan, non sans avoir immortalisé (et tenté même de reproduire l’image en question, je parle là bien sûr de l’album « Yankee Fox Hotel » de Wilco !) les deux tours en forme d’épis de maïs (ou de nids d’abeilles, c’est selon) de Marina City, dont une autre des particularités est de proposer uniquement des parkings (ouverts sur l’extérieur) sur ces 19 étages inférieurs.
Ce complexe (le premier avec deux tours jumelles), que l’on peut voir comme bon nombre des lieux emblématiques de Chicago dans de nombreux films, des Blues Brothers à I, Robot en passant par Ferris Bueller, fut imaginé en 1959 et construit sur 5 ans et symbolisa le renouveau des grands centre-villes américains, le but étant que les gens y passent un maximum de leur temps (on y trouve parkings donc, les appartements et bureaux qui vont avec, mais aussi magasins divers, restaurants, salle de spectacle, gymnase, piscine, etc.).
Bien sûr, nous passons par les inévitables Art Institute of Chicago (une grande expo, sur le premier imposteur de la culture pop, j’ai nommé Andy Warhol bien sûr, s’y tient depuis la fin de l’été), le centre de traitement des tweets présidentiels aka la Trump tower locale (construite en 2004), le Millenium Park et la fameuse sculpture « cloud gate » d’Anish Kappor (oui, en forme de haricot, d’ù son surnom de « bean »), ainsi que le « loop », cette impressionnante boucle de métro aérien ouverte en 1897, qui passe au-dessus des routes et trottoirs et entre les immeubles, et n’est connecté à aucun autre système de transport local !…

As soon as we arrived in Chicago yesterday at noon, we were able to verify that its « windy city » nickname was in no way usurped and, while the temperature (just above zero) was relatively bearable for daytime (but with a much lower feeling). In short, for its particularly changing weather and sometimes quite delirious temperature ranges (the record being 31 degrees difference on the same day!) and everything else, Chicago, the third largest city in the United States, is unique. And then, it’s a bit like the end of the Blues Route, as well as the beginning of Route 66, a double mandatory passage for the two of us. 
What strikes me first, and the city is first known and recognized for that, is its incredible architectural diversity. It was in Chicago that the very first building was built, in… 1884, following the great fire of October 1871, which ravaged the centre and put more than 100,000 people on the streets. Since then, supported in particular by its very flourishing and innovative school of architecture, which gave birth to the Chicago style of the same name, the city has never ceased to multiply the craziest or most iconoclastic projects. 
We enjoy walking around the business district, but also taking the « River walk » to the Navy Pier and therefore Lake Michigan, not without having immortalized (and even tried to reproduce the image in question, I am talking of course about the album « Yankee Fox Hotel » by Wilco!) the two towers in the shape of corn cobs (or honeycombs, that’s according to) of Marina City, which another particularity is to offer only parking spaces (open to the outside) on its 19 lower floors. 
This complex (the first with twin towers), which can be seen as many of Chicago’s emblematic places in many films, from the Blues Brothers to I, Robot and Ferris Bueller, was designed in 1959 and built over 5 years and symbolized the renewal of the major American city centers, the aim being for people to spend as much of their time there as possible (parking lots, apartments and offices that go with it, but also various stores, restaurants, auditoriums, gymnasium, swimming pool, etc.).
Of course, we go through the inevitable Art Institute of Chicago (a major exhibition, on the first impostor of pop culture, namely Andy Warhol of course, has been held there since late summer), the presidential tweets processing center aka the local Trump tower (built in 2004), the Millennium Park and Anish Kappor’s famous « cloud gate » sculpture (yes, in the shape of a bean, hence its nickname « bean »), as well as the « loop », this impressive air metro loop opened in 1897, which passes over roads and sidewalks and between buildings, and which is not connected to any other local transport system !…

 


 

Day 51 – Mile 8912 miles
Spring Valley, Illinois

Je m’attendais non pas à un long fleuve tranquille, mais à un peu de monotonie et ça n’a pas loupé ! Il est vrai que revenir côté est par le nord plutôt que de reprendre la 66 en mode retour à l’envoyeur permettait de voir d’autres paysages, de traverser d’autres états, mais ce ne sont pas les plus passionnants sur le papier, loin de là, surtout venant juste après l’Utah (magnifique), le Colorado et le Wyoming (très beaux aussi) et donc, ce ne sont pas les plus passionnants même ailleurs que sur le papier !…
Lorsque nous quittons Cheyenne, c’est la tête dans les nuages (au sens propre) et avec trois centimètres de neige sur la voiture. Il a donc neigé durant la nuit —d’ailleurs, jusqu’à présent nous n’avons essuyé qu’une grosse averse en plus de 170 heures de conduite, c’est dire si nous sommes vernis), mais le temps sera sec et un peu froid pendant ces trois jours de route (et les quelques nuages mentionnés ci-avant disparaitront assez vite).

Mais en effet les 720 (!!) kilomètres que nous allons parcourir dans le Nebraska ne nous proposerons qu’un seul et unique paysage. Enfin plutôt deux options et une version combo d’un même paysage : des champs de céréales (visiblement moissonnés assez récemment), des pâturages avec de grands troupeaux de vaches (et de temps à autre ce qui semble être les cowboys d’aujourd’hui, au volant de gros pickups et plus à cheval) et enfin, parfois, pour pimenter un peu tout ça, de grands troupeaux en train de brouter dans des champs de céréales fraîchement moissonnés. Alors oui, c’est sympa dix kilomètres, on sourit encore au centième kilomètre, mais 720 bornes comme ça ! Heureusement, nous avons la sélection musicale high octane de Dimitri pour tenir le coup (System of a Down, Metallica, System of a Down, Dropkick Murphys, System of a Down, Mumford & Sons, System of a Down, Van Halen, System of a Down, System of a Down, John Butler Trio, System of a Down, System of a Down, etc.).

Quand nous basculons finalement dans l’Iowa, l’horizon reprend un peu de ses courbes, à défaut de ses couleurs, et l’on retrouve une route un peu vallonnée (un peu, hein !) et cette bonne vieille odeur d’élevages intensifs qu’on peut aussi humer du côté de notre Bretagne. L’Illinois, où nous sommes arrivés aujourd’hui, c’est encore autre chose. On sent qu’on se rapproche d’une grande ville (Chicago, la troisième plus grande ville du pays, après NYC et LA) et on y trouve beaucoup plus de bourgades et, plus généralement, de traces de vie (ce qui nous change des panneaux « pas de station essence pendant 100+ miles » déjà aperçus il y a quelques jours !)…
Le point le plus positif, c’est que nous avons enfin retrouvés des prix à la pompe corrects d’environ un peu moins de 2,5 dollars le gallon en moyenne (un gallon faisant presque quatre litres !) alors qu’en Californie nous le payions presque le double. Remarquez en Californie, et tout particulièrement du côté de Santa Monica où nous étions, tout est hors de prix !! (j’avoue que les 12 oeufs bio à plus de 12 dollars ou les 6 litres d’Evian à 18 dollars ont encore du mal à passer !)…

Pendant notre fin de traversée d’ouest en est, nous avons dépassé le cap symbolique du cinquantième jour de notre road trip (les deux tiers donc, hier), avons fait des pauses dans trois états (Kearney dans le Nebraska avant-hier, Des Moines dans l’IOwa hier et Spring Valley dans l’Illinois ce soir) et avons retrouvé tout à l’heure le Mississippi à la frontière de l’Iowa et de l’Illinois. Demain midi, nous atteindrons Chicago où nous allons passer 48 heures, puis levé un peu le pied quelques jours, avant Detroit et… un concert des Jayhawks, puis… New York City, les petits amis !

I was expecting not a long quiet river, but a little monotony and it was no surprise! It is true that returning to the east side through the north rather than taking the 66 back to the sender in return mode allowed to see other landscapes, to cross other states, but they are not the most exciting on paper, far from it, especially coming just after Utah (so amazingly beautiful), Colorado and Wyoming (very beautiful too) and therefore, they are not the most exciting even elsewhere than on paper !…. 
When we leave Cheyenne, it’s with our heads in the clouds (literally) and with three centimeters of snow on the car. So it snowed during the night —so far we’ve only had a strong rain in more than 170 hours of driving, so if we’re lucky), but the weather will be dry and a little cold during these three days on the road (and the few clouds mentioned above will disappear quite quickly).

But indeed the 720 (!!!) kilometers we will cover in Nebraska will only offer us one and only one landscape. Finally, rather two options and a combo version of the same landscape: cereal fields (obviously harvested quite recently), pastures with large herds of cows (and from time to time what seems to be today’s cowboys, driving big pickups and not anymore on horseback) and finally, sometimes, to spice things up a bit, large herds grazing in freshly harvested cereal fields. So yes, it’s nice ten kilometers, we still smile at the hundredth kilometer, but 720 kilometers like that, man, give me a break! Fortunately, we have Dimitri’s high octane musical selection to keep up (System of a Down, Metallica, System of a Down, Dropkick Murphys, System of a Down, Mumford & Sons, System of a Down, Van Halen, System of a Down, System of a Down, John Butler Trio, System of a Down, System of a Down, etc.).

When we finally switch to Iowa, the horizon takes up some of its curves, for lack of its colours, and we find a slightly hilly road (a little, huh!) and that good old-fashioned smell of intensive livestock farming that we can also smell on the side of our Brittany. Illinois, where we have arrived today, is something else. We feel that we are getting closer to a big city (Chicago, the third largest city in the country, after NYC and LA) and we find many more towns and, more generally, traces of life (which changes us from the signs « no services for 100+ miles » already seen a few days ago!)…
The most positive point is that we have finally found correct pump prices of just under $2.5 per gallon on average  while in California we were paying almost twice as much. Notice that in California, and especially on the side of Santa Monica where we were, everything is out of reach! (I admit that the 12 organic eggs at more than 12 dollars or the 6 medium bottles of Evian at 18 dollars still have trouble getting through!)….. 

During our final crossing from west to east, we passed the symbolic milestone of the 50th day of our road trip (two thirds, that was yesterday), took evening breaks in three states (Kearney in Nebraska the day before yesterday, Des Moines in Iowa yesterday and Spring Valley in Illinois tonight) and later found the Mississippi on the Iowa/ Illinois border. Tomorrow at noon we’ll reach Chicago where we’ll spend 48 hours, then slow down a few days, before Detroit and… a Jayhawks concert, then… New York City, guys!

 

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Day 47 – Mile 7789
Eagle, Colorado

L’Utah continue d’être une plus qu’agréable surprise, alors que nous roulons plein est en direction du Colorado. L’autoroute est belle, les paysages magnifiques, les voitures peu nombreuses, les panneaux publicitaires quasi-absents, bref c’est aussi cool que l’aller plus au sud et d’est en ouest avait été oppressant, dès lors qu’on s’était écarté de l’historique Route 66, parfois en n’ayant d’ailleurs pas le choix.
Nous nous arrêtons à de nombreuses reprises et les lieux portent toujours admirablement bien leur nom respectif (Ghost Rock, Salt Wash, etc.). Lorsque nous traversons la Manti-La Sal National Forest, soit un peu plus au nord du Reef Capitol National Park, il y a même comme un petit air de mini Grand Canyon au loin, sans doute le Glen Canyon voisin ?…
Tout notre trajet se fera en moyenne montagne, sauf l’arrivée dans le Colorado où nous grimpons un peu plus. Malheureusement, la nuit est tombée tôt et nous roulons une dernière heure, jusqu’à notre destination du soir (Eagle, un village de montagne proche de nombreuses stations de ski) sans pouvoir profiter du paysage ou même de la vision de la neige, tombée assez récemment ici.

Day 48 – Mile 8033
Cheyenne, Wyoming

Nous poursuivons notre traversée horizontale du Colorado, dans la montagne (jusqu’à 3500 mètres d’altitude). La route est belle, et nous pouvons voir à de nombreuses reprises des pistes de ski (merci la neige artificielle, même si elles sont toutes versant nord), jusqu’à Denver, déjà beaucoup plus bas. Denver qui nous renvoie à nos précédents démons autoroutiers états-uniens : de la pub partout, des voitures partout avec bien sûr un accident ici, des travaux là… et des autoroutes qui ressemblent parfois à des circuits bordéliques (sur plusieurs niveaux) imaginés par des enfants capricieux.
Bon, la population de l’aire urbaine de Denver avoisine les trois millions d’individus, on va donc dire que ça n’est pas non plus une surprise ! En tout cas, nous sommes pressés puis bien contents de voir le nombre de véhicules diminuer au fur et à mesure que nous quittons la métropole par le Nord.
Du coup, nous ne prenons même pas la peine de visiter le quartier historique de Denver, qui remonte à la conquête de l’Ouest. Et pour cause puisque ce soir nous dormons à Cheyenne, une dizaine de miles après la frontière avec le Wyoming, un lieu autrement plus emblématique de la seconde partie du XIXIème siècle. Mais je vous raconterai tout ça, ainsi que quelques tonneaux d’informations non contenues dans ce blog, dans le livre que nous ferons dès notre retour en France (et que nous annoncerons dans quelques jours seulement, avec par ailleurs l’ouverture des pré-commandes du tirage de tête et d’une édition Deluxe, toutes deux limitées, et qui sortiront bien avant une éventuelle édition lambda).

Utah continues to be a more than pleasant surprise as we drive eastward towards Colorado. The highway is beautiful, and so are the landscapes, the cars few in number, the advertising signs almost absent, in short it is as cool as going further south and from east to west had been sometimes oppressive, since we had deviated from the historic Route 66, having no other choice. 
We stop many times and the places still bear their respective names admirably well (Ghost Rock, Salt Wash, etc.). When we cross the Manti-La Sal National Forest, a little further north from Reef Capitol National Park, there is even a little bit of mini Grand Canyon air in the distance, probably the nearby Glen Canyon?….
All our journey will be in the middle of mid-altitude mountains, except the arrival in Colorado where we climb a little more. Unfortunately, the night fell early and we drive one last hour to our evening destination (Eagle, a mountain village near many ski resorts) without being able to enjoy the scenery or even the sight of the snow, which fell quite recently here. 

We continue our horizontal crossing of Colorado, in the mountains (up to 3500 meters above sea level). The road is beautiful, and we can see many times ski slopes (thanks to the artificial snow, even if they are all on the north side), up to Denver, already much lower. Denver that refers us to our previous American highway demons: advertising everywhere, cars everywhere with of course an accident here, men at work there… and highways that sometimes look like messy circuits (on several levels) imagined by capricious children. 
Well, the population of the Denver urban area is around three million people, so let’s say it’s not a surprise either! In any case, we are in a hurry and then very happy to see the number of vehicles decrease as we leave the city from the North. 
As a result, we don’t even bother to visit the historic Denver district, which dates back to the conquest of the West. And for good reason, since tonight we are sleeping in Cheyenne, about ten miles after the border with Wyoming, a much more emblematic place of the second half of the 19th century. But I will tell you all this, as well as a few tons of information not contained in this blog, in the book that we will make upon our return to France (and that we will announce in a few days only, with the opening of pre-orders of the head print and a Deluxe edition, both limited, and which will be published well before a possible lambda edition). 

 


 

Days 45-46 – Mile 7432
Wildland Gardens, Utah

J’étais passé une fois par la case Vegas et j’avais instantanément détesté l’endroit, sorte de summum de tout ce que j’exècre dans la nature humaine et la surexposition de son avilissement décomplexé. Cette fois-ci, pour éviter tout désagrément, nous avons simplement parcouru le strip en un éclair pour nous réfugier dans un hôtel du nord de la ville, à 3 ou 4 kilomètres de ce vortex foutraque et bruyant, espérant ainsi nous en préserver.
Sauf qu’il y a un truc auquel je n’avais pas pensé, c’est que les murs de l’hôtel pourraient être faits de papier buvard (oui, comme dans l’album « Les Bidochon en HLM » !) et que j’allais passer la nuit non pas à récupérer d’une longue journée et d’une tout aussi longue route, mais à entendre les diarrhées publicitaires de chaines de TV toute la nuit (et accessoirement deux voisins qui se sont montés dessus, avec en bonus grognements, « yes oh yes » et lit qui grince !)…
Bien sûr, quand Dimi s’est réveillé, vers 7h00, je me suis levé et… la TV s’est enfin miraculeusement tue, mais j’étais pressé de partir et nous avons plié les gaules pour nous échapper de cet enfer et retrouver le calme de la campagne, du côté de Joseph, dans l’Utah (notre treizième état, bam !), où j’ai loué une « micro-maison », pour deux jours, chez un horticulteur (et ingénieur, venu par ailleurs à Bordeaux pour étudier nos techniques vinicoles uniques au monde).

Hier, après un bon repos au milieu des champs, dans cette vallée magnifique, nous reprenons la direction du sud (via une des routes les plus belles sur lesquelles j’ai pu conduire depuis notre arrivée ici), vers le Bryce Canyon National Park, l’un des « Mighty Five » comme on les appelle ici, car l’Utah propose pas moins de cinq parcs nationaux (ainsi que l’entrée nord du Grand Canyon).
J’ai choisi Bryce Canyon, car nous n’avons pas pu passer par Monument Valley et ce parc, notamment Red Canyon par où nous arrivons, en est un peu la version (plus que) miniaturisée. De fait, nous nous régalons et profitons de la taille relativement modeste de l’endroit (« seulement » une petite trentaine de kilomètres de long) pour tout voir, tout photographier, tout humer, tout engranger dans nos petites têtes d’oiseaux égarés.
Au retour, alors que je profite à nouveau de cette route magnifique (et que Dimi s’est endormi), je me dis que définitivement l’Utah est une belle découverte (première fois pour moi donc), et qu’il faudra que j’y retourne, cette fois-ci pour enchaîner les Mighty Five…

I had been through Vegas once and instantly hated the place, a kind of highlight of everything that disgusted me in human nature and the overexposure of its uncomplicated degradation. This time, to avoid any inconvenience, we simply went through the strip in a flash and took refuge in a hotel in the north of the city, 3 or 4 kilometers from this vortex, which is so loud and noisy, hoping to save us from it. 
Except that there is one thing I hadn’t thought of, it’s that the walls of the hotel could be made of blotting paper (yes, like in the comics album « Les Bidochon en HLM »! —but I don’t know if it has been translated in English) and that I was going to spend the night not recovering from a long day and an equally long road, but hearing the advertising diarrhea of TV channels all night long (and incidentally two neighbors who climbed on each other, with as bonus many grunts, lots of « yes oh yes » and a creaking bed!)… 
Of course, when Dimi woke up, around 7:00 am, I got up and… the TV finally miraculously switched off, but I was in a hurry to leave and to escape from that hell and regain the calm of the countryside, on Joseph’s side, in Utah (our thirteenth state, hell yeah !), where I rented a « micro-home » for two days from a horticulturist (and engineer, who also came to Bordeaux to study our unique winemaking techniques).

Yesterday, after a good rest in the middle of the fields, in this beautiful valley, we head south (via one of the most beautiful roads I’ve been able to drive on since we arrived here), towards Bryce Canyon National Park, one of the « Mighty Five » as they are called here, because Utah offers no less than five national parks (plus also the northern entrance to the Grand Canyon). 
I chose Bryce Canyon because we couldn’t go through Monument Valley during our Route 66 trip, and this park, especially Red Canyon where we are coming from, is a bit like (more than) a miniaturized version of it. In fact, we really enjoy ourselves and take advantage of the relatively modest size of the place (« only » a small thirty kilometers long) to see everything, photograph everything, smell everything, reap everything in our little lost bird heads. 
On the way back, as I enjoy this magnificent road again (and Dimi has fallen asleep), I tell myself that Utah is definitely a beautiful discovery (first time for me), and that I will have to go back, this time to do the whole Mighty Five in a row…

 


 

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Day 44 – Mile 6926
Las Vegas, Nevada

Si nous avons basculé hier soir entre le Sequoia National Park et le Death Valley National Park (aucune route ne traverse le Sequoia NP d’ouest en est), c’est pour bien sûr visiter ce dernier qui, déjà, porte très mal son nom, malgré le fait qu’il soit en plein Mojave Desert et aussi détenteur du record de température la plus élevée jamais constatée sur terre depuis que nous faisons des relevés (record qui remonte à 1913). Bien sûr, il y a de nombreuses espèces de reptiles (dont certains ne vivent qu’ici). Bien sûr, il y a des coyotes (nous en croisons un, visiblement assez jeune et donc pas encore craintif, qui accepte de s’approcher à environ deux mètres de nous et d’être pris en photo). Mais la faune et la flore sont extrêmement riches et variées et il arrive même qu’après un bons abats d’eau, le désert fleurisse !… Et d’ailleurs la vallée a été baptisée ainsi par les Anglais pendant la ruée vers l’or, rien à voir avec des personnes qui sècheraient sur place à cause des fortes chaleurs ou que sais-je encore !

Bon, il ne faut pas oublier non plus que Death Valley est le plus grand parc américain, si l’on met de côté l’Alaska, son climat aride s’expliquant par le fait que la vallée est protégée de toutes parts par cinq chaines de montagnes différentes. Pas étonnant donc d’y trouver énormément de choses (et plus de 400 espèces d’animaux différentes, tout de même), d’un cratère de volcan (tout au nord) jusqu’aux roches qui semblent peintes de mille couleurs (le premier nom de la vallée était Timbisha, qui veut dire « la peinture de roche »), sans oublier Badwater, le point le plus bas du continent nord-américain (-86 mètres sous le niveau de la mer, un ancien lac qui faisait plus de 180 mètres de profondeur et 120 kilomètres de long il y a de cela quelques milliers d’années !) où nous nous arrêtons, avant de sortir du parc par l’ouest et de Las Vegas pour la soirée. 

Oui, je ne vous le fais pas dire, passer de la tranquillité, de la quiétude et du grandiose de Death Valley au bordel, au bruit, à la superficialité assumée et à la surpopulation de Las Vegas un samedi soir, on peut difficilement imaginer plus grand écart. 

If we switched last night between Sequoia National Park and Death Valley National Park (no road crosses Sequoia NP from west to east), it’s of course to visit the latter, which already bears its name very badly, despite the fact that it is in the middle of Mojave Desert and also holds the highest temperature ever recorded on earth since we have taken measurements (record dating back to 1913). Of course, there are many species of reptiles (some of which only live here). Of course, there are coyotes (we meet one, obviously quite young and therefore not yet afraid, who agrees to approach about two meters from us and be photographed). But the fauna and flora are extremely rich and varied and it even happens that after torrential rains, the desert blooms !… And besides the valley was named by the English during the gold rush, nothing to do with people who would dry up on the spot because of the strong heat or whatever !

Well, it should also be remembered that Death Valley is the largest American park, apart from Alaska, its arid climate is due to the fact that the valley is protected on all sides by five different mountain ranges. So it’s not surprising to find a lot of things (including more than 400 different animal species), from a volcano crater (far north) to rocks that seem painted in a thousand colours (the first name of the valley was Timbisha, which means « rock painting »), not to mention Badwater, the lowest point on the North American continent (-86 meters below sea level, an ancient lake that was more than 180 meters deep and 120 kilometers long a few thousand years ago !) where we stop, before leaving the park from the west and Las Vegas (and our twelfth state, Nevada) for the evening. 

Yes, I can’t tell you, it’s hard to imagine a greater gap than going from the tranquility, wilderness and grandeur of Death Valley to the brothel, the noise, the assumed superficiality and overcrowding of Las Vegas on a Saturday night. 

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Day 43 – Mile 6650
Ridgecrest, California

Le Sequoia National Park étant relativement grand, d’ailleurs couplé avec un autre parc national (Kings Canyon) —et surtout quasi exclusivement située en montagne de moyenne altitude—, nous partons assez tôt pour ne rien louper de l’un des moments les plus attendus par Dimi. Surtout que j’ai déjà visité pour ma part le Muir Woods National Monument (la forêt au nord de San Francisco, que l’on voit notamment dans la trilogie prequel de La Planète des Singes), ainsi qu’une autre forêt de Redwoods géants encore plus au nord, vers Santa Rosa, où nous n’avons pas pu aller cette fois-ci, à cause des feux et de l’évacuation de ce secteur.
J’y avais été impressionné comme rarement et j’en avais ramené plein de souvenirs et… de photos moyennement réussies (comprendre moyennement ratées !), car ces arbres sont si grands, si imposants, qu’il est littéralement impossible de les photographier sur toute leur verticalité. Mais cette fois-ci, j’ai eu une revanche bien méritée et bien préméditée puisque j’avais amené de France (quasiment rien que pour ça en plus) un objectif fisheye 8mm, ce qui donne par ailleurs des clichés assez amusants, même si les images sont (forcément) très déformées.

Point de Redwoods dans ces parcs, juste des Sequoias, mais c’est bien sûr largement suffisant. Les Redwoods sont les arbres les plus grands sur la planète, les Sequoias les plus gros (et donc volumineux). Les Sequoias sont aussi plus vieux (environ 3200 ans contre 2000). Nous avons donc déambulé au milieu de ces arbres splendides, comme des mômes, pas nécessairement du côté du Général Sherman, aimant à touristes par excellence, et même si nous y faisons un stop, par curiosité. Le Général Sherman n’est pas le plus vieux (2200 ans environ selon les estimations) mais est le plus gros d’entre tous (le Général Grant, côté Kings Canyon, lui tient la dragée haute), plus de 31 mètres de circonférence à sa base, 24 mètres de circonférence moyenne et presque 84 mètres de haut —et il continue de grandir, produisant chaque année l’équivalent de 18 mètres de bois d’un arbre « normal » !
Nous devons rejoindre Ridgecrest en toute fin d’après-midi et quittons à regret ce petit coin de paradis, pour une enfilade interminable de routes de montagne dans la partie la plus au sud de la Sierre Nevada, que nous traversons donc d’ouest en est, ce qui nous prend au bas mot quatre bonnes heures et fait que lorsque j’arrive enfin sur notre bout de colline d’un soir, je suis tout juste bon à coucher —ou presque !

The Sequoia National Park being relatively large, coupled with another national park (Kings Canyon) —and especially almost exclusively located in the middle altitude mountains—, we leave early enough not to miss anything of one of Dimi’s most anticipated moments. Especially since I have already visited the Muir Woods National Monument (the forest north of San Francisco, which can be seen in the Planet of the Apes prequel trilogy), as well as another forest of giant Redwoods even further north, towards Santa Rosa, where we were unable to go this time, due to fires and the evacuation of this area. 
I had been impressed as rarely as ever and brought back many memories and… moderately successful photos (to understand moderately failed !), because these trees are so big, so imposing, that it is literally impossible to photograph them on all their verticality. But this time, I had a well-deserved and premeditated revenge since I had brought from France (almost only for that purpose) an 8mm fisheye lens, which also gives quite funny pictures, even if the images are (necessarily) very distorted.

There are no Redwoods in these parks, just Sequoias, but that’s of course enough. Redwoods are the tallest trees on the planet, the largest (and therefore voluminous) are Sequoias. Sequoias are also older (about 3200 years old compared to 2000). So we walked among these splendid trees, like children, not necessarily on the side of General Sherman, a magnet for tourists, and even if we stop there, out of curiosity. General Sherman is not the oldest (about 2200 years old according to estimates) but is the largest of them all (General Grant, on the Kings Canyon side, holds its own), more than 31 meters in circumference at his base, 24 meters in average circumference and almost 84 meters high —and he continues to grow, producing each year the equivalent of 18 meters of wood from a « normal » tree !
We have to reach Ridgecrest in the late afternoon and leave this little side of paradise with regret for an endless series of mountain roads in the southernmost part of the Sierre Nevada, that we cross from west to east, which takes us at least four good hours and makes sure that when I finally get to our end of the hill for one night, I’m just good for bed —or almost so!

 


 

Day 42 – Mile 6358
Exeter, California

Aujourd’hui est un jour symboliquement important, puisque nous venons de dépasser la barre des… 10.000 kilomètres parcourus !
Hier, contre toute attente (ça n’était pas même prévu la veille, puisque notre détour par San Francisco et le nord de la Californie a été tout bonnement annulé, pour cause de feux persistants), nous avons remonté jusqu’à Arroyo Grande, en empruntant la mythique  California Highway 1 qui longe la côte et qui peut être vue (souvent des images aériennes d’ailleurs) dans bon nombre de films ou séries.

Les villes et plages qui se succèdent font rêver : Pacific Palissades, Malibu, Ventura, Muscle Shoals (rien à voir avec les studios d’enregistrement du même nom, situés dans l’Alabama), Santa Barbara… Côté plages, énormément de petites maisons souvent nichées sur des morceaux de falaises, de l’autre côté de superbes villas sur les collines qui surplombent donc la cote dans sa vision et version la plus extra-large possible. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises, mais d’importantes remontées maritimes nous empêchent de photographier la majorité des sites. Nous réussissons cependant à passer entre deux vagues de brume du côté de Malibu, puis à Ventura où nous découvrons et visitons une brocante. Aucun achat à la clef, malgré un stand fourni en vinyles et un autre en vieux bouquins. J’avoue d’ailleurs avoir failli me laisser tenter par quelques vieilles éditions de classiques de l’âge d’or de la SF aux couvertures magnifiques, avant de me raviser, me souvenant qu’au moment de partir nous étions déjà ultra-limites au niveau du poids de nos valises (respectivement 22,7 et 22,8 kilos pour 23 kilos max !).

Ce matin, nous sommes repartis des hauteurs d’Arroyo Grande (un bed and breakfast avec une large terrasse et vue jusqu’à la mer), direction le Sequoia National Park, que nous ferons demain. Néanmoins, il me fallait transformer nos passes précédents en un pass annuel « America the beautiful » et il fallait s’en occuper avant ce soir. En effet, les passes sont valables une semaine, y compris si on veut les cumuler et donc les voir être soustraits de l’achat d’un pass annuel (on peut même être remboursé si on a trop payé).
Pour faire simple, le Grand Canyon nous a coûté 35 dollars, Joshua Tree 30 (celui de la Petrified Forest étant trop ancien), et le pass annuel vaut 80 !
Bref, nous voilà désormais parés pour tous les autres parcs nationaux que nous visiterons jusqu’à la fin de notre séjour, dont Yellowstone, car nous avons décidé de profiter, et de la météo vraiment clémente pour un début novembre (la tempête de neige fin octobre notamment sur le Colorado est un vieux souvenir), et du fait que nous ne pourrons pas revenir côté est pour le 10 novembre max comme prévu initialement, pour nous accorder quelques menus plaisirs supplémentaires. Aussi, quand on passe du temps dans ce pays, on en vient rapidement à rechercher toutes les escapades possibles loin de tous ces « gens » (j’ai décidé d’être poli dans le blog, pas sûr d’arriver à me réfréner dans le livre en devenir par contre !)…
Dès lors que nous quittons le nord de la Los Padres National Forest, en direction de la Sierra Nevada, ce massif montagneux de l’est de la Californie connu pour ses montagnes assez élevées (jusqu’à plus de 4400 mètres) et la grande diversité de ses paysages, la température remonte en flèche (jusqu’à presque 30 degrés !) et nous traversons une longue vallée faite de pâturages ultra secs (voir brûlés à certains endroits, sur plusieurs collines successives), avant de rouler au milieu des citronniers, puis de grimper jusqu’à Three Rivers, où nous faisons le plein de nourriture —et de belles images, d’une des rivières en question, mais aussi notamment du lac Kaweah.

Today was a symbolically important day, since we have just overpassed the threshold of… 10,000 kilometers covered!
Yesterday, against all expectations (it wasn’t even planned the day before, since our detour to San Francisco and northern California was simply cancelled, due to persistent fires), we headed back to Arroyo Grande, using the mythical California Highway 1 that runs along the coast and can be seen (often aerial images by the way) in many movies or series. 

The cities and beaches that follow one another make you dream : Pacific Palissades, Malibu, Ventura, Muscle Shoals (nothing to do with the recording studios of the same name, located in Alabama), Santa Barbara… On the beach side, there are many small houses often nestled on pieces of cliffs, on the other side superb villas on the hills that therefore overlook the coast in its vision and version as extra-large as possible. We stop several times, but major sea lifts prevent us from photographing most of the sites. However, we manage to pass between two waves of mist on the Malibu side, then to Ventura where we discover and visit a flea market. No purchase at all, despite a stand provided with vinyl and another with old books. I must admit that I almost let myself be tempted by a few old editions of classic SF golden age classics with magnificent covers, before changing my mind, remembering that when we left we were already ultra-limited in the weight of our suitcases (22.7 and 22.8 kilos respectively for 23 kilos max!).

This morning, we left from the heights of Arroyo Grande (a bed and breakfast with a large terrace with a view to the sea), towards Sequoia National Park, which we will do tomorrow. Nevertheless, I had to transform our previous passes into an annual « America the beautiful » pass and therefore to take care of it before tonight. Indeed, the passes are valid for one week, even if you want to accumulate them and therefore see them subtracted from the purchase of an annual pass (you can even be refunded if you have paid too much). 
To put it simply, the Grand Canyon cost us 35 dollars, Joshua Tree 30 (the one in the Petrified Forest being too old), and the annual pass is worth 80 ! 
In short, we are now ready for all the other national parks we will visit until the end of our stay, including Yellowstone, and we have decided to enjoy and give ourselves some extra pleasures, because of the really mild weather for an early November (the snowstorm at the end of October especially on the Colorado is an old memory), and also because of the fact that we will not be able to return to the east side for November 10 max as initially planned. Also, when you spend time in this country, you quickly come to look for all the possible escapades away from all these « people » (I decided to be polite in the blog, not sure if I could curb myself in the book in the making though!)….
As soon as we leave the north of Los Padres National Forest, towards the Sierra Nevada, this mountainous massif in eastern California known for its fairly high mountains (up to more than 4400 meters) and the great diversity of its landscapes, the temperature rises sharply (up to almost 30 degrees!) and we cross a long valley made of ultra dry pastures (even burned in some places, on several successive hills), before driving among the lemon trees, then climbing to Three Rivers, where we fill up with food – and beautiful images, of one of those rivers, but also of Lake Kaweah.

 


 

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Day 40 – Mile 5979
Venice Beach, California

La voiture n’a pas bougé aujourd’hui et nous avons tout fait à pied et à vélo, le tout après avoir dégusté le saumon fumé considéré (à raison, jusqu’à preuve du contraire) comme le meilleur de toute la Californie, chez Shoop’s European Market & Café. En tout cas, si ça n’est pas le meilleur, c’est très nettement le plus cher (ce qui en langage californien signifie bien le meilleur) !… Remarquez, Santa Monica a toujours été un endroit pour privilégiés (malgré le nombre de plus en plus importants de SDF), c’est un peu le St Tropez d’ici (ou le Cannes, puisque se déroule en ce moment-même l’American Film Market)…
Nous sommes donc allés d’un côté jusqu’au bout de Venice Beach (et même jusqu’à Marina Del Rey et Playa Del Rey), de l’autre jusqu’au Santa Monica Pier, soi-disant la jetée la plus connue au monde, en tout cas elle marque la toute fin de la Route 66, et est constamment surpeuplée.
Sinon, le front de mer sur ces quelques miles, que je connais assez bien pour y être passé régulièrement depuis les années 90, change peu (hormis le nombre croissant de sans abri qui semble y avoir élu domicile fixe). On y trouve toujours (apprentis ou non) sportifs, poseurs et autres rois de la gonflette et tout est y volontiers excentrique. C’est aussi un aimant à images et nous y croisons une équipe de Sky Sports en train d’interviewer des boxeurs (un ring a été installé juste derrière, pas loin de la longue rue piétonne parallèle à l’océan), un tournage de clip hip hop, une session photos sans doute publicitaire avec une bomba Latina en train de prendre la pose avec un téléphone portable qu’elle semble chérir comme le plus important de ses trésors… et même une autre session photos probablement pour un site internet pour les amateurs de femmes noires très très (très !) rondes et seulement habillées d’un micro-bikini.

The car didn’t move today and we did everything on foot and by bike, all after tasting the smoked salmon considered (rightly, until proven otherwise) to be the best in California, at Shoop’s European Market & Café. In any case, if it’s not the best, it’s clearly the most expensive (which in Californian language means the best!)… Note, Santa Monica has always been a place for the privileged (despite the ever-increasing number of homeless people), it’s a little like the St Tropez from here (or Cannes, since the American Film Market is taking place right now)…
So we went from one side to the end of Venice Beach (and even to Marina Del Rey and Playa Del Rey), from the other side to Santa Monica Pier, supposedly the most famous pier in the world, anyway it marks the very end of Route 66, and is constantly overcrowded.
Otherwise, the waterfront over these few miles, which I know well enough to have been there regularly since the 1990s, changes little (apart from the increasing number of homeless people who seem to have taken up permanent residence there). There are always (apprentices or not) sportsmen, posers and other kings of the chick and everything and everybody is eccentric. It is also an image magnet and we meet a Sky Sports team interviewing boxers (a ring has been set up just behind, not far from the long pedestrian street parallel to the ocean), a hip hop clip shooting, a photo session probably advertising with a Latina bimbo posing with a mobile phone that she seems to cherish as the most important of her treasures… and even another photo session probably for a website for fans of very very (very !) round black women only dressed in a micro bikini. 

 


 

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Day 39 – Mile 5979
Santa Monica, California

Nous quittons les hauteurs de Desert Hot Springs, non sans profiter une dernière fois de la vue sur l’ensemble de la Coachella Valley, direction le Joshua Tree National Park, que nous allons entreprendre par l’entrée ouest, considérée comme la meilleure puisqu’il y a une concentration d’endroits à voir dans le quart nord-ouest de ce très grand parc, notamment la « Hidden Valley », une randonnée de deux kilomètres environ au milieu d’ensemble de gros rochers.
Dès l’entrée du parc, nous sommes subjugués par la beauté des paysages, presque irréels, et qui pourraient ressembler à des décors de cinéma façonnés spécialement pour l’occasion, tant ils se rapprochent d’une certaine idée de la perfection. C’est bien simple, on a envie d’en photographier chaque centimètre, et c’est d’ailleurs un peu ce que nous faisons, en nous arrêtant une bonne demi-douzaine de fois lors des deux ou trois premiers miles.
La végétation ici est unique au monde. Et les couleurs, bien sûr, sont incroyables, surtout avec ce soleil d’automne un peu bas. Ajoutez à cela la chaleur (une trentaine de degrés), qui tire la colorimétrie vers des teintes plus « désertiques » et vous obtiendrez le rêve de tout photographe, fut-il en « herbe ». Nous profitons de l’affluence assez basse de ce début de mois de novembre pour rester à l’écart des autres visiteurs, et nous déjeunons au beau milieu des rochers, loin des aires de pique-nique prévues à cet effet.

Vers 15h, il est malheureusement temps pour nous de partir, nous devons être à Santa Monica en fin d’après-midi… À 80 miles environ de L.A., je me souviens instantanément de l’enfer autoroutier et routier de l’agglomération (la dernière fois, je mettais dit « plus jamais ça ! », et la fois d’avant aussi, et…).
Nous décidons de faire un détour du côté du Hollywood Sign (pas pour le prendre en photo, mais pour prendre des photos en subjectif depuis cet endroit), mais le GPS nous conduit jusqu’au fameux Griffith Observatory, un peu plus bas, et que nous atteignons alors qu’il fait déjà nuit. Nous essayons tant bien que mal de prendre en photo le décor grandiose de la ville illuminée, mais bien sûr cela ne rend rien… Puis il est temps de redescendre et de foncer jusqu’à l’océan, d’autant plus que la route qui monte et redescend de l’observatoire astronomique (construit en 1935) est fermée la nuit pour cause de tournage. N’oublions pas que nous sommes à Hollywood (ou presque).

We leave the heights of Desert Hot Springs, not without enjoying one last time the view of the entire Coachella Valley, towards Joshua Tree National Park, which we will undertake through the western entrance, considered the best since there is a concentration of places to see in the northwest quarter of this very large park, including the « Hidden Valley », a hike of about two kilometres in the middle of large rocks.
As soon as we enter the park, we are captivated by the beauty of the landscapes, almost unreal, and which could resemble film sets specially designed for the occasion, so close are they to a certain idea of perfection. It’s quite simple, we want to photograph every inch of it, and that’s what we do, stopping a good half a dozen times during the first two or three miles. 
The vegetation here is quite unique in the world. And the colours, of course, are incredible, especially with this low autumn sun. Add to that the heat (about thirty celsius degrees), which pulls colorimetry towards more « desert » shades and you will obtain the dream of any photographer. We take advantage of the relatively low attendance at the beginning of November to stay away from other visitors, and we have lunch in the middle of the rocks, far from the picnic areas provided for this purpose. 

Around 3pm, it’s unfortunately time for us to leave, we have to be in Santa Monica at the end of the afternoon… About 80 miles from L.A., I instantly remember the highway and road hell of the city (the last time, I said « never again! », and the time before that too, and…). 
We decide to make a detour to the Hollywood Sign (not to take a picture of it, but to take subjective pictures from there), but the GPS takes us to the famous Griffith Observatory instead, a little further down, and that we reach after dark. We try as best we can to take a picture of the grandiose scenery of the illuminated city, but of course it doesn’t make any difference and everything is far way too wide… Then it’s time to go back down and head for the ocean, especially since the road that goes up and down from the astronomical observatory (built in 1935) is closed at night because of a film shooting. Let’s not forget that we are in Hollywood (or almost). 

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Day 38 – Mile 5779
Desert Hot Springs, California

Tout a une fin et notre séjour d’une bonne semaine en Arizona est terminé. Nous reprenons la route, direction l’océan, la Californie, mais aussi l’arrivée de la Route 66 sur laquelle nous ré-embarquons même si peu de choses sont à voir sur cette dernière portion (et nous sommes seulement en train d’atterrir du Grand Canyon !). Il y a bien le Bagdad Café du film du même nom, d’ailleurs pas situé à Bagdad (la ville n’existe plus depuis les années 90 et ne reste plus qu’un nom sur une carte), mais ça nous ferait faire un sacré détour, notre terminus du soir étant située bien plus au sud, en bordure du Joshua Tree National Park…
Et les paysages, comme toujours lors de ces étapes un peu longues, de défiler de manière toujours aussi impressionnante. Nous traversons ainsi la Kaibab National Forest, aussi gigantesque qu’épaisse (un site protégé de plus de 6500 km2), avant que le sol ne devienne progressivement plus aride. Nous entrons alors dans le Mojave Desert, un peu avant la frontière avec la Californie et y faisons notre pause déjeuner, amusés par les panneaux d’avertissement que le lieu est partagé avec des serpents venimeux ou encore des insectes hostiles comme les scorpions.

Nous pénétrons ensuite en Californie (mais ne pouvons accomplir notre petit rituel du selfie, le panneau étant situé à un endroit de l’autoroute où nous ne pouvons pas nous arrêter, en pleine montagne et juste après un pont !) et descendons plein sud (à ce moment-là nous suivons encore l’historique Route 66 et j’immortalise une dernière fois une peinture au sol, au niveau de la frontière nord avec le Colorado Desert et le Joshua Tree National Park (assez récemment créé, en 1994).
Ce désert est assez différent du désert Mojave, au niveau des altitudes (nous sommes bien redescendus) mais aussi de leurs écosystèmes respectifs et dès que nous arrivons à Twentyninepalms (oui, comme le film de Bruno Dumont ou la chanson de Robert Plant —sur l’album « Fate Of Nations »), définitivement l’oasis au milieu du désert promis par les panneaux en entrée de ville, émergent du désert les fameux arbres de Josué (oui comme sur la pochette de l’album de U2 du même nom), qu’on ne trouve que dans le sud-ouest des États-Unis. J’ai très envie de m’arrêter là, n’importe où, pour les prendre en photo, mais la nuit tombe déjà (nous avons pris une heure de décalage de plus aujourd’hui et en Californie il fait nuit à… 17 heures !). Pas grave, demain nous irons au Joshua Tree National Park et je pense que j’aurai mon compte d’arbres, de cactus, de rochers et de photos !…

Everything has an end and our week-long stay in Arizona is over. We take the road again, towards the ocean, California, but also the end of Route 66 on which we re-embark even if little is to be seen on this last section (and we are still only landing from the Grand Canyon!). There is indeed the Bagdad Café of the film of the same name, not located in Bagdad by the way (the city no longer exists since the 90s and only remains a name on a map), but it would make us make a big detour, our evening terminus being located much further south, on the edge of the Joshua Tree National Park… 
And the landscapes, as always during these rather long periods of driving, to parade in such an impressive way. We cross the Kaibab National Forest, as gigantic as it is thick (a protected site of more than 6500 km2), before the soil gradually becomes more arid. We then enter the Mojave Desert, just before the border with California and take our lunch break, amused by the warning signs saying that the place is shared with poisonous snakes or even hostile insects like scorpions. 

We then enter California (but cannot perform our little selfie ritual, the sign being located at a point on the highway where we can’t stop, in the middle of mountains and just after a bridge!) and go south (at that point we still follow the historic Route 66 and I immortalize one last time a painting on the road, at the northern border with Colorado Desert and Joshua Tree National Park (quite recently created, in 1994).
This desert is quite different from the Mojave desert, in terms of altitude (we have descended well) but also in terms of their respective ecosystems and as soon as we reach Twentyninepalms (yes, like Bruno Dumont’s film or Robert Plant’s song —on the album « Fate Of Nations »), definitively the oasis in the middle of the desert promised by the signs at the entrance of the city, emerge from the desert the famous Joshua trees (yes as on the cover of the album of U2 of the same name), which can only be found in the southwest of the United States. I really want to stop there, anywhere, to take pictures of those incredible trees, but it’s already getting dark (we took an hour more off today and in California it’s dark at… 5pm!). No problem, tomorrow we’ll go to Joshua Tree National Park and I think I’ll have enough trees, cacti, rocks and pictures!….

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Day 36 – Mile 5237
Grand Canyon, Arizona

Depuis une bonne dizaine de jours, je suis l’évolution quotidienne des feux en Californie  et recueille témoignages et conseils d’amis ou connaissances sur place (certains ont carrément été évacués ou alors entretiennent une correspondance épisodique, instabilité du réseau électrique oblige), une évolution qui oscille allègrement entre l’alarmant et le désespérant, puisqu’une partie de ces feux s’est justement déclarée pile là où nous devions initialement passer (du côté du comté de Sonoma, au nord de San Francisco, et tout particulièrement vers Santa Rosa) et même depuis quelques jours juste à côté de Santa Monica, qui marque la fin de la Route 66 et est donc un passage obligé pour nous avant de remonter jusqu’à San Francisco, sans même évoquer que cette partie-là de Los Angeles est une des plus cools à traverser (Glendale, West Hollywood, Culver City, etc.) de la grande mégalopole appelée communément San-San (de San Diego à San Francisco).
Ajouter à cela une plantade dans les grandes largeurs de ce que nous devions faire à Las Vegas les 1 et 2 novembre (mais ça n’est qu’un demi souci, car je déteste Las Vegas et n’avais pas prévu d’y passer avant que cette fausse opportunité n’apparaisse comme par enchantement) et vous comprendrez pourquoi nous piétinons en Arizona depuis une grosse semaine. Enfin, « piétiner » est vraiment une mauvaise description tant j’adore cette partie du globe. Le plus embêtant dans ce surplace un peu forcé, c’est que nous ne pourrons pas être revenus à temps pour l’enregistrement du nouvel album de Todd Albright à Nashville, à compter du 7 novembre, comme prévu. La bonne nouvelle, c’est que nous allons sans doute pouvoir retourner plein est par le nord (Utah, Colorado, Nebraska, etc.) car le temps ces prochains jours y est beaucoup plus clément (il a beaucoup neigé à Denver, la semaine dernière).
Bref, nous profitons de ces quelques jours de plus à Flagstaff, pour visiter le Taala Hooghan Infoshop ouvert par Klee pas loin du centre-ville (sur une route perpendiculaire de la 66, on y revient toujours !). L’endroit est immense est encore en cours d’aménagement. On y trouve des informations sur toutes les actions entreprises dans la région (« save the peaks », etc.) et plus généralement des zines anti-fa et de la lecture « choisie ». On peut y acheter des t-shirts, autocollants, etc., pour aider au financement de ces actions. Mais c’est aussi un endroit qui va permettre à terme aux jeunes locaux de pouvoir s’exprimer (petite scène, matériel de montage vidéo…). Quant aux plus démunis et aux sans abri, ils peuvent venir y récupérer vêtements de première nécessité. Enfin, il y a aussi une grande bibliothèque de prêt gratuite. Nous y laissons quelques babioles, dont le fameux 501 trouvé à Natchez, un sac à dos et les exemplaires des trois premiers volumes de ma collection « Rencontres, Portraits, Entretiens », que j’avais amenés avec moi.

Nous en profitons aussi et surtout pour cumuler et multiplier les enregistrements. Nous avions déjà enregistré deux titres avec Klee avant notre aller-retour à Phoenix (voir plus bas). Cette fois-ci, c’est au tour de Sihasin de s’exécuter, directement depuis leur studio de répétition. Deux superbes titres, précédés des habituels messages d’ouverture qui vont bien avec (promis, dès que je rentre en France, je synchronise les vidéos et les posterai ici même). Le groupe, déjà détenteur de plusieurs prix, a encore été nominé cette année pour cinq Native American Music Awards, la cérémonie ayant lieu dans peu de temps (j’écris ces lignes samedi, à 18 heures heure locale). J’en profite donc pour leur souhaiter bonne chance et indiquerai ici les résultats demain ou après-demain.
Mais qui dit Sihasin (ou Klee Benally), dit Jones Benally family et Jones, qui pourtant n’est pas encore sorti d’une interminable crève et a la voix éraillée comme jamais (du haut de ses 90+ ans !) accepte bien volontiers qu’on enregistre une chanson de lui. En réalité, ce sont les conditions sur le moment qui ne sont pas optimales (en terme de nuisances sonores), sinon comme il le dira lui-même : « je pourrais chanter toute la journée ! »…
Enfin, cerise sur le gâteau, nous n’évoquons jamais assez Berta Benally, la mère de Clayson, Jeneda et Klee et l’actuel mamanageuse de Sihasin (et avant cela de Blackfire), mais son parcours est assez incroyable ! Elle a accueilli Dylan à Greenwich Village et fait partie intégrante du mouvement beatnik. Elle a aussi longtemps habité Woodstock, puis vécue au cœur de la scène psychédélique californienne, côtoyant (et même hébergeant parfois) les Janis Joplin, Jim Morrison and co. Jamais vraiment rangée des voitures, elle écrit toujours de la poésie qu’elle met en musique et parfois enregistre (nous avons eu la chance d’écouter une session inédite improvisée avec Eric McFadden à la guitare !) Et il lui arrive même de se produire sur scène, parfois en compagnie de son ami Pat McDonald. En parlant d’amitié, elle entretient toujours des liens (plus ou moins) réguliers et (plutôt beaucoup plus que moins) solides avec certains de ces amis de longue date, comme Taj Mahal ou Ramblin’ Jack Elliott (et avoue qu’une de ses plus belles histoires d’amitié était celle qu’elle a eue avec Mike Bloomfield).
Voici donc non pas une ou deux chansons, mais cinq en tout (de haut en bas, Jones puis deux fois Berta puis deux fois Sihasin), enjoy !

 

L’autre grand avantage à passer plus de temps que prévu initialement en Arizona est que nous avons pu passer une journée entière au Grand Canyon, plutôt que juste le parcourir à la va-vite, sur notre trajet pour Las Vegas.
C’était ma troisième visite (après 1997 et 2000 ou 2001) et bien sûr le lieu est toujours aussi majestueux et difficile à décrire (compliqué à photographier aussi ! Le parc national fait quand même 200 kilomètres de long et quasi 5000 km2 !). Ce qui a beaucoup changé par contre, c’est le nombre de constructions, bien plus et trop élevé qu’il y a donc peu, compte tenu de l’assez récente ancienneté du parc (ouvert en 1919). Mais bon, vu qu’on passe déjà son temps à y faire abstraction de la foule, aussi bruyante que visuellement polluante, nous ne sommes pas à un exercice de self control prêt.

For the past ten days or so, I have been following the daily evolution of fires in California and gathering testimonies and advice from friends or acquaintances on those spots (some of them have been evacuated or have an episodic correspondence, due to the instability of the power grid), an evolution that oscillates happily between the alarming and the desperate, since some of these fires have just declared themselves exactly where we should have initially gone (on the Sonoma County side, north of San Francisco, especially towards Santa Rosa) and even for the last few days just outside Santa Monica, which marks the end of Route 66 and is therefore an obligatory passage for us before going up to San Francisco, without even mentioning that this part of Los Angeles is one of the coolest parts to cross (Glendale, West Hollywood, Culver City, etc.).) of the large megalopolis commonly known as San San (from San Diego to San Francisco).
Add to that the force annulment of what we were supposed to do in Las Vegas on November 1 and 2 (but that’s only half a worry, because I hate Las Vegas and hadn’t planned to stop by before this fake opportunity magically appeared) and you’ll understand why we’ve been trampling in Arizona for a more than a week. Finally, « trampling » is really a bad description because I love this part of the world so much. The most annoying thing about this forced stalemate is that we won’t be able to get back in time for the recording of Todd Albright’s new album in Nashville, starting November 7, as planned. The good news is that we will probably be able to return due east from the north (Utah, Colorado, Nebraska, etc.) because the weather in the coming days is much milder there (it snowed a lot in Denver last week). 
In short, we take advantage of these few more days in Flagstaff to visit the Taala Hooghan Infoshop opened by Klee not far from the city center (on a perpendicular road from the 66, we always come back to it!) The place is huge and still under development. It contains information on all the actions undertaken in the region (« save the peaks », etc.) and more generally on anti-fa zines and « chosen » reading. T-shirts, stickers, etc. can be purchased there to help finance these actions. But it is also a place that will eventually allow young locals to express themselves (small stage, video editing equipment…). As for the most deprived and homeless, they can come and collect basic clothing. Finally, there is also a large free lending library. We leave some trinkets there, including the famous Levis’ 501 found in Natchez, a backpack and copies of the first three volumes of my collection of interviews « Rencontres, Portraits, Entretiens », which I had brought with me. 

We also take the opportunity to accumulate and multiply the number of recordings. We had already recorded two tracks with Klee before our trip to Phoenix and back (see below). This time, it’s Sihasin’s turn to perform, directly from their rehearsal studio. Two superb tracks, preceded by the usual opening messages that go well with them (I promise, as soon as I return to France, I will synchronize the videos and post them right here). The group, which already won several awards, was nominated again this year for five Native American Music Awards, with the ceremony taking place shortly (I am writing these lines on Saturday, at 6pm local time). I would like to take this opportunity to wish them good luck and will report the results here tomorrow or the day after tomorrow. 
But who says Sihasin (or Klee Benally), says the Jones Benally family and Jones, who has not yet emerged from an endless cold and has a raspy voice as never before (from the top of his 90+ years!) accepts quite willingly that we record a song of him. In reality, it is the conditions at the time that are not optimal (in terms of noise pollution), and as he himself will say: « I could sing all day long! »….
Finally, icing on the cake, we can never talk enough about Berta Benally, Clayson’s Jeneda and Klee’s mother and the current mumanager of Sihasin (and before that Blackfire), but her journey is quite incredible! She welcomed Dylan to Greenwich Village and was an integral part of the beatnik movement. She also lived for a long time in Woodstock, then lived in the heart of the Californian psychedelic scene, alongside (and even sometimes hosting) Janis Joplin, Jim Morrison and others. Never really off-circuit, she always writes poetry that she sets to music and sometimes records (we had the chance to listen to an unpublished improvised session with Eric McFadden on guitar!) And she even performs on stage from time to time, sometimes with her friend Pat McDonald. Speaking of friendship, she still has (more or less) regular and (rather more than less) strong ties with some of her long-time friends, such as Taj Mahal or Ramblin’ Jack Elliott (and admits that one of her most beautiful friendship stories was the one she had with Mike Bloomfield). 
So here are not one or two songs, but five in all (from top to bottom, Jones then twice Berta then twice Sihasin, please go higher in the French-spoken section), enjoy!

The other great advantage of spending more time than originally planned in Arizona is that we were able to spend a full day at the Grand Canyon, rather than just rush through it on our way to Las Vegas. 
This was my third visit (after 1997 and 2000 or 2001) and of course the place is still as majestic and difficult to describe (complicated to photograph too! The national park is still 200 kilometres long and almost 5000 km2!). What has changed a lot, however, is the number of constructions, much more and too high than it was a short time ago, given the relatively recent age of the park (opened in 1919). But well, since we already spend our time ignoring the crowd, as noisy as it is visually polluting, we can add this other self-control exercise.

 


 

Days 31-32-33-34 – Mile 5067
Arizona

Dimanche 27, bravant le vent (des rafales jusqu’à 180 km/h), nous avons rebroussé chemin, sur la 40 et donc la 66 plein est, et sommes allés visiter le Meteor Crater, à 60 kilomètres environ de Flagstaff. Le cratère fait au minimum 1,2 km de diamètre (il n’est pas rond) et presque 200 mètres de profondeur. On estime qu’il a été formé il y a environ 50.000 ans par la chute d’une météorite riche en nickel de seulement cinquante mètres environ de diamètre, mais avec une masse estimée à plus de 300.000 tonnes. À l’époque, cette partie du globe était beaucoup plus verte et humide, et peuplée notamment de gros mammouths laineux.
Sur le papier, ce sont des chiffres assez impressionnants, mais sur place, croyez-moi, ça l’est encore plus ! J’avais peur qu’à cause des vents, il soit interdit de sortir du Visitor Center (qui contient un musée assez complet où l’on peut notamment simuler toutes sortes de collision, ainsi qu’une salle de projection —et bien sûr un magasin, nous sommes aux États-Unis !), mais seul l’accès le plus élevé (quelques mètres seulement de plus que les trois ou quatre autres où nous avons pu aller) était clos.
Nous rentrons à Flagstaff pour… jouer au billard, avec une équipe des pères (Jones et moi, évidemment victorieux, que croyez-vous ?!?) contre l’équipe des enfants (Clayson et Dimi), avant une soirée d’anniversaire d’une des deux filles de Jeneda, que nous allons passer dans un steakhouse typiquement texan (oui, en Arizona !) ayant la particularité de proposer d’énormes tonneaux remplis de cacahuètes et le rituel (particulièrement crétin, nous sommes bien d’accord) de balancer ses épluchures de cacahuètes par terre, de rendre donc l’endroit particulièrement crade, et de trouver ça fun !…
La table de billard est entreposée dans un énorme hangar métallique d’une bonne centaine de mètres carré, si ce n’est plus, situé juste à côté du studio de répétition de Sihasin, tout tout au fond… et mon œil est accroché par deux énormes flight cases contigus et estampillés du célèbre logo des Ramones. Clayson nous confirme que ce sont bien les flight cases utilisés par le groupe, qu’il a récupérés lorsqu’ils ont arrêté de se produire live et nous raconte l’histoire du soutien-gorge accroché à l’un d’entre eux.
Ce soutien-gorge a été envoyé par une fan lors d’un concert au début des années 80, puis a été accroché à une des poignées latérales et est resté là jusqu’à la toute dernière date de la toute dernière tournée du groupe, plus de quinze ans plus tard ! Joey Ramone avait dit : « Que personne ne touche à ce soutif ! S’il se défait ou tombe en lambeaux de lui-même, ça me va, sinon qu’il finisse sa vie accroché à ce flight case ! »…

Lundi 28, nous passons l’après-midi sur la route entre Flagstaff et Phoenix, enfin plus précisément Scottsdale, une ville de taille moyenne attenante qui regorge d’artistes, artisans et musiciens. Nous passons ainsi de plus de 2000 mètres d’altitude, à seulement 300 et les changements de paysages sont saisissants, d’une forêt moyennement dense à un plateau moins élevé mais désertique, puis à un semi-désert et ses innombrables cactus, de plus en plus nombreux et imposants au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la capitale de l’Arizona, et cinquième ville la plus peuplée des États-Unis. Bien sûr, nous nous prenons encore un choc thermique, passant en l’espèce de trois quatre heures de moins deux à plus de vingt-cinq degrés !
Nous avons rendez-vous pour dîner avec Susan Michelson, une amie de longue date, qui elle aussi est tombée dans la marmite de la rock musique toute petite et avec qui je suis en contact depuis notre interview de Dick Wagner, avec qui elle collaborait de longue date, pour Crossroads en 2009 pour la sortie de l’album « Full Meltdown » (Dick Wagner que je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter !), mais que je n’avais jamais rencontrée de visu.
Et ce dîner, particulièrement passionnant, de devenir une longue succession d’anecdotes, toutes périodes confondues, comme par exemple celle de Jack Douglas tenant à faire un discours aux funérailles de Dick Wagner où, contre toute attente, il révéla qu’il lui devait toute sa carrière, puisque le premier album pour lequel il fut producteur solo (il avait co-produit « Muscle Of Love » d’Alice Cooper, un peu plus tôt, avec Jack Richardson), le « Get Your Wings » d’Aerosmith, doit beaucoup plus à Dick Wagner que ce que laissent supposer les crédits (« Same Old Song And Dance » et la partie live de « Train Kept A Rollin’), puisqu’il aurait en réalité assuré la quasi totalité, pour ne pas dire la totalité, des parties de guitare (électrique)… et d’ailleurs aussi tout appris parallèlement à Joe Perry et Brad Whitford !
Dans un autre genre, nous avons eu aussi la chance d’écouter la toute dernière composition de Dick (« Soul to soul »), enregistrée par le soul singer culte Bobby Taylor (alors âgé de 78 ans !), mais encore inédite à ce jour. Oui, le Bobby Taylor des Four Pharaohs ou encore de Little Daddy & The Bachelors, à propos duquel Susan nous raconte son importance et son expertise au moment de la signature des Jackson 5 à la Motown alors que Bobby Gordy refusait obstinément de signer des enfants et donc purement et simplement de les auditionner.

Hier, mardi 29, nous sommes remontés jusqu’à Flagstaff, avec exactement l’exact contraire côté température (il faisait moins huit ce matin !), mais en nous arrêtant à plusieurs reprises. Tout d’abord à Sedona, définitivement devenu un pole touristique (nous y croisons notre premier car de touristes japonais depuis notre arrivée, c’est dire !), avec son quartier de plus en plus chic où l’on trouve toujours plus de galeries d’art, de magasins (de pierres soi-disant de guérison, mais pas que), de spas et autres bidules d’inspiration new age. Une superficialité de surface que nous supportons tant le décor y est toujours aussi somptueux, avec ces collines de terres rouges, ces nombreux sapins et ses canyons pour le moins abrupts.
À deux heures, nous avons rendez-vous avec Berta, à Cottonwood, tout proche, pour y manger les meilleures pâtes du pays. Cottonwood revit depuis peu grâce à une activité vinicole redevenue prépondérante dans toute la vallée, grâce à un homme et cet homme c’est Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle, Puscifer) qui, contre l’avis de tous, a recommencé à faire pousser de la vigne (comme le faisaient ses grands-parents en Italie !) sur les hauteurs de Jerome, une ancienne ville minière fantôme nichée sur les hauteurs, dont il a permis la renaissance et qui est aujourd’hui est en plein boum.
Bien sûr, tout ceci est fait dans les règles de l’art, comprendre du business à l’américaine, et bien sûr notre homme y possède un certain nombre de lieux, dont le fameux Puscifer – The Store, un endroit un rien narcissique (mais nous savons tous qu’il l’est !), très cher, mais avec pour la partie disques un choix de coffrets et de nouveautés particulièrement intéressants.
Entre Cottonwood et Jerome, nous nous étions arrêtés au Tuzigoot National Monument, à Clarkdale, un site impressionnant de près de vingt hectares de ruines d’anciennes habitations indiennes (parfois sur deux ou trois étages !), construit et agrandit entre les 12ème et 14ème siècles, et surplombant la Verde River depuis une colline stratégiquement on ne peut mieux située. L’endroit fut parait-il, pendant des siècles et des siècles, un lieu de rendez-vous où marchands de tout le continent se retrouvaient pour un grand marché du troc. Ce qui est le plus impressionnant, c’est l’incroyable état de conservation de l’ensemble du village, et particulièrement des murs épais en pierre, même si leur excavation est assez récente (première partie des années 1930).

On Sunday the 27th, braving the wind (gusts up to 180 km/h), we turned back, on the 40 and therefore the 66 due east, and went to visit the Meteor Crater, about 60 km from Flagstaff. The crater is at least 1.2 km in diameter (it is not round) and almost 200 meters deep. It is estimated that it was formed about 50,000 years ago by the fall of a nickel-rich meteorite only about 50 meters in diameter, but with an estimated mass of more than 300,000 tonnes. At the time, this part of the globe was much greener and wetter, with large woolly mammoths in particular. 
On paper, these are pretty impressive figures, but on the spot, believe me, it’s even more impressive! I was afraid that because of winds, it would be forbidden to leave the Visitor Center (which contains a fairly complete museum where one can simulate all kinds of collisions, as well as a screening room —and of course a store, don’t forget we are in the United States!), but only the highest access (only a few meters higher than the three or four others where we could go) was closed. 
We go back to Flagstaff to… play pool, with a team of fathers (Jones and I, obviously victorious, what do you think?!?!) against the team of children (Clayson and Dimi), before a birthday party of one of Jeneda’s two daughters, which we will spend in a typical Texan steakhouse (yes, Arizona !) having the particularity to propose huge barrels filled with peanuts and the ritual (particularly stupid, we agree) to throw peanut peels on the ground, to make the place particularly dirty, and to find it fun!…!
The pool table is stored in a huge metal hangar of a good hundred square meters, if not more, located just next to the Sihasin rehearsal studio, right at the back… and my eye is hooked by two huge flight cases adjacent and stamped with the famous Ramones logo. Clayson confirms that these are the flight cases used by the band, which he recovered when they stopped performing live and tells us the story of the bra hanging on one of them.
This bra was sent by a fan during a concert in the early 80’s, then hung on one of the side handles and stayed there until the very last date of the band’s very last tour, more than fifteen years later! Joey Ramone said, « Don’t let anyone touch that bra! If it comes apart or falls apart on its own, that’s fine with me, except that it will end its life hanging on to that flight case! »… »…

Monday the 28th, we spend the afternoon on the road between Flagstaff and Phoenix, or more precisely Scottsdale, an adjoining medium-sized city full of artists, craftsmen and musicians. We pass from more than 2000 meters above sea level to only 300 meters above sea level and the landscape changes are striking, from a moderately dense forest to a lower but desert plateau, then to a semi-desert with its countless cacti, more and more numerous and imposing as we approach the capital of Arizona, and the fifth most populated city in the United States. Of course, we are still taking another thermal shock, going from three four hours from minus two to more than twenty-five Celsius degrees!
We have an appointment for dinner with Susan Michelson, a long-time friend, who also fell into the pot of rock music as a child and with whom I have been in contact since our interview with Dick Wagner, with whom she had been working for a long time, for Crossroads in 2009 and the release of his great « Full Meltdown » album (Dick Wagner whom I would not offend you by introducing to you!), but whom I had never met in person. 
And this dinner, particularly exciting, to become a long succession of anecdotes, all periods combined, such as Jack Douglas’s one to make a speech at Dick Wagner’s funeral where, against all expectations, he revealed that he owed him his entire career, since the first album for which he was solo producer (he had co-produced Alice Cooper’s « Muscle Of Love » a little earlier, with Jack Richardson), Aerosmith’s « Get Your Wings » owes Dick Wagner much more than the credits suggest (« Same Old Song And Dance » and the live part of « Train Kept A Rollin' »), since he would in fact have played almost all, if not all, of the (electric) guitar parts… and also teached everything in parallel to Joe Perry and Brad Whitford !
In another genre, we also had the chance to listen to Dick’s latest composition (« Soul to soul »), recorded by the cult soul singer Bobby Taylor (then 78 years old!), but still unpublished to this day. Yes, the Bobby Taylor from the Four Pharaohs or Little Daddy & The Bachelors, about which Susan tells us about his importance and expertise at the time of the Motown Jackson 5 signing, while Bobby Gordy stubbornly refused to sign children and therefore purely and simply to audition them. 

Yesterday, Tuesday 29th, we climbed up back to Flagstaff, with exactly the opposite temperature side (it was minus eight this morning!), but stopping several times. First of all in Sedona, definitively become a tourist pole (we meet our first Japanese tourist bus since our arrival, that is to say!), with its increasingly chic district where we find more and more art galleries, shops (with so-called healing stones, but not only), spas and other new age inspired things. A superficiality of surface that we support so much the settings are always so sumptuous, with these hills of red earth, these numerous fir trees and those canyons at the very least steep.
At two o’clock, we have an appointment with Berta, in nearby Cottonwood, to eat the best pasta in the country. Cottonwood has recently been revived thanks to a wine activity that has once again become prevalent throughout the valley, thanks to a man and this man is Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle, Puscifer) who, against everyone’s advice, has started growing vines again (as his grandparents did in Italy!) on the heights of Jerome, an old ghost mining town nestled on the heights, whose renaissance he allowed and which is now in full swing. 
Of course, all this is done according to the rules of art, understanding American-style business, and of course our man owns a number of places there, including the famous Puscifer – The Store, a somewhat narcissistic place (but we all know he is!), very expensive, but with a choice of records limited boxes and particularly interesting new releases for the vinyl part. 
Between Cottonwood and Jerome, we stopped at the Tuzigoot National Monument in Clarkdale, an impressive site of nearly twenty hectares of ruins of old Indian homes (sometimes on two or three floors!), built and expanded between the 12th and 14th centuries, and overlooking the Verde River from a strategically placed hill. For centuries and centuries, the place seemed to have been a meeting place where merchants from all over the continent gathered for a large barter market. What is most impressive is the incredible state of conservation of the whole village, and particularly the thick stone walls, even if their excavation is relatively recent (first part of the 1930s). 

 


 

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Day 30 – Mile 4521
Flagstaff, Arizona

Ce matin a marqué notre première incursion dans la réserve Navajo. Une brocante avait lieu à Leupp, située une vingtaine de miles à l’intérieur de la réserve. Pas beaucoup de stands et nous sommes revenus presque bredouilles (un livre d’illustrations traditionnelles amérindiennes qui pourra servir de source d’inspiration à Dimi pour de futurs dessins), mais l’occasion de discuter assez longuement avec Lawrence Yellowhair, dont le grand-père a participé au débarquement en Normandie. Lawrence est persuadé qu’il a un demi-frère ou une demi-sœur né(e) en France, car son canaillou de grand-père en a profité pour  jouer à mettre A dans B et secouer vigoureusement, avec une locale au teint laiteux de toute Normande qui se respecte. 

Nous revenons à Flagstaff, où nous avons rendez-vous avec Klee (l’ancien chanteur guitariste de Blackfire, mais déjà avec à son actif —je précise pour ceux qui sont lents au démarrage— un album solo et deux films, et bientôt un second disque —et plein d’autres choses) pour déjeuner, mais pas que. Nous déjeunons en ville, ce qui me permet de retrouver Flagstaff pratiquement comme je l’avais quittée, plus de vingt ans plus tôt, en tout cas d’aspect, car l’endroit est visiblement un peu squatté par l’un des fléaux d’aujourd’hui : les hipsters et leur lot de lieux prétendument branchés et non prétendument hors de prix !…
Ce week-end marque je ne sais quelle trêve pour les étudiants de la Northern Arizona University et beaucoup d’entre eux seront en ville ce soir pour picoler comme des trous, même qu’ils appellent ça Tequila Sunrise. Nous en croisons même quelques-uns qui ont décidé de prendre un peu d’avance sur leurs petits camarades. Le principe est aussi simple que débile : se bourrer la gueule jusqu’à la fermeture des bars (2 heures du mat), faire les cons dehors, se vomir dessus en cœur et trouver ça amusant, puis retourner boire et re-re-etc.-re-boire avec les différentes boîtes et cafés qui profitent de ce week-end de festivités particulièrement enrichissantes pour rouvrir exceptionnellement à six heures du mat.

Nous retournons ensuite chez Klee, où il nous fait découvrir une bonne partie de son nouvel album, « The Unsunstainable Sessions » et, comment dire, quelle claque ! J’avais déjà écouté deux titres il y a quelques semaines et m’attendais à une bonne surprise, mais là, franchement, je suis encore soufflé par la qualité de l’enregistrement. Comparé au premier album, on retrouve un Klee toujours autant en colère (et avec toutes les bonnes raisons du monde pour ça), mais qui mixe frustration et mélancolie, avec une production autrement plus fouillée et riche, et une approche du chant qui n’est pas sans rappeler Tom Waits. Oui, Tom Waits !… La sortie de l’album, qui est terminé et prêt, pochette incluse (regardez une de nos photos), est toujours en cours de financement et vous pouvez y participer en allant PAR ICI, ce que je vous conseille si d’ici quelques mois vous voulez pouvoir crâner auprès de vos potes en arguant que si ce chef-d’œuvre (oui, pas moins !) est disponible, c’est en partie grâce à vous !
Bien sûr, nous avons tout notre matériel (caméra, enregistreur audio…) dans la voiture et nous filmons et enregistrons deux de ces nouveaux titres, que vous pouvez découvrir ci-après, sous les photos correspondantes. Ces versions acoustiques ne font pas totalement honneur aux enregistrements particulièrement classieux de l’album (Klee se demande d’ailleurs comment il pourra les interpréter sur scène, seul), enregistrements studio tellement forts que cette petite session improvisée n’en demeure pas moins superbe de bout en bout (c’est bien simple, je les écoute en même temps que j’écris ces lignes et en ai la chair de poule non stop !)…

This morning marked our first (short) trip into the Navajo reservation. A flea market was held in Leupp, located about twenty miles inside the reserve. Not many stands and we came back almost empty-handed (a book of traditional Amerindian illustrations that could serve as a source of inspiration for Dimi for future drawings), but an opportunity to discuss at some length with Lawrence Yellowhair, whose grandfather participated in the Normandy landing during WWII. Lawrence is convinced that he has a half-brother or half-sister born in France, because his kinky grandfather took the opportunity to put A in B and shake it up vigorously, with a local woman with a Normandy girl. 

We return to Flagstaff, where we have a meeting with Klee (the former singer-guitarist of Blackfire, but already with a solo album and two films, and soon a second album on his own —and many other things to come) for lunch, but not only. We have lunch in town, which allows me to see Flagstaff practically as I had left the town, more than twenty years earlier, at least in terms of appearance, because the place is obviously a little squatted by one of today’s scourges: hipsters and their lot of supposedly trendy places and not supposedly priceless!…!
This weekend marks some kind of truce for the students at Northern Arizona University and many of them will be in town tonight to get drunk like hell (they call that « Tequila Sunrise »). We even meet some of them who have decided to get ahead of their little friends. The principle is as simple as it is stupid: get drunk until the bars close (2am), play dumb outside, throw up on other’s face and find it funny, then go back to drinking and drinking again-and-again-and-etc. with the different clubs and bars that are enjoying this weekend of particularly enriching festivities to reopen exceptionally at 6am. 

Then we go back to Klee’s, where he introduces us to a good part of his new album, « The Unsunstainable Sessions » and, how can I say, what a slap in the face! I had already listened to two tracks a few weeks ago and expected a good surprise, but now, frankly, I’m still amazed by the quality of the recording. Compared to the first album, we find Klee still as angry (and with all the good reasons in the world for that), but who mixes frustration and melancholy, with a much more in-depth and richer production, and an approach to singing that is not unlike Tom Waits. Yes, Tom Waits !… The release of the album, which is finished and ready, cover included (look at one of our photos), is still being financed and you can participate by GOING HERE, which I advise you to do if in a few months you want to be able to show off with your friends arguing that if this masterpiece (yes, no less!) is available, it is partly thanks to you!
Of course, we have all our equipment (camera, audio recorder…) in the car and we are filming and recording two of these new songs, which you can discover below. These acoustic versions do not totally honour the particularly classy recordings of the album (Klee wonders how he will be able to interpret some of  them on stage, alone), but they are so strong that this little improvised session remains superb from start to end (it’s quite simple, I’m listeingn to the songs at the same time as I write these lines and still get goosebumps)…

 


 

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Day 29 – Mile 4451
Flagstaff, Arizona

Aujourd’hui, nous sommes arrivés en Arizona, notre dixième état en pile quatre semaines, ce qui me met en joie, avec petits bonds dans la voiture et tout et tout, puisque c’est (jusqu’à présent) mon état préféré. Bien sûr, je ne suis pas allé partout, mais j’ai tout de même assez bourlingué de ce côté-ci de la planète, en tout cas suffisamment pour avoir un état favori et le clamer haut et fort. Dont acte.
Je suis venu en Arizona à plusieurs reprises, la première fois lorsque j’avais décidé sur un coup de tête (et contre l’avis de mon directeur de publication) de consacrer la couverture de Best (et un gros dossier intérieur) au groupe Blackfire, et par extension à la Jones Benally family, tous étant devenus de plus que bons amis depuis lors. D’ailleurs, ce soir, nous retrouverons Berta (la grand-mère au petit jeu des sept familles) exactement là où nous nous étions vus la première fois (pour un repas « français » épique encore dans toutes les mémoires !). Jeneda, Clayson et Jones sont partis pour la réserve, tôt ce matin, et ne rentreront que demain après-midi, nous nous verrons à ce moment-là. Et comme Klee n’est jamais bien loin non plus, nous pourrons ces prochains jours (nous restons en Arizona une petite semaine) tous les retrouver.
Bien sûr, nous sommes reçus comme des princes (là, au moment où j’écris ces quelques lignes, nous nous apprêtons à nous jeter sur des enchiladas qui, si elles sont aussi bonnes qu’elles embaument la pièce, seront excellentes !) et bien sûr cela va être un des meilleurs moments de notre road trip (cette semaine à Flagstaff, pas les enchiladas —encore que).

Une seule halte (enfin, « halte », plus de trois heures trente tout de même !) pour nous entre notre motel sur la 66 à Gallup, à une douzaine de miles seulement de l’Arizona et Flagstaff, mais non des moindres puisque nous allons nous faire l’intégralité du Petrified Forest National Park, soit une trentaine de miles du sud au nord puis les mêmes au retour jusqu’à l’interstate 40. C’est ici que se trouve ce que d’aucuns considèrent comme la « first forest », soit la plus vieille forêt au monde dont il reste des vestiges, forêt qui remonte à la préhistoire et dont il ne reste bien sûr que des troncs d’arbre fossilisés, mais en quantité hallucinante, et avec des teintes d’une beauté et d’une variété incroyables. On peut aussi y visiter les ruines d’un ancien village, y contempler des pétroglyphes (notre seule impasse, car nous avons eu notre compte de petroglyphes hier !). Et surtout, nous allons découvrir le Painted Desert, vraiment impressionnant. Mais, comme souvent, les images sont davantage parlantes, alors je laisse les images parler à ma place, ce qui me fera et à vous aussi des vacances !

Today we arrived in Arizona, our tenth state on precisely four weeks, which makes me happy, with little jumps in the car and all that, since it is (so far) my favorite state. Of course, I haven’t been everywhere, but I’ve still been around enough on this side of the planet, at least enough to have a favourite state and proclaim it loud and clear. So just did. 
I came to Arizona several times, the first time when I decided on a whim (and against the « advice » of my publishing director) to dedicate the cover of Best magazine (and a big story inside to Blackfire, and by extension to the Jones Benally family, all of whom have become more than good friends since then. In fact, tonight, we will meet Berta (the grandmother at the little game of the seven families) exactly where we first met (for an epic « French » meal still in all memories!). Jeneda, Clayson and Jones left for the reserve early this morning, and will only return tomorrow afternoon, we will see each other then. And since Klee is never far away either, we will be able to find them all in the next few days (we stay in Arizona for a short week).
Of course, we are received like princes (here, as I write these few lines, we are about to throw ourselves into enchiladas which, if they are as good as they embalm the piece, will be excellent!) and of course this will be one of the best moments of our road trip (this week in Flagstaff, not the enchiladas —even though !). 

A single stop (well, « stop », more than three and a half hours!) for us between our motel on the 66 in Gallup, only a dozen miles from Arizona, and Flagstaff, but not the least since we will make the entire Petrified Forest National Park, about thirty miles from south to north and then the same on the way back to the interstate 40. It is here that we find what some consider to be the « first forest », the oldest forest in the world that dates back to prehistoric times and of which there are of course only fossilized tree trunks, but in incredible quantities, and with shades of incredible beauty and variety. One can also visit the ruins of an old village, contemplate petroglyphs (our only dead end, because we had our fair share of petroglyphs yesterday!). And above all, we will discover the Painted Desert, really impressive. But, as often, images are more telling, so I let images speak for me, which will make me and you a holiday too!


 


 

Day 28 – Mile 4228
Gallup, New Mexico

La neige vient nous rappeler que Santa Fe est sacrément en altitude (près de 2200 mètres), ce qui nous fait tout de même un peu drôle alors qu’il y a trois semaines et des bananes nous crevions de chaud à la Nouvelle-Orléans, avec près de 40 degrés la journée et pas moins de 25 la nuit, climat sub-tropical oblige. Mais bon, nous allons parcourir plus de 10000 miles au total, sur deux mois et demi, et nous nous attendions à subir quelques épisodes de yoyos climatiques de ce type. D’ailleurs, dans trois jours nous passerons par Phoenix où il est prévu plus de 30 degrés, alors que demain matin à Gallup, où nous venons de nous arrêter pour notre dernière nuit au Nouveau Mexique, il devrait faire moins 8, nous n’en sommes donc sans doute qu’au début de notre thermo-roller coaster…
Sante Fe n’était sur le tracé de la Route 66 que de 1926 à 1937, puisque tous les itinéraires postérieurs suivaient une ligne droite Tucumcari-Albuquerque-Gallup, mais nous voulions absolument prendre le Turquoise Trail Scenic Byway, un itinéraire un peu hors 66 donc mais tellement lié à cette route (c’est d’ailleurs sur le Turquoise Trail que furent filmés de nombreux road movies, dont une bonne partie de « Easy Rider »).
Et effectivement, même sous la neige et avec un vent glacial, et parfois même la tête littéralement dans les nuages, nous avons pu profiter des Sandla Mountains, côté est, mais aussi des nombreuses petites boutiques et bars colorés de Madrid, un village d’à peine plus de 200 habitants mais éminemment touristique. Un peu comme Sedona, en Arizona, mais en beaucoup moins chic et toc, le prêchi-prêcha new age n’ayant pas encore grimpé jusque-là.

Nous retrouvons donc le tracé le plus classique de la 66 à Albuquerque (en gros l’Interstate 40 ou parfois des routes parallèles), où nous faisons notre ravitaillement du jour, avant de rouler jusqu’au site incroyable Petroglyph National Monument, non sans avoir fait une courte halte devant le Kino Theater (construit en 1927 et dans un parfait état de conservation), au style mixant art-déco et culture amérindienne.
Le Petroglyph National Monument propose sur trois sites principaux plus de 20.000 pétroglyphes, des dessins gravés à même le basalte par les différents peuples indiens s’étant succédées au pied de ces anciens volcans.
Notre temps étant malheureusement compté, nous optons pour le site où les gravures sont les plus proches du parking (le Boca Negra Canyon), mais ça n’est apparemment pas le plus intéressant des trois. Ceci dit, il permet néanmoins de découvrir cet art ancien (la plupart des dessins auraient été exécutés à partir du XIVème siècle mais certains seraient beaucoup plus vieux) et de manière ludique qui plus est, puisque les ses illustrations sont soumises à autant d’interprétations qu’il y a de visiteurs. Bref, si comme nous, vous voyez un lézard qui joue au ping pong ou un « dindon céleste » (AOC © Dimitri), c’est tout à fait normal !

Nous roulons ensuite jusqu’à Gallup, à une douzaine de kilomètres de la frontière avec l’Arizona, mais avec déjà des décors s’en approchant. Bien sûr, nous ne sommes pas encore au niveau du grandiose d’un Mountain Valley ou du gigantisme d’un Grand Canyon, mais c’est un amuse-œil du plus bel effet. 

The snow reminds us that Santa Fe is quite high up (nearly 2200 meters), which is still a little funny while three weeks ago or so we were dying from heat in New Orleans, with nearly 40 degrees during the day and no less than 25 at night, due to the sub-tropical climate. But hey, we’re going to cover more than 10,000 miles in total, over two and a half months, and we expected to have a few episodes of this type of climate yo-yo. In fact, in three days we will be passing through Phoenix where it is expected to be more than 30 degrees, while tomorrow morning in Gallup, where we have just stopped for our last night in New Mexico, it should be minus 8, so we are probably only at the beginning of our thermo-roller coaster…
Sante Fe was only on Route 66 from 1926 to 1937, since all the later routes followed a straight line Tucumcari-Albuquerque-Gallup, but we absolutely wanted to take the Turquoise Trail Scenic Byway, a slightly off 66 route but so closely linked to its spirit (it is on the Turquoise Trail that many road movies were filmed, including a good part of « Easy Rider »). 
And indeed, even under the snow and with a freezing wind, and sometimes even with our heads literally in the clouds, we were able to enjoy the Sandla Mountains, on the east side, but also the many small shops and colourful bars of Madrid, a village of just over 200 inhabitants but highly touristic. A little like Sedona, Arizona, but much less chic and fake, the preached new age not having yet climbed up to there.

We find the most classic route of the 66 in Albuquerque (roughly the Interstate 40 or sometimes parallel roads), where we do our daily provisioning, before driving to the incredible Petroglyph National Monument, not without stopping briefly in front of the Kino Theater (built in 1927 and in a perfect state of conservation), with its art-deco and Amerindian culture mixing style.
The Petroglyph National Monument offers on three different main sites more than 20,000 petroglyphs, drawings engraved directly on the basalt by the different Indian tribes who lived consecutively at the foot of these ancient volcanoes. 
Unfortunately, our time being limited, we opt for the site where the engravings are the closest to the car park (Boca Negra Canyon), but it’s apparently not the most interesting. That being said, it nevertheless makes it possible to discover this ancient art (most of the drawings would have been made from the 14th century onwards but some would be much older) and in a playful way, since its illustrations are subject to as many interpretations as there are visitors. In short, if, like us, you see a lizard playing ping pong or a « celestial turkey » (© Dimitri), it is completely normal!

We then drove to Gallup, about a dozen kilometres from the Arizona border, but with scenery already approaching it. Of course, we are not yet at the level of the grandiose Mountain Valley or the gigantism of a Grand Canyon, but it is an eye-catcher of the most beautiful effect. 

 


 

Day 27 – Mile 3997
Santa Fe, New Mexico

Notre journée a un peu la physionomie de celle de la veille : beaucoup de route, pas grand-chose sur la 66 historique, qui d’ailleurs n’est parfois qu’un chemin de terre lorsqu’elle n’a pas été purement et simplement remplacée par l’autoroute ; et des paysages qui changent de tout au tout au fur et à mesure de notre progression, devenant de plus en plus arides pour la fin du Texas, où l’on ne voit que quelques barrières d’entrées d’immenses ranchs s’étendant à perte de vue, puis presque désertiques et enfin avec un peu de relief, au loin, même si l’on est encore loin des incroyables décors extérieurs de cinéma de Mountain Valley (mais ce sera pour bientôt).
De toute manière, la nature a et aura toujours plus de magnétisme, de beauté et d’ensorcellement inhérents que tous les artefacts au monde, ce dont nous allons avoir une fois de plus confirmation en rejoignant notre retraite d’un soir, une chambre prévue pour « méditer », avec grandes baies vitrées et vue imprenable sur la nature sauvage (et notamment un incroyable coucher de soleil, derrière la barrière de vieilles montagnes affaissées, plus au nord), au milieu de la pampa à vingt minutes au sud de Santa Fe.

Our day is a bit like the day before: a lot of driving, not much on the historic 66, which is sometimes just a dirt road when it has not been purely and simply replaced by the highway; and landscapes that change completely as we progress, becoming more and more arid for the end of Texas, where we only see a few entrance barriers to huge ranches stretching as far as the eye can see, then almost desert and finally with a little relief, far away, even if we are still far from the incredible outdoor scenery of Mountain Valley cinema (but it will come soon). 
Anyway, nature has and will always have more inherent magnetism, beauty and enchantment than all the artifacts in the world, which will have once again be confirmed by joining our one-night retreat, a room planned to « meditate », with large bay windows and breathtaking views of the wilderness (including an incredible sunset, behind the barrier of old collapsed mountains, further north), in the middle of the pampas twenty minutes south of Santa Fe.

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Day 26 – Mile 3614
Amarillo, Texas

Avant de partir d’Oklahoma City, nous consultons différents guides et décidons de suivre l’Historic Route 66 jusqu’à Bridgeport, annoncée comme une ville fantôme, ce qui sonne un peu fun annoncé comme ça —et moi je croyais carrément me retrouver dans la bande-dessinée de Lucky Luke du même nom !— mais en réalité d’une part les habitations à l’abandon et/ou vandalisées, semblent assez récentes, d’autre part elles sont envahies par la végétation, ce qui me met assez en joie mais m’empêche de faire la moindre photo un minimum correcte et intéressante (sur une dizaine de maisons « visitées »), enfin la ville n’est pas totalement abandonnée et, au final, d’autres endroits n’étant pas annoncés comme abandonnés le seront plus que Bridgeport ! Plus loin, une fois la frontière du Texas passée, nous nous ferons avoir une nouvelle fois à Lela, listée également comme fantôme mais où en fait ne subsiste que les vestiges d’une pas si ancienne station essence, également recouverte de végétation. 

La 66 en tant que telle est moyennement intéressante sur un long tronçon (d’autres suivront,  jusqu’en Arizona en fait) car souvent elle a été purement et simplement remplacée par l’Interstate 40. Nous filons donc plutôt à vive allure, profitant des paysages qui défilent et aussi de l’horizon qui, petit à petit, s’élargit, au gré des panneaux publicitaires, dont bien sûr nous ne raffolons pas, mais qui nous changent des citations de la bible et autres du même acabit rencontrées dans les états du sud-est.
Sur des dizaines de miles, nous avons droit à des publicités pour un magasin, le Cheyenne Trading Post, qui vendrait tout un tas de choses (bijoux, vêtements, poteries, etc., etc.) fabriquées par des amérindiens. Nous n’avions pas prévu de nous y arrêter, mais en voyant depuis l’autoroute le gigantesque portrait d’indien ornant sa devanture, je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un œil. Résultat : du made in China à gogo, un peu de made in Pakistan aussi… bref, une pure fumisterie. Ceci dit, vu l’accueil pour le moins froid des trois vieilles vendeuses « blanches », il ne fallait pas non plus s’attendre à autre chose. Il y a bien quelques bijoux qui semblent authentiques, mais leurs prix, quand ils étaient affichés, étaient plus que prohibitifs.

Nous avons donc repris notre route et sommes donc repassés par le (nord du) Texas, pas très loin d’où nous avions atterri (Dallas Fort Worth pour rappel), et les paysages de continuer de se transformer petit à petit. Les premières terres rouges apparaissent et aussi quelques ranchs. À Shamrock, nous nous arrêtons un assez long moment, pour essayer de photographier la Tower Station & U-Drop Inn Café, un long bâtiment un peu art déco comme il n’y en a pas d’autre sur la Route 66, mais tellement large qu’il est totalement impossible à cadrer dans sa totalité. À noter pour en revenir au dessin animé « Cars », que si le U-Drop Inn Café vous paraît familier, c’est parce qu’il a servi de principale source d’inspiration à l’atelier de Ramone, dans le film.
Un peu avant Amarillo, notre étape du soir, nous ne pouvons pas éviter une hé-naur-me croix côté gauche de l’autoroute, à Groom… Une croix de près de 60 mètres de haut (un pick-up garé juste en-dessous nous parait être un simple jouet !), visible par beau temps jusqu’à plus de 30 kilomètres. Bon, sinon, une croix, quoi, à savoir l’une des choses les plus inutiles qui soient, bref…

À Amarillo, nous nous arrêtons bien sûr au mythique Cadillac Ranch, une commande d’un milliardaire texan datant de 1974 et qui met particulièrement bien en exergue le culte de la bagnole aux États-Unis. Le lieu a été énormément photographié, il apparaît aussi dans bon nombre de films (dont « Arizona Dream », un de mes préférés !), mais peu de gens savent que les modèles de Cadillac sont tous différents (dix en fout), ni que les voitures ont été enterrées le nez dans la terre en suivant très exactement le même angle que les pyramides d’Egypte.
Un peu plus tôt, nous nous étions arrêtés au VW Slug Bug Ranch, à Panhandle, ou la contre-attaque de Volkswagen, avec ses fameuses coccinelles (au nombre de cinq), les deux lieux servant de défouloir aux tagueurs du monde entier, comme vous pouvez le voir sur les photos ci-pas loin.

Before leaving Oklahoma City, we consulted various guides and decided to follow Historic Route 66 to Bridgeport, announced as a ghost town, which sounds a little fun like that —and I thought I would be in Lucky Luke’s comic book of the same name!— but in reality on the one hand the abandoned and/or vandalized dwellings seem quite recent, on the other hand they are invaded by vegetation, which makes me happy enough but prevents me from taking the slightest picture of a correct and interesting minimum (out of about ten « visited » houses), finally the city is not totally abandoned and, in the end, other places not being announced as abandoned will be more so than Bridgeport ! Further on, once the Texas border has passed, we will be taken in again at Lela, also listed as a ghost but where in fact only the remains of a not so old gas station, also covered with vegetation, can be seen. 

The 66 as such is moderately interesting over a long part (others will follow, to Arizona in fact) because it has often been purely and simply replaced by the Interstate 40, so we rush off at high speed, taking advantage of the landscapes that pass by and also of the horizon that, little by little, widens, depending on the advertising billboards, which of course we do not like, but which change us from quotes from the Bible and others of the same kind encountered in the southeastern states. 
Over dozens of miles, we are entitled to advertisements for a store, the Cheyenne Trading Post, which would sell a whole bunch of things (jewellery, clothing, pottery, etc.) made by Amerindians. We hadn’t planned to stop there, but when I saw the gigantic portrait of an Indian on the highway, I couldn’t help but take a look. The result: made in China a gogo, a little bit of made in Pakistan too… in short, a pure smoke and mirrors. That said, given the cold reception of the three old « white » saleswomen, we couldn’t expect anything else. There are indeed some jewels that seem authentic, but their prices, when they were displayed, were more than prohibitive.

So we set off again and passed through (northern) Texas, not far from where we had landed (Dallas Fort Worth as a reminder), and the landscapes continued to change little by little. The first red lands appear and also some ranches. In Shamrock, we stop for a long enough time to try to photograph Tower Station & U-Drop Inn Café, a long, slightly Art Deco building like no other on Route 66, but so wide that it is totally impossible to frame it all. To come back to the cartoon « Cars », if the U-Drop Inn Café looks familiar to you, it’s because it served as the main source of inspiration for Ramone’s workshop in the film. 
Just before Amarillo, our evening stop, we can’t avoid a HU-GE cross on the left side of the highway, nearby Groom… A cross nearly 60 meters high (a pickup parked just below seems to be a simple toy!), visible in good weather until more than 30 kilometers. Well, otherwise, a cross, what, namely one of the most useless things there is…

In Amarillo, of course, we stop at the mythical Cadillac Ranch, a 1974 demand from a Texas billionaire that highlights the car cult in the United States. The place has been photographed a lot, it also appears in many movies (including « Arizona Dream », one of my favorites!), but few people know that Cadillac models are all different (ten in fact), nor that the cars were buried with their noses in the ground following exactly the same angle as the pyramids in Egypt. 
Earlier, we had stopped at the VW Slug Bug Ranch in Panhandle, or the Volkswagen counter-attack, with its famous bugs (five of them), both of which places are used by taggers from all over the world, as you can see in the pictures below.

 


 

Day 25 – Mile 3442
Oklahoma City, Oklahoma

Petite journée aujourd’hui, en nombre de miles parcourus d’une part, mais aussi d’endroits visités d’autre part. Pas un choix personnel, mais simplement parfois parce que certaines portions de la 66 sont moins riches et intéressantes que d’autres, et c’est le cas pour cette partie-là de l’Oklahoma.
Du coup, avant de repartir de Tulsa en direction d’Oklahoma City, nous revenons un peu sur nos pas pour aller à deux endroits que nous n’avions pas pu voir la veille, à cause de la lumière déclinante typiquement « entre chien et loup », et amplifiée par ce gros orage qui approchait (et a tonné une bonne partie de la nuit). Le premier est un drive-in à l’entrée de la ville, l’Admiral Twin Drive-In Theater, encore en activité mais tellement immense qu’impossible à capturer sur une simple photo.
Le second est plus emblématique qu’autre chose, il s’agit de la Cyrus Avery Centennial Plazza, située juste avant le grand pont permettant de traverser l’Arkansas River, une sculpture gigantesque en hommage à cet homme, Cyrus Stevens Avery, qui est en fait le fondateur et donc un peu le père de la Route 66 (et d’ailleurs plus tard de la US Highway 66 Association).
À Stroud, nous nous arrêtons pour photographier le Rock Café, un autre lieu mythique (datant de 1939) reconstruit (en 2009) après un incendie. À Chandler, nous tentons la McJerry ’66 Gallery, mais Jerry McClanahan, qui y expose ses illustrations, aquarelles et peintures à l’huile uniquement sur la Route 66, son obsession, d’ailleurs connu aussi pour être l’auteur de l’incontournable « EZ 66 Guide for travelers », est absent, malgré l’indication « open » sur la façade de la petite maison. Nous nous rabattons sur un simple cliché de sa devanture et roulons jusqu’à Arcadia, la dernière ville de moyenne importance avant Oklahoma City, qui sera notre ultime halte du jour, pour y visiter l’Arcadia Round Barn, l’un des rares édifices de ce type aux États-Unis (il en existerait une vingtaine au total), construit en 1898 et restauré au début des années 90. À noter que si ces granges, réellement impressionnantes (la partie supérieure est à louer pour des concerts, mariages, etc.) sont de forme parfaitement ronde, ça n’est pas par coquetterie architecturale, mais pour mieux résister aux tornades et autres tempêtes qui sont monnaie courante dans la région.

A short day today, in terms of number of miles covered on the one hand, but also the number of places visited on the other. Not a personal choice, but simply sometimes because some parts of the 66 are less rich and interesting than others, and this is the case for that part of Oklahoma. 
So, before leaving Tulsa for Oklahoma City, we retrace our steps a little bit to go to two spots we couldn’t see the day before, because of the declining light typically « between dog and wolf », and amplified by that big storm approaching (and thundering much of the night). The first is a drive-in at the entrance of the city, the Admiral Twin Drive-In Theater, still in operation but so huge that it is impossible to capture it in a single photo. 
The second is more emblematic than anything else, the Cyrus Avery Centennial Plazza, located just before the great bridge across Arkansas River, a gigantic sculpture in homage to this man, Cyrus Stevens Avery, who is in fact the founder and therefore somewhat the father of Route 66 (and later the US Highway 66 Association).
In Stroud, we stop to photograph Rock Café, another mythical place (dating back to 1939) rebuilt (in 2009) after a fire. In Chandler, we try the McJerry’s 66 Gallery, but Jerry McClanahan, who exhibits there his illustrations, watercolours and oil paintings only on Route 66, his obsession, also known as the author of the famous « EZ 66 Guide for travelers », is absent, despite the indication « open » on the front of the small house. We take a simple snapshot of its front and drive to Arcadia, the last medium-sized city before Oklahoma City, which will be our last stop of the day, to visit the Arcadia Round Barn, one of the few buildings of its kind in the United States (there are an estimated 20 in total), built in 1898 and restored in the early 1990s. It should be noted that if these really impressive barns (the upper part is for rent for concerts, weddings, etc.) are perfectly round, it is not for architectural coquetry, but to better resist the tornadoes and other storms that are common in the region. 

 


 

Day 24 – Mile 3294
Tulsa, Oklahoma

Nous repartons de Springfield directement par la 66 puisque notre motel s’y trouvait et nous arrêtons rapidement pour profiter de l’incroyable architecture de la mosquée Abou Ben Adhem Shriners, construite en 1923 pour le compte de l’AADMMS (Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine). C’est la première mosquée que nous voyons en près de 5000 kilomètres et alors même que nous nous amusons depuis plusieurs semaines à recenser les différentes églises (parfois regroupées par paquets de quatre ou cinq !) vues à intervalle très régulier au bord de la route, souvent perdues au milieu de nulle part, avec leurs parkings gigantesques et leurs panneaux publicitaires.
Des églises toujours parfaitement entretenues même si elles ressemblent souvent à des hangars aménagés (et avec donc clairement des signes extérieurs de richesse, d’abord et surtout dans les endroits les plus reculés et pauvres de la « bible belt »).
Ce contraste saisissant me renvoie à une discussion que j’avais eue quelques jours plus tôt, dans le Mississippi, avec un local à qui j’expliquais qu’il ne fallait surtout pas faire d’amalgame entre arabes, musulmans et islamistes fondamentalistes, et aussi et surtout à quel point tout dans la culture arabe était raffiné, subtil et sophistiqué alors que nos cultures occidentales étaient au contraire totalement « rustiques »…

Notre première véritable halte du jour sera à la Gay Parita Sinclair Station, à Paris Springs, non loin de Halltown. La station essence date de 1930, mais avait été détruite dans un incendie, puis reconstruite par Gary Turner, un homme connu pour raconter les plus incroyables histoires sur la route 66, mais malheureusement décédé en 2015. Depuis, George et Barbara maintiennent ce lieu incroyable en vie et sont bien présents sur place (c’est George, qui était de faction, lorsque nous sommes passés) pour répondre aux questions, laisser les gens prendre des photos, mettre un petit mot sur le livre d’or ou signer l’imposante palissade en bois dressée en hommage à Gary. On peut aussi acheter des souvenirs, mais ici personne ne vous poussera à la consommation. D’ailleurs, si vous voulez simplement boire un café, un thé ou un soda, ils sont mis à disposition, chacun payant ce qu’il a envie de payer. George, avec qui j’ai eu la chance de parler, m’a dit qu’il avait d’autres projets à venir, mais sans m’en dire plus. J’ai donc récupéré son numéro de téléphone afin de l’appeler dans quelques mois, où il sera sans doute en mesure d’en dire davantage.
Un peu plus loin, toujours à Paris Springs, nous photographions une autre station-service (Spencer) impeccablement restaurée (il y a une dizaine d’années seulement). Une grosse trentaine de miles nous séparent de notre prochaine halte, au 66 Drive-In Theatre, à Carthage, l’un des derniers drive-ins encore intacts. Le panneau au bord de la route annonce un seul film (« Closed ») et un peu plus loin, lorsque je me rapproche de la barrière fermée par où doivent passer les véhicules lorsqu’il y a des projections, c’est pour découvrir la très peu hospitalière mention « No Trespassing — Proud NRA member ». De fait, avant de partir, en lisant différents road-books et autres blogs, j’avais remarqué que les quelques téméraires qui avaient tenté de passer outre l’avertissement, avaient toujours été reçus à coups de carabine !…

Nous passons Joplin, suivons le plus ancien tracé de la 66 jusqu’au Kansas, dont nous ne parcourons qu’une vingtaine de miles, et notamment Galena, et Cars on the Route, un snack bar magasin connu pour avoir été la source d’inspiration du dessin animé Cars, d’où sa nouvelle appellation (l’endroit, une ancienne station service des années 1930, se nommait précédemment 4 Women on the Route, car monté par quatre copines). D’ailleurs, le Tow Truck exposé devant la boutique est bien le camion de remorquage dont se sont directement inspirés les créateurs de Pixar pour le personnage de Tow Mater.
À Riverton, nous prenons quelques photos du Brush Arch Bridge, aka Rainbow Bridge (puisqu’il a la forme d’un arc-en-ciel), le dernier de ce type (il a été construit en 1923) encore intact (mais interdiction formelle de rouler dessus).

Un peu plus loin, du côté de Miami, non pas ce Miami-là mais Miami, Oklahoma (nous venons donc d’arriver dans notre huitième état en un peu plus de trois semaines !), nous nous arrêtons auprès de la Neosho River pour déjeuner. Arrive un peu plus tard un vieux monsieur (nonagénaire, mais il me taira son âge exact), sur une grosse moto à trois roues, avec sur le siège arrière… un squelette !… Je lui fais signe (la musique qui sort de son système audio est très très forte, mais il s’avère qu’il est aussi très très dur de la feuille !) et nous échangeons deux trois blagues (je lui demande s’il promène sa femme, il me répond que oui, tous les dimanches, depuis 72 ans) avant que d’une main particulièrement tremblotante il réussisse à remettre le contact et à repartir, toujours musique à fond les ballons.
Nous zappons les innombrables musées sur la route (nous n’avons pas entrepris un tel road trip pour nous enfermer entre quatre murs) et ciblons le Totem Pole Park de Foyil, annoncé partout comme étonnant, surprenant et j’en passe. Finalement, l’endroit est minuscule, le totem et tout ce qui va avec assez pourri et ne seront à sauver de cet arrêt que les trois belles peintures sur sable, encadrées et visibles… dans les toilettes !… Nous décidons que c’en est assez (la lumière n’est de toute façon plus assez bonne pour prendre des photos, un gros orage approche) et nous gagnons Tulsa, par l’autoroute.

We leave Springfield directly by the 66 as our motel was there and we quickly stop to enjoy the incredible architecture of the Abu Ben Adhem Shriners Mosque, built in 1923 for the AADMMS (Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine). It is the first mosque we see in nearly 5000 kilometers and even though we have been having fun for several weeks to list the different churches (sometimes grouped in packages of four or five!) seen at very regular intervals by the roadside, often lost in the middle of nowhere, with their huge parking lots and advertising boards. 
Churches that are always perfectly maintained even if they often look like converted sheds (and therefore with clear outward signs of wealth, first and foremost in the most remote and poor places of the « bible belt »). 
This striking contrast reminds me of a discussion I had a few days earlier, in Mississippi, with a local to whom I explained that one should not confuse Arabs, Muslims and Islamist fundamentalists, and also and above all how refined, subtle and sophisticated everything in Arab culture was when our Western cultures were on the contrary totally « rustic »…

Our first real stop of the day will be at the Gay Parita Sinclair Station in Paris Springs, not far from Halltown. The gas station dates back to 1930, but had been destroyed in a fire, then rebuilt by Gary Turner, a man known to tell the most incredible stories about Route 66, but unfortunately died in 2015. Since then, George and Barbara have kept this incredible place alive and have been there (it was George, who was on duty when we came by) to answer questions, let people take pictures, put a note on the guest book or sign the imposing wooden palisade erected in honour of Gary. You can also buy souvenirs, but here no one will push you to consume. Moreover, if you simply want to drink coffee, tea or soda, they are available, everyone paying what they want to pay. George, with whom I had the chance to talk, told me that he had other projects to come, but without telling me more. So I got his phone number to call him in a few months, where he will probably be able to say more. 
A little further on, still in Paris Springs, we are photographing another perfectly restored (only about ten years ago) gas station (Spencer). A big thirty miles separate us from our next stop, at the 66 Drive-In Theatre in Carthage, one of the last drive-ins still standing. The roadside sign announces a single film (« Closed ») and a little further on, when I get closer to the closed barrier where vehicles must pass when there are projections, it is to discover the very unfriendly mention « No Trespassing – Proud NRA member ». In fact, before leaving France, while reading various road-books and other blogs, I noticed that the few reckless people who had tried to ignore the warning had always been received with a rifle!…. 

We pass Joplin, follow the oldest Route 66 to Kansas, of which we only travel about twenty miles, including Galena, and Cars on the Route, a snack bar store known to have been the source of inspiration for the cartoon Cars, hence its new name (the place, a former gas station from the 1930s, was previously called 4 Women on the Route, because it was transformed by four girlfriends). Moreover, the truck that can be seen in front of the shop is indeed the tow truck that directly inspired the creators of Pixar for the character of Tow Mater. 
In Riverton, we take some pictures of the Brush Arch Bridge, aka Rainbow Bridge (since it has the shape of a rainbow), the last of its kind (it was built in 1923) still intact (but formally forbidden to drive over it). 

A little further away, on the Miami side, not Miami-that Miami, but Miami, Oklahoma (so we’ve just arrived in our eighth state in a little over three weeks!), we stop by the Neosho River for lunch. A little later comes an old gentleman (in his nineties, but he won’t tell me his exact age), on a big three-wheeled motorcycle, with a skeleton on the back seat…!.. I wave to him (the music coming out of his audio system is very, very loud, but it turns out he is also very, very def !) and we exchange two or three jokes (I ask him if he walks his wife, he answers me that yes, every Sunday, for 72 years) before with a particularly trembling hand he manages to start his bike and leave, always playing music loud loud loud. 
We skip the countless museums on the road (we didn’t undertake such a road trip to lock ourselves between four walls) and target Foyil’s Totem Pole Park, announced everywhere as surprising, amazing, startling and things in « ing ». Finally, the place is tiny, the totem pole and everything that goes with it completely rotten and we only have to save from this stop the three beautiful sand paintings, framed and visible… in the toilets!… We decide that it is enough (the light is no longer good enough to take pictures anyway, a big storm is approaching) and we reach Tulsa, by the highway. 

 


 

Day 23 – Mile 3076
Springfield, Missouri

Nous avons débuté ce matin notre petit jeu de cache-cache avec l’Historic Route 66 ou plutôt devrais-je dire LES Historic Route(s) 66, puisqu’il en existe plusieurs tracés (principalement trois, mais avec juste quelques portions ayant évolué de l’un à l’autre, au cours de trois décennies —1920’s à 1940’s—, et notamment Santa Fe, que la 66 traversait et qu’ensuite elle a contourné, à partir de 1937). Bien sûr, la route n’est pas toujours indiquée comme telle (pour rappel, elle a été officiellement et définitivement fermée en 1985). Bien sûr, le GPS insiste pour privilégier, quasiment à chaque entrée-sortie, l’Interstate 44. Bien sûr, nous avons eu nos petits ratés (une voie sans issue et une portion dans un état, disons, plus que rudimentaire), mais nous avons aussi eu nos petites victoires, comme cette portion bitumée dénichée un peu par hasard (avouons-le) en prolongement d’une partie devenue ou redevenue un simple chemin de terre.
Évidemment, beaucoup de lieux sont labellisés Route 66 et tentent de profiter de son (assez récent) regain d’attention (de la part des Européens, d’ailleurs, les Américains préférant foncer sur l’Autoroute et ne s’arrêter que pour remplir le réservoir d’essence de leur voiture, et leur estomac), mais c’est fait la plupart du temps avec un minimum de pondération, ce qui d’ailleurs peut surprendre de prime abord.

À noter que c’est dans l’Oklahoma, que nous entamerons demain, sans doute jusqu’à Tulsa, qu’ont été réimplantés les premiers panneaux « Historic Route 66 ». C’est aussi à partir de l’Oklahoma que la route offre et réserve ses plus beaux et authentiques atours, et c’est au Nouveau-Mexique et en Arizona qu’elle est la plus belle. Il me tarde donc d’être quelques centaines de miles plus loin, car je connais bien mieux cette partie-là du pays.
Mais pour l’instant, nous terminons notre traversée du Missouri, cet état du midwest que d’aucuns considèrent un peu comme marquant une nette transition entre l’est et l’ouest du pays. Au niveau paysages, et en ayant l’Atlantique dans le dos, c’est effectivement dans le Missouri qu’apparaissent les premières grandes prairies et d’ailleurs l’état compte de nombreux élevages et ranchs.

À Cuba, nous nous arrêtons pour contempler et photographier les nombreuses fresques de cette petite ville qui se présente d’ailleurs comme une « mural city ». Il y est beaucoup question de guerre civile, mais pas que. Un peu plus loin, après une portion de route très roller coster (du côté de Rolla, justement) nous bifurquons en direction de Devil’s Elbow, un virage en forme de coude de la Big Piney River, bordée des différents massifs forestiers des Ozarks et son pont, dont la construction remonte à 1927.
Nous descendons déjeuner au bord de l’eau (il est déjà deux heures de l’après-midi) mais sommes délogés par une pluie soutenue, qui nous fait reprendre la route, jusqu’à Springfield, où nous prenons nos quartiers d’un soir au Rest Haven Court, un motel datant de l’après-guerre, récemment rénové dans le respect de son aspect d’époque (et avec toujours son imposant néon au bord de la Route (66).

Aujourd’hui, nous avons aussi vu le plus grand rocking chair au monde (plus de 10 mètres de haut et 5 de large, nous avons photographié si jamais un fan hardcore de rocking chairs nous lit —mais ne nous sommes pas arrêté au musée de l’aspirateur de St. James, faut pas non plus abuser !), mais toujours pas pigé l’intérêt de la chose, hormis une citation probable dans le Guiness Book des records. 

We started this morning our little hide-and-seek game with the Historic Route 66 or rather should I say THE Historic Route(S) 66, since there are several routes (mainly three, but with just a few portions having evolved from one to the other, during three decades —1920’s to 1940’s—, and in particular Santa Fe, which the 66 crossed and then went around, from 1937). Of course, the road is not always indicated as such (as a reminder, it was officially and definitively closed in 1985). Of course, the GPS insists on favouring Interstate 44 at almost every entrance/exit. Of course, we had our little failures (a dead-end road and a portion in a state, let’s say, more than rudimentary), but we also had our little victories, like this asphalt portion found a little by chance (let’s face it) as an extension of a part that became a simple dirt road again. 
Obviously, many places are labelled Route 66 and try to take advantage of its (fairly recent) renewed attention (from Europeans, moreover, Americans prefer to rush onto the Highway and stop only to fill the gas tank of their car, and their stomachs), but this is done most of the time with a minimum of weighting, which may surprise at first glance.

It should be noted that it’s in Oklahoma, which we will begin tomorrow, probably as far as Tulsa, that the first « Historic Route 66 » signs have been re-established. It is also from Oklahoma that the road offers and reserves its most beautiful and authentic attire, and it is in New Mexico and Arizona that it is most beautiful. So I look forward to being a few hundred miles away, because I know that part of the country much better. 
But for now, we are finishing our crossing of Missouri, the midwestern state that some consider a bit like a clear transition from east to west. In terms of landscapes, and with the Atlantic in the back, it is indeed in Missouri that the first large meadows appear and moreover the state has many livestock farming and ranches.

In Cuba, we stop to contemplate and photograph the many frescoes of this small city, which by the way presents itself as a « mural city ». There is a lot about civil war, but not just that. A little further on, after a section of very roller-skating coastal road (on the Rolla side, precisely) we turn towards Devil’s Elbow, an elbow-shaped bend in the Big Piney River, bordered by the various forest massifs of the Ozarks and its bridge, which was built in 1927. 
We go down to the waterfront for lunch (it is already two o’clock in the afternoon) but are dislodged by heavy rain, which takes us back on the road, to Springfield, where we take our one-night stands at Rest Haven Court, a post-war motel recently renovated in keeping with its period appearance (and still with its imposing neon on the roadside (66). 

Today, we also saw the greatest rocking chair in the world (more than 10 meters high and 5 meters wide, which we photographed if ever a hardcore rocking chair fan reads us – but didn’t stop at the St. James Vacuum Museum, so don’t abuse it!), but still didn’t get the point, except for a probable quote in the Guiness Book of Records. 

 


 

Day 22 – Mile 2872
Bourbon, Missouri (route 66)

À l’origine, nous avions prévu de faire une balade (à pied s’entend) quelque part dans la Mark Twain National Forest, sauf que c’est immense (plus de douze mille kilomètres carré) et que, comme d’habitude, les informations récoltées sur les sites gouvernementaux ou locaux sont assez éparses, pour ne pas dire hermétiques. Hé oui, aux États-Unis, dès lors qu’on s’écarte des quelques parcs nationaux « classiques » et attrape-touristes (payants, bien sûr), c’est la croix et la bannière pour trouver sentier à son pied. Par contre, tous les magasins et les supermarchés du pays, du nord au sud et d’est en ouest, sont bondés, en permanence, parfois jour et nuit !
Nous allons en faire à nouveau l’expérience, en nous repliant sur un autre parc, unique à sa façon (c’est le seul semble-t-il à préserver un ensemble de plusieurs rivières), l’Ozark National Scenic Riverways, non sans avoir traversé (avant et après) une bonne portion de cette Mark Twain Forest, effectivement aussi dense que magnifique, Ozark National Scenic Riverways que nous atteignons après avoir emprunté un chemin de terre et de cailloux long de plus de 4,5 miles, rappelant « Le Salaire de la Peur » (un poulet rôti en lieu et place des explosifs à l’arrière), avec sur notre chemin un unique panneau criblé de balles, ainsi qu’un autre moyennement hospitalier (« We don’t dial 911 »). Heureusement, nous n’avons pas croisé la moindre voiture (la route est si étroite que cela aurait été la plupart du temps impossible) et à l’arrivée, tout comme l’autre fois au Grenada Lake, personne, et nous avons pu pleinement profiter de la tranquillité incroyable de cet endroit (on ne pourrait pas y garer plus d’une demi douzaine de voitures, de toute manière).
Ce qui est incroyable, c’est que nos petits amis annoncent fièrement plus de 1,3 million de visites… « récréatives » ! (sous-entendu sans doute des gens qui payent pour je ne sais quelle excursion en canoë avec son lot de gros bras qui rament pour eux). D’ailleurs, notre comportement est si « anormal » au pays du tout consommable que la seule personne que nous apercevrons en un peu plus de deux heures trente, sera un garde-forestier, sur son bateau à moteur, intrigué par la présence de notre voiture au bord de l’eau, et qui reprendra son chemin en découvrant avec surprise… que nous utilisons l’une des tables de pique-nique aménagées le long de la rivière !…

Nous poursuivons ensuite notre traversée de la forêt, les paysages deviennent un peu plus rocheux que les jours qui ont précédé, et nous rejoignons la route 66 à Eureka, un peu plus à l’ouest que Saint-Louis, où nous reviendrons (et que nous visiterons donc) plus tard, mi-novembre, pour un concert de Wilco. Les hôtels à Eureka s’avérant hors de prix, nous décidons d’entamer notre longue ligne droite jusqu’à la Californie et roulons trois quarts d’heure, profitant du coucher de soleil (pleine face !), jusqu’à Bourbon, toujours dans le Missouri, où j’écris actuellement ces quelques lignes…

Nota : à un moment, nous avons emprunté une petite route, appelée ZZ, jusqu’à son sommet, ce qui nous a assez amusé, photo à l’appui. 

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Originally, we had planned to go for a walk (by foot then) somewhere in the Mark Twain National Forest, except that it is huge (more than twelve thousand kilometers square) and, as usual, the information collected on government or local sites is quite scattered, not to say hermetic. Yes, in the United States, as soon as you move away from the few « classic » national parks and tourist-traps (paying, of course), it is the cross and the banner to find the path at your feet. On the other hand, all the country’s stores and supermarkets, from north to south and east to west, are permanently crowded, sometimes day and night!
We will experience it again, by withdrawing to another park, unique in its own way (it is the only one that seems to preserve a set of several rivers), the Ozark National Scenic Riverways, not without having crossed (before and after) a good portion of this Mark Twain Forest, indeed as dense as it is magnificent, Ozark National Scenic Riverways that we reach after having taken a dirt and stone road more than 4.5 miles long, reminiscent of « Le Salaire de la Peur » (a roasted chicken instead of explosives in the back), with on our way a single panel full of bullets, as well as another hospital means (« We don’t dial 911 »). Fortunately, we didn’t cross any cars (the road is so narrow that it would have been impossible most of the time) and upon arrival, just like last time at Grenada Lake, nobody, and we were able to fully enjoy the incredible tranquility of this place (we couldn’t park more than half a dozen cars there, anyway). What’s amazing is that our US friends proudly announce more than 1.3 million « recreational » visits a year ! (Implied probably by people who pay for some canoe trip with its lot of big arms rowing for them). Moreover, our behaviour is so « abnormal » in this country of all consumable that the only person we will see in a little over two and a half hours will be a forest ranger, on his motor boat, intrigued by the presence of our car by the water, and who will go back to his way after discovering with surprise… that we use one of the picnic tables arranged along the river !

We then continue our journey through the forest, the landscapes become a little more rocky than the days before, and we reach Route 66 in Eureka, a little further west than Saint-Louis, where we will return (and therefore visit) later, in mid-November, for a Wilco concert. As the hotels in Eureka are so expensive, we decide to start our long straight line to California and drive three quarters of an hour, enjoying the sunset (full face!), to Bourbon, still in Missouri, where I am currently writing these few lines…

Note: At one point, we took a small road, called ZZ, to its summit, which amused us enough, with a photo to support it (see above). 

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Days 21 – Mile 2591
Poplar Bluff, Missouri

Nous quittons le Mississippi, non sans un peu de vague à l’âme, et faisons le double stop obligatoire de Memphis. Non pas Graceland, mais en pole position le mythique Sun Studio de Sam Philipps, qu’il avait lui-même baptisé (à raison) « le berceau de rock’n’roll », puisque c’est dans ce tout petit studio d’enregistrement, au 706 Union Avenue qu’après un premier temps à pratiquer des captations amateurs pour des particuliers, il se consacra à coucher sur bandes des musiciens de blues, de country, ainsi que les premiers franc-tireurs du rock’n’roll puis du rockabilly.
À noter d’ailleurs que le tout premier morceau de rock’n’roll, enregistré bien sûr au Sun Studio, n’est ni d’Elvis Presley, ni de Jerry Lee Lewis, ni de Roy Orbison, ni de Carl Perkins, et pas non plus de Johnny Cash, tous ayant pourtant fait leurs débuts sur Sun Records, mais « Rocket 88 » (en 1951, donc trois ans avant « That’s All Right Mama » du King !) De Jackie Brenston & His Delta Cats (en réalité Ike Turner accompagné des Kings of Rhythm).
Nous poursuivons ensuite notre promenade jusqu’au Mississippi, à un mile et demi de là, que nous atteignons bien sûr en empruntant la mythique Beale Street, une rue constellée de bars et lieux musicaux qui, bien sûr, sentent un peu beaucoup l’aimant à touristes un peu facile, mais en restant toutefois un minimum authentique, bien plus que Broadway à Nashville par exemple (mais moins que le Carré Français de New Orleans, pour citer un autre endroit où nous avons récemment trainé nos guêtres)… 

En milieu d’après-midi, nous roulons jusqu’à Poplar Bluff, à deux heures et demi de là, la dernière relativement grande ville avant la Mark Twain National Forest, où nous avons prévu de faire une grande virée demain matin et midi, avant de foncer en direction de Saint-Louis et d’embarquer pour la Route 66.
Ce qui nous fait au passage notre sixième état (le Missouri) visité en pile trois semaines. Un Missouri où l’horizon s’élargit nettement plus que les paysages rencontrés dans le Mississippi, plus valloné, avec encore des champs de coton mais déjà une plus grande proportion de cultures diverses (beaucoup de céréales, de maïs). Comme toujours, énormément de voitures sur les routes, à tel point qu’on en arrive souvent à se demander si ces gens ont des maisons ou s’ils passent leur temps dans leur pick-up et autres Ford Mustang (nous en dénombrons plus en une demi-journée qu’en dix ans sur les routes françaises !)…

We leave Mississippi, not without raising waves in our soul, and make the mandatory double stop in Memphis. Not Graceland, but in pole position the mythical Sam Philipps’ Sun Studio, which he himself had rightly called « the cradle of rock’n’ roll », since it was in this very small recording studio, at 706 Union Avenue, that after a first time practicing amateur recordings for individuals, he devoted himself to putt blues, country musicians and the first mavericks of rock’n’ roll and rockabilly on tape.
It should also be noted that the very first rock’n’ roll track, recorded of course at the Sun Studio, is neither by Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Carl Perkins, nor Johnny Cash, all of whom made their debut on Sun Records, but « Rocket 88 » (in 1951, three years before « That’s All Right Mama » by the King!) by Jackie Brenston & His Delta Cats (actually Ike Turner with the Kings of Rhythm).
We then continue our walk to Mississippi River, a mile and a half away, which we reach of course by taking the mythical Beale Street, a street dotted with bars and musical places that, of course, smell a little bit of a too easy tourist magnet, but still remain a minimum authentic, much more than Broadway in Nashville for example (but less than the French Square of New Orleans, to name another place where we recently dragged our spats)… 

In the middle of the afternoon, we drive to Poplar Bluff, two and a half hours away, the last relatively large city before the Mark Twain National Forest, where we plan to take a big ride tomorrow morning and noon, before heading for Saint-Louis and boarding Route 66.
This makes us our sixth state (Missouri) visited in exactly three weeks. Missouri where the horizon widens considerably more than the landscapes encountered in the more hilly Mississippi, with even some cotton fields but already a greater proportion of various crops (many cereals, corn). As always, there are a lot of cars on the roads, so much that we often wonder if these people have houses or if they spend their time in their pickup trucks and Ford Mustang (we count more of those fancy cars in half a day than in ten years on the French roads!)….

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Days 19-20 – Mile 2382
Mississippi (again)

Si ma curiosité naturelle et mon appétit de découvertes, de rencontres et de voyages, ont incroyablement nourris, jusqu’à satiété même, je ne sais pas si j’ai appris grand-chose de ma remontée du Mississippi, depuis la Nouvelle-Orléans jusqu’à Memphis (où nous allons passer plus de temps aujourd’hui, et ce sera dans le blog demain), en me laissant porter par les vieux courants un peu boueux du country blues le plus impeccablement rustique (oui, c’est un compliment, et pas des moindres) et de ses nombreux cousins et voisins de chantbrée (la faute est volontaire, merci), mais en tout cas j’ai eu la confirmation d’une réflexion que je me suis déjà faite à de nombreuses reprises, notamment au sortir de beaucoup d’interviews de bluesmen faites ces trois dernières décennies (hop, petite pub en passant, le bouquin correspondant est toujours disponible par ici, même que vous pouvez aussi profiter de l’offre actuelle avec les frais de port offerts par là).
Et cette réflexion —ne vous attendez pas non plus à une lumineuse révélation, hein ?— est que c’est la vie, ses accidents de parcours et ses détours —d’autant plus quand nous nageons en plein imprévu, et nous avons eu nous-mêmes notre lot de surprises depuis notre arrivée ici— qui font de certains hommes des songwriters et parfois, des bluesmen, cette catégorie beaucoup moins en voie de disparition que certains aimeraient le faire croire.

Par contre, j’ai appris quelque chose au contact de Mark « Muleman » Massey, c’est que la naissance d’une âme blues la plus pure est d’autant plus prégnante quand elle prend sa source dans cette partie du globe. Mark a vraiment le blues qui coule dans ses veines. Un blues qui a jailli de son expérience à Parchman Farm (oui, celle qui a inspiré le « Parchman Farm Blues » de Bukka White et tant d’autres chansons !), le pénitencier d’état du Mississippi, la seule prison de tout l’état comportant une chambre d’exécution et qui soit d’ailleurs habilitée à appliquer la peine de mort, où Mark a passé de trop longues années, dans une partie de la prison depuis fermée pour insalubrité. Mais c’est aussi là qu’il a découvert la musique, en intégrant le groupe du pénitencier…
Aujourd’hui, son rêve est d’avoir des groupes dans toutes les prisons du pays, avec l’espoir que beaucoup de condamnés s’en sortent, comme lui il y a plus de vingt ans, avec, par et pour la musique. Première étape de la recolonisation salvatrice de ces endroits par les bienfaits d’une musique aux effets incontestablement cathartiques, ce vendredi, il retournera dans l’enceinte du pénitencier, en tant que membre de jury pour un « radio-crochet » où il écoutera jouer et chanter une vingtaine de détenus avant d’accompagner sur scène les meilleurs d’entre eux. Un grand moment en perspective qui, à n’en pas douter, aura aussi des effets bénéfiques sur sa propre trajectoire, déjà particulièrement au beau fixe ces derniers temps, avec un nouvel album à venir très bientôt (que vous pouvez guetter en allant sur son site ICI), et dont le moins que l’on puisse dire —après avoir entendu notre homme en jouer quelques morceaux— est qu’il est un cran encore supérieur au précédent qui, pourtant, portait déjà très bien son titre, « One step ahead of the Blues » !… Pour faire simple : Mark est la plus parfaite incarnation du blues contemporain. Muleman is the man !

Nous sommes aussi revenus à Clarksdale, hier, pour finaliser le clip vidéo de Kevin Brown sur ce titre appelé donc « Clarksdale » (voir le blog d’il y a quelques jours) et dans lequel il rend hommage à cette ville et à ses pilliers, ses « rocks » comme il les appelle. Avant-hier il pleuvait et nous ne pouvions donc pas être raccord avec les images déjà en boite. Mais comme toujours, il y avait une raison à cela et cette raison est qu’hier nous avons pu rencontrer de manière totalement fortuite Marvin « The Brickman » Young, ce qui ne serait sans doute pas arrivé avant-hier. Brickman est un adorable nounours (option nœud papillon et regard rigolard et sans oublier son rire parmi les plus contagieux que j’aie jamais entendu) et nous avons filmé un monologue assez incroyable de son cru, accompagné à la slide guitar (« Amazing Grace ») par Kevin, même que nous vous posterons les images très prochainement ici même…

Nota : Dimitri s’est vu confier la mission de dessiner un logo pour Mark, voici son premier croquis (ce sera une mule, en costume, avec une guitare dans le dos)…

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If my natural curiosity and appetite for discoveries, encounters and travels have incredibly nourished me, to the point of satiation, I don’t know if I’ve learned much from my trip up the Mississippi, from New Orleans to Memphis (where we’ll spend more time today, and it will be in the blog tomorrow), by letting myself be carried away by the old, muddy currents of the most impeccably rustic country blues (yes, that’s a compliment, and not the least) and its many cousins and neighbours of chantber (the fault is voluntary, thank you), but in any case I have had the confirmation of a reflection that I have already done many times, especially after many bluesmen interviews made over the last three decades (hop, little ad by the way, the corresponding book is still available here, even that you can also enjoy the current offer with the shipping costs offered there). 
And this reflection —don’t expect a bright revelation either, huh?— is that it’s life, its accidents and detours —much more so when one swim in the middle of the unexpected, and we’ve had our share of surprises ourselves since our arrival here— that make some men songwriters and sometimes bluesmen, this category much less in danger of disappearing than some would like to make it seem. 

On the other hand, I learned something from Mark « Muleman » Massey, and this is that the birth of the purest blues soul is all the more significant when it originates in this part of the world. Mark really has the blues in his veins. A blues that emerged from his experience at Parchman Farm (yes, the one that inspired Bukka White’s « Parchman Farm Blues » and so many other songs!), the Mississippi State Penitentiary, the only prison in the state with an execution chamber and the only one in the whole state that is authorized to apply the death penalty, where Mark spent too many years, in a part of the prison since closed for insalubrity. But it was also there that he discovered music, by joining the penitentiary group…
Today, his dream is to have groups in all the country’s prisons, with the hope that many convicts will manage, as he did more than twenty years ago, with, by and for music. First step in the salutary recolonization of these places by the benefits of music with undeniably cathartic effects, this Friday, he will return to the penitentiary as a jury member for a « talent contest » where he will listen to about twenty prisoners play and sing before accompanying the best of them on stage. A great moment in perspective which, undoubtedly, will also have beneficial effects on his own trajectory, already particularly well established recently, with a new album to come very soon (which you can watch for while going to his site HERE), and of which the least we can say —after having heard our man play a few pieces— is that he is an even higher notch than the previous one which, however, already carried very well his name, « One step ahead of the Blues » !… To put it simply: Mark is the most perfect incarnation of contemporary blues. Muleman is the man!

We also came back to Clarksdale yesterday to finalize Kevin Brown’s video clip on his track called « Clarksdale » (see the blog from a few days ago) and in which he pays tribute to this city and its pillars, its « rocks » as he calls them. The day before yesterday it was raining and so it couldn’t match with the images already filmed. But as always, there was a reason for that and that reason is that yesterday we were able to meet Brickman completely by chance, which probably wouldn’t have happened the day before yesterday. Marvin « The Brickman » Young is an adorable teddy bear (bow tie and funny eye as options,  not to mention his laughter among the most contagious I have ever heard) and we filmed a rather incredible improvised monologue of his own, accompanied on slide guitar (« Amazing Grace ») by Kevin, even that we will post the video very soon here….

Note: Dimitri has been entrusted with the mission of designing a logo for Mark, here is his first sketch (it will be a mule, in costume, with a guitar on the back) —see above…

 


 

Day 17 – Mile 2082
Nashville, Tennessee

13h pétantes, nous sommes sur le lieu de notre rendez-vous avec le Two-Dollar Elvis, autoproclamé « the cheapest Elvis imposter of America » ou encore plus simplement « King of the road », qui ne tarde pas à arriver lui-même, au volant d’une Cadillac 1957 de couleur bleu ciel maculé de rouille, de griffures, etc. (pour rappel, la Pink Cadillac du King était un modèle de 1955), et dans un état de délabrement tel que la célèbre Peugeot 403 cabriolet de Columbo (qui lui est contemporaine, puisque de 1956) pourrait sembler fraîchement sortir de son usine. Mais la voiture ronronne (quand il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, et qu’elle est bien garée sur une surface plane) et c’est l’essentiel !
Jason Buchanan (de son vrai nom) est un véritable Don Quichotte à sa manière, aussi noble et ingénieux que son homologue d’outre-Atlantique, se battant contre (moulins à) vents contraires, au quotidien, pour que « son » Nashville, celui qu’il aime et dont il adore rien de plus que parcourir les rues, conserve son prestige, son aura et sa toute grande magnificence. Jason a organisé des festivals, des concerts, il a été tour manager, il a même été Père Noël et mille autres jobs alimentaires (mais fun), mais surtout il a tâté de la stand-up comedy et cela se voit et s’entend !

Le $2 Elvis, tout comme son illustre modèle, a un goût plus que prononcé pour l’extravagance (regardez-moi ce beau costume, et avec la petite cape qui va bien avec, s’il vous plait !). Il parle vite, il parle fort, il parle beaucoup ! Son crédo : « Fun, games, tours of Nashville… HunkaHunka burnin’ fun ! »… Il le répète à tout bout de champ (ou en l’occurence de boulevard) et rapidement on s’en est amusé, en demandant presque ad nauseam à Dimi, qui était assis à l’arrière de la voiture, « Dimi, quel genre de fun es-tu en train de vivre, là ? »… Et Dimi de devoir s’égosiller à beugler plus fort à chaque fois que la fois précédente : « HON-KA-HON-KA BUR-NIN’ FUN ! »… Et vous savez quoi ? On a vraiment passé un pur moment de « honka-honka burnin’ fun »…
Et donc Jason de nous balader pendant près de quatre heures et de nous montrer ses endroits favoris, loin par exemple de Broadway, le « Champs-Élysées local » (qui ne présente d’ailleurs pas plus d’intérêt que les Champs-Elysées —et seulement deux ou trois bonnes adresses sont vraiment d’origine), en nous racontant sa ville (d’adoption), en nous faisant découvrir ses endroits préférés, en nous montrant aussi à quel point, tout comme l’avait fait Van Wilks deux semaines plus tôt au sujet d’Austin, la ville était en train d’être défigurée, avec toujours plus de buildings nouvellement construits, toujours plus de logements et donc d’habitants, toujours plus de voitures et le trafic qui va avec, et à chaque fois un peu de l’âme de Nashville qui s’étiole. Comme par exemple cet ensemble de logements sociaux qui va être détruit, et ses habitants déplacés on ne sait où, pour la construction d’un énième stade…

Jason devait être un sacré acteur de stand-up, car il a ce don, rare, du rythme de la comédie. Le langage de la comédie est clairement sa langue maternelle. D’ailleurs, après quelques minutes seulement de virée pétaradante, je commençais déjà à réfléchir à un petit rôle que je pourrais lui écrire, pour « Crazy H », le road movie que j’espère venir tourner ici l’année prochaine, de New York City à Flagstaff, Arizona, en passant donc par Nashville. Nous avons plus d’une heure trente d’enregistrements audio du $2 Elvis, mais il va nous falloir un peu de temps pour tout écouter et éplucher, surtout que les prochaines journées risquent d’être chargées puisque nous allons bientôt nous faire la Route 66 (dans les deux sens !). Ceci dit, promis, dès que possible, nous en posterons ici même un ou deux extraits.
En attendant, vous pouvez toujours visiter son site (en cliquant ) et aussi écouter cette chanson que lui a consacré le duo de power raw blues & roll Left Lane Cruiser, originaire de Fort Wayne, Indiana (pile au centre d’un triangle entre Chicago, Detroit et Indianapolis), et qui ouvre leur dernier album en date, « Shake And Bake », paru plus tôt cette année. Vous allez voir, c’est aussi jubilatoire que le bonhomme lui-même !

At 1pm sharp, we are at the place where we meet the Two-Dollar Elvis, self-proclaimed « the cheapest Elvis imposter of America » or even more simply « King of the road », who soon arrives himself, at the wheel of a 1957 Cadillac in light blue with rust, scratches, etc. (as a reminder, the King’s Pink Cadillac was a 1955 model), and in a state of disrepair such that Columbo’s famous Peugeot 403 convertible (which is contemporary with it, since from 1956) might seem to have just left its factory. But the car purrs (when it is neither too hot nor too cold, and it is well parked on a flat surface) and that’s the main thing!
Jason Buchanan (his real name) is a true Don Quixote in his own way, as noble and ingenious as his counterpart from the other side of the Atlantic, fighting against headwind(mill)s on a daily basis, so that « his » Nashville, the one he likes and loves nothing more than walking the streets, retains its prestige, its aura and its great magnificence. Jason has organized festivals, concerts, he has been a tour manager, he has even been Santa Claus and a thousand other food (but fun) jobs, but above all he has tried stand-up comedy and you can see and hear it! 

The $2 Elvis, like his famous model, has a more than pronounced taste for extravagance (look at this beautiful suit, and with the little cape that goes with it, please!). He talks fast, he talks loud, he talks a lot! His credo: « Fun, games, tours of Nashville… HunkaHunka burnin’ fun! »… He repeats it every time and quickly we had a bunch of good laugh, asking Dimi, who was sitting in the back of the car, « Dimi, what kind of fun are you living there? »… And Dimi from having to shout louder every time he screams than the previous time: « HON-KA-HON-KA BUR-NIN’ FUN! »… And you know what? We really had a great time of « honka-honka burnin’ fun »…
And so Jason to drive us for almost four hours and show us his favorite places, far away from Broadway, for example, the « local Champs-Élysées » (which is no more interesting than the Champs-Elysées – and only two or three good addresses are really of origin), by telling us about his city (by adoption), by making us discover his favorite spots, by also showing us how, just as Van Wilks had done two weeks earlier about Austin, the city was being disfigured, with more and more newly built buildings, more and more homes and therefore more people, more and more cars and the traffic that goes with it, and each time a little bit of the soul of Nashville withering away. For example, this social housing complex that is going to be destroyed, and its inhabitants displaced, we do not know where, for the construction of yet another stadium….

Jason must have been a hell of a stand-up actor, because he has this rare gift for comedy rhythm. The language of comedy is clearly his mother tongue. In fact, after only a few minutes of a buzzing ride, I was already starting to think about a little role I could write for him, for « Crazy H », the road movie I hope to shoot in the US next year, from New York City to Flagstaff, Arizona, via Nashville. We have more than an hour and a half of audio recordings of the $2 Elvis, but it will take us a little time to listen and check everything, especially since the next few days are likely to be busy since we will soon be doing the Route 66 (both ways!). That being said, I promise, as soon as possible, we will post one or two excerpts here. 
In the meantime, you can still visit his site (by clicking Here) and also listen to this song dedicated to him (the video is available just a little bit higher) by the raw power blues & roll duo Left Lane Cruiser, from Fort Wayne, Indiana (right in the middle of a triangle between Chicago, Detroit and Indianapolis), which opens their latest album, « Shake And Bake », released earlier this year. You’ll see, it’s as jubilant as the man himself!

 


 

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Day 16 – Mile 1998
(In the pampas, not so far from Manchester, Tennessee)

Day off forcé hier ou en tout cas un peu obligé, entre le King Biscuit Festival où nous étions censés retourner mais qui nous avait tant déplu la veille, et les pluies torrentielles toute la journée, qui ont fait descendre la température de 24 à… 4 degrés ce matin, nous étions mieux au chaud, toujours chez l’ami Mark « Muleman » Massey, à refaire le monde, voir deux trois films (dont l’incommensurable bouse « Singularity », que je vous conseille tout de même si vous voulez vous marrer cinq minutes) et rattraper les retards ici ou là…
Nous attendons que Mark ait fini de nous préparer ses crevettes « Muleman Special » (marque déposée !), pour la route, puis embarquons pour cinq bonnes heures pour une succession de belles autoroutes très certainement comme on n’en voit qu’aux États-Unis. J’ai roulé dans de nombreux endroits, mais n’ai jamais ressenti un tel sentiment de liberté qu’ici. Et puis, avouez que s’arrêter pour une pause pipi à l’aire de repos (d’une propreté irréprochable comme partout) Loretta Lynn & Hank Williams, c’est tout de même un peu plus classe que de se boucher le nez dans un urinoir Vinci en priant je ne sais quelle divinité que le supplice olfactif ne dure pas trop longtemps (tout en chassant d’une troisième main imaginaire les obligatoires mouches de circonstance).

Lorsque nous arrivons au Tennessee, puis passons au sud de Nashville et enfin descendons plein sud pour Manchester, les différences avec le Mississippi sautent aux yeux ! Fini les maisons en bois plus ou moins délabrées, ici tout est en dur, tout est grand, tout est propre, les jardins sont parfaitement tondus, bref y’a du pognon.
Ce matin, avant de partir, en vérifiant l’adresse précise de la salle de concert où nous devons voir ce soir Cheap Trick + ZZ Top (la tournée de leurs 50 ans !), j’avais découvert qu’en réalité il ne s’agissait pas d’un double concert, mais de deux concerts parmi vingt-quatre, dans le cadre d’un gros festival, Exit 111, à la configuration assez proche du Download (5 scènes, etc.). Du coup, j’ai fait ronronner le moteur plus que de raison, afin d’arriver plus tôt et de profiter de Blackberry Smoke, impeccables sur scène, un peu comme les Black Crowes de la grande époque, en formation sonique disons plus compacte, ce qui nous a permis aussi de voir que nos Gojira nationaux s’exportaient particulièrement bien, malheureusement aussi que Ghost (qui jouait entre Cheap Trick et ZZ Top) reste une supercherie d’une abyssale vacuité (bon, je n’ai jamais aimé Kiss, je ne suis donc pas cœur de cible, mais quand même !), et enfin de vérifier que contre toute attente Def Leppard (qui clôturait cette froide nuit de pleine lune, 5 degrés à peine) valait toujours le coup d’œil. Amusant d’ailleurs de constater que le groupe, finalement, n’a rien perdu de son mordant alors que je ne l’avais pas vu sur scène depuis… 35 ans !
Même chose pour ZZ Top, pour ce qui est de l’exceptionnelle efficacité, la bête en a encore sous le pied, croyez-moi !

Par contre, Cheap Trick, et avec toute l’affection que j’ai pour ce groupe que j’écoutais déjà tout minot, ça a été tout de même beaucoup laborieux que la dernière fois que j’avais vu le groupe, à Londres. Déjà Robin Zander a littéralement perdu sa voix au bout de 20 minutes et il a fallu improviser un petit intermède avec Tom Petersson reprenant « I’m waiting for the man » du Velvet, dans une version qui paraissait assez chaotique et… hey, Tom, on t’adore, mais n’essaye plus de chanter, OK ? Rick Nielsen a aussi pris un petit coup de vieux, même si ses doigts sont toujours aussi véloces (et qu’un second guitariste, ou troisième si on compte Robin, est là pour arrondir les angles —et aussi pour supplanter Robin au chant, parfois…).
Mais à bien regarder l’incroyable set list (« Hello There », « How About You », « California Man », « Need Your Love, « Stop This Game », « I’m Waiting for the Man »,  « I Want You To Want Me », « Dream Police », une version hallucinante de « Ain’t That a Shame », à quatre guitares, avec l’arrivée de Charlie Starr de Blackberry Smoke, « Surrender », « Aux Wiedersehen » et « Goodnight Now ») et l’exceptionnelle longévité de ce groupe sans équivalent, tout ceci reste du chipotage et nous avons passé un excellent moment.

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Forced day off yesterday or at least a little forced, between the King Biscuit Festival to which we were supposed to return but which we had disliked so much the day before, and the torrential rains all day long, which lowered the temperature from 24 to… 4 degrees this morning, we were better off in the warmth, still at our friend Mark « Muleman » Massey’s place, reinventing the world, watching two or three movies (including the immeasurable « Singularity » dung, which I still recommend if you want to have a five minutes laugh) and making up for the delays here or there…
We wait until Mark has finished preparing his « Muleman Special » shrimp (registered trademark!) for the road, then board for a good five hours and a succession of beautiful highways most certainly as we only see in the United States. I have driven in many places, but I have never felt such a sense of freedom as here. And then, admit that stopping for a pee at a rest area (of impeccable cleanliness as everywhere) named Loretta Lynn & Hank Williams is still a little more classy than closing your nose in a French Vinci urinal by praying I don’t know what divinity that the olfactory torture doesn’t last too long (while chasing away the compulsory flies of circumstance with a third imaginary hand ). 

When we arrive in Tennessee, then pass south of Nashville and finally go straight south to Manchester, the differences with Mississippi are obvious ! No more dilapidated wooden houses, everything here is hard built, everything is big, everything is clean, the gardens are perfectly mowed, in short there is money.
This morning, before leaving, by checking the precise address of the concert hall where we should see Cheap Trick + ZZ Top tonight (their 50th birthday tour !), I discovered that in reality it was not a double bill concert, but two concerts among twenty-four, as part of a big festival, Exit 111, with a configuration quite close to the Download in France (5 scenes, etc.). As a result, I purring the engine more than reason, in order to arrive earlier and enjoy Blackberry Smoke, impeccable on stage, a bit like the Black Crowes of the great era, in a more compact sonic formation, which also allowed us to see that our national Gojira are particularly well exported, unfortunately also that Ghost (who played between Cheap Trick and ZZ Top) remains a trick of an abyssal emptiness (well, I never liked Kiss, so I’m not a core target, but still !), and finally to check that against all expectations Def Leppard (which closed this full moon cold night, only 5 degrees) was still worth a look. It’s funny to note that the band, in the end, hasn’t lost any of its bite when I hadn’t seen it on stage for… 35 years!
The same goes for ZZ Top, as far as the exceptional efficiency is concerned, the beast still has some under its feet, believe me !

On the other hand, Cheap Trick, and with all the affection I have for this band that I was already listening to all kitty, it was still a lot harder than the last time I saw the band, in London. Robin Zander has already literally lost his voice after 20 minutes and they had to improvise a little interlude with Tom Petersson covering « I’m waiting for the man » from the Velvet, in a version that seemed rather chaotic and… hey, Tom, we love you, but don’t try to sing anymore, OK ? Rick Nielsen has also gotten a little old, even if his fingers are still as fast as ever (and a second guitarist, or third if you count Robin, is there to round out the angles —and also to help or replace Robin on vocals, sometimes…). 
But if you look at the incredible set list (« Hello There », « How About You », « California Man », « Need Your Love, « Stop This Game », « I’m Waiting for the Man »,  « I Want You To Want Me », « Dream Police », an amazing version of « Ain’t That a Shame », with four guitars, with the arrival of Charlie Starr from Blackberry Smoke, « Surrender », « Auf Wiedersehen » and « Goodnight Now ») and the exceptional longevity of this unique band, all this is still a bit of a joke and we had a great time. 

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Day 14 – Mile 1564
(King Biscuit Blues Festival, Helena-West Helena, Arkansas)

Lorsque nous traversons le pont métallique stylisé au-dessus du Mississippi et que donc nous arrivons dans notre quatrième état (l’Arkansas) depuis le début de notre périple, les anecdotes entendues les deux jours qui ont précédé sur cet endroit, Helena-West Helena, sa haute dangerosité et notamment ses gangs locaux (il y eut l’an dernier par exemple une espèce de panique générale, suite à une fusillade au beau milieu de la rue principale, en plein festival) ne nous préoccupent pas spécialement. En tout cas, je ne suis pas spécialement perturbé et je sors même de ma meilleure nuit depuis notre atterrissage à Fort Worth.
Lorsque nous déambulons sur le site du festival (pas l’enceinte fermée de la « main stage », à l’accès prohibitif, mais cette longue rue bordée de stands de bouffe ou autre —et de quelques musiciens de rue tout de même), nous ne prêtons pas même attention aux mendiants aux yeux parfois hagards, sans doute sous l’effet de je ne sais quelle cochonnerie, ni même aux bandes de types qui vendent des CD-R avec, selon leurs propres dires, le dernier album blues encore fumant de leur groupe (déjà si ces mecs sont musiciens, moi je suis le Pape, et vous connaissez ma détestation multi-récidiviste pour tout ce qui touche aux bondieuseries —bon, je l’écris tout de même du bout du clavier, n’oublions pas que nous sommes au chœur de la bible belt, ces états du sud-est des États-Unis où fleurissent à chaque coin de rue des églises baptistes, méthodistes, épiscopaliennes, luthériennes, presbytériennes, pentecôtistes et j’en passe)…

Non, par contre, instantanément, je n’ai pas aimé le King Biscuit Blues Festival, et son ambiance que je qualifierais de délétère. Peut-être étonnamment compte tenu de l’aura dont bénéficie cet événement (d’ailleurs pas si ancien que ça pour un des plus vieux festivals blues en activité sur le sol américain, puisque datant de 1986) ou peut-être que j’en attendais trop, mais en tout cas il s’agit simplement d’une foire merdique à l’américaine de plus. Un truc pour badauds (si possible les poches pleines) ou poseurs qui veulent montrer qu’ils en sont (eux ont vraiment les poches pleines !) qui n’aurait pas l’ombre d’un soupçon de début d’âme si on n’y croisait pas, tout de même, n’abusons pas, quelques vrais fondus des musiques blues du Delta et d’ailleurs.
Cela n’est cela dit pas suffisant pour nous captiver plus de temps qu’il n’en faut pour faire l’aller-retour de cette « main street » et nous décidons de contourner le festival. Sur les hauteurs de la colline parallèle, juste derrière les barrières, nous remarquons aussi que le public dans l’enceinte de la main stage est vraiment ce qu’il y a de plus détestable (des gens pas vraiment là pour la musique —bien sûr, ne généralisons pas— qui boivent des coups et parlent fort, parfois même assis avec la scène derrière eux !). Après quoi nous redescendons par le long parc longeant le Mississippi (quelqu’un nous propose de profiter de l’arrière de son pick-up —c’est assez loin— par contre aucun bon samaritain au retour, que nous ferons sous un soleil de plomb) où nous faisons une halte à l’ombre, bercés par la bataille sonique entre les grillons, venus en force, et les volutes bleutées du festival, derrière nous.

Enfin, terminons par une note positive, pour signaler que le line-up du festival, quoiqu’assez inégal, propose tout de même quelques pointures (en arrivant nous avons profité de la dernière demi-heure de l’ami Cedric Burnside, rencontré en mai dernier au Blues Rules Festival, comme toujours un délice pour nos cages à miel —quel présence, quel charisme, quel jeu !), dont notamment cette année Delbert McClinton, Kenny Wayne Sheperd ou encore Larry McCray… Mais ce qui ne sera pas suffisant pour nous faire braver la pluie le lendemain (et une chute de la température de 20 degrés puisqu’il fera… 4 samedi matin !!)…

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When we cross the stylized metal bridge over the Mississippi and so when we arrive in our fourth state (Arkansas) since the beginning of our journey, the anecdotes heard the two days before about this place, Helena-West Helena, its high dangerousness and especially its local gangs (there was a kind of general panic last year, for example, following a shooting in the middle of the main street, during the festival) do not worry us specifically. In any case, I’m not particularly disturbed and I’m even coming out of my best night since we landed in Fort Worth. 
When we walk around the festival site (not the closed main stage compound, with its prohibitive access, but this long street lined with food or else stands —and a few street musicians but not much), we do not pay attention, the same way, to the beggars with sometimes haggard eyes, probably under the effect of some junk, or even to the bunch of guys who sell CD-Rs with, according to their own words, the last still smoking  blues album of their band (first of all, if these guys are musicians, I’m the Pope, and you know my multi-recidivist detestation for everything related to godandthosekindofstuff –well, I write it anyway from the end of the keyboard, let’s not forget that we are in the chorus of the Bible belt, those states in the southeastern United States where Baptist, Methodist, Episcopal, Lutheran, Presbyterian, Pentecostal and many more churches flourish on every street corner)…

No, however, I instantly didn’t like the King Biscuit Blues Festival, and its atmosphere, which I would call deleterious. Perhaps surprisingly considering the aura of this event (not so ancient for one of the oldest blues festivals operating on American soil, since it dates back to 1986 only) or maybe I was expecting too much, but in any case it’s just another shitty fair the American way. Something for onlookers (if possible with full pockets) or posers who want to show that they are in (they really have full pockets!) which would not have the shadow of a hint of the beginning of a soul if we didn’t meet, all the same, let’s not abuse, some real Delta blues music fans.
That said, it’s not enough to captivate us more time than it takes to get to and from this « main street » and we decide to go around the festival. On the heights of the parallel hill, just behind the fences, we also notice that the audience in the main stage is really the most detestable thing (people not really there for the music —of course, let’s not generalize— who have drinks and talk loudly, sometimes even sitting with the stage behind them!). After that we go down through the long park along the Mississippi (someone suggests we enjoy the back of his truck —it’s quite far away— but no good Samaritan on the way back, which we’ll do under a blazing sun) where we stop in the shade, rocked by the sonic battle between the crickets, who came in force, and the blue volutes from the festival, behind us.

Finally, let’s end with a positive note, to point out that the festival line-up, although rather uneven, still offers some great names (when we arrived we took advantage of the last half hour of our friend Cedric Burnside, met last May at the Blues Rules Festival, as always a delight for our ears —what presence, what charisma, what incredible sound !), including this year Delbert McClinton, Kenny Wayne Shepherd or Larry McCray… But what will not be enough to make us brave the rain the next day (and a 20 Celsius degrees drop in temperature since it will be… 4 Saturday morning!!!).

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Day 13 – Mile 1453
(Shack Up Inn, Clarksdale, Mississippi)

Excités l’un comme l’autre à l’idée (l’autre étant Kevin Brown… que je ne vous perde pas dès la première phrase !) de faire un petit film ensemble, pour son morceau « Clarksdale » donc, tel que nous l’avions évoqué deux jours plus tôt, nous décidons de retourner à Clarksdale, tourner sur place étant l’évidence même, même si nous utiliserons sans doute les images vintage qu’il m’a fait parvenir la nuit précédente et qu’il compte acheter.
Nous accompagnons Kevin jusqu’à sa location dans le légendaire Shack Up Inn (qui en plus d’être un incroyable fatras de trucs et de bidules plus ou moins vintage, plutôt plus que moins, laisse ses clients emprunter les plus incroyables guitares vintage que nous ayons vues depuis notre arrivée sur le sol américain) et qui est un endroit encore « dans son jus » comme vous pouvez le voir sur les quelques photos postées ici, puis nous filmons le long de la route longeant sur plusieurs miles la voix ferrée, depuis donc le Shack Up Inn, et jusqu’à la ville, route empruntée avant nous par tous les grands bluesmen du delta ayant trainé par ici, qui travaillaient et dormaient de ce côté-là de la ville, pour aller jouer et/ou s’encanailler dans les différents juke joints locaux. Sans même parler des nombreux musiciens à être de la région ou à y avoir passé une bonne partie de leur existence : Sam Carr, Earl Hooker, Charlie Musselwhite, Pinetop Perkins, Sonny Boy Williamson II, Robert « Bilbo » Walker, Robert Nighthawk, Watermelon Slim, WC Handy, et de nombreux autres, auxquels on peut ajouter l’acteur Morgan Freeman, co-propriétaire de Ground Zero, le plus imposant des clubs de blues de la ville (mais qui n’est pas un juke joint et, contrairement à son aspect d’usure prononcée, n’a ouvert qu’en mai 2001) et qui a beaucoup fait pour cette ville… 

Les juke joints étaient (j’emploie l’imparfait car ils sont nés des heureusement révolues lois de Jim Crow, mais il en existe toujours à Clarksdale et ailleurs) des établissements très majoritairement afro-américains, ouverts dans les états du sud des États-Unis, pour que les travailleurs des plantations (de coton, essentiellement) et les métayers noirs, interdits d’accès aux établissements « blancs » puissent se détendre, boire un coup (enfin, un coup, vous me comprenez) et en tout cas se détendre après une longue semaine de dur labeur.
Tous les matins, Kevin emprunte ce même chemin, guitare sur l’épaule, et sa chanson est née ainsi, d’une expérience similaire, au même endroit, l’année passée.

Arrivés en ville, nous continuons de coller au mieux au contenu de sa chanson et passons en revue toutes les personnes qu’il considère comme les « rocks » de Clarksdale, et chez qui nous tournons quelques images, les uns à la suite des autres. Il y a bien sûr le magasin CatHead Delta Blues & Folk Art de Roger Stolle, qui est pour beaucoup dans la renaissance du quartier historique de Clarksdale, mais aussi le magasin d’harmonicas de Deak Harp, une autre figure locale incontournable, le Bluestown Music de Ronnie Drew sur Delta Avenue et ses incroyables guitares, etc.
En fin d’après-midi, la caméra refuse de se rallumer et nous remontons à plus tard (nous repassons pas loin début de semaine prochaine) nos derniers plans de coupe… Et, comme me le dira mon pote Jicé de Lausanne, que nous croiserons à CatHead, « Clarksdale ne paye pas de mine, la première fois qu’on y met les pieds, ça peut même être un peu décevant, mais on revient toujours, et on y revient même encore et toujours »… Et c’est ce que nous ferons dans quelques jours…

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Excited both of us at the idea (the other being Kevin Brown… this being said not to lose you from the first sentence!) to make a little movie clip together, for his song « Clarksdale » so, as we had mentioned two days earlier, we decide to go back to Clarksdale, shooting on the spot being the obvious thing, even if we will probably use the vintage images he sent me the night before and that he plans to buy.
We accompany Kevin until his rental in the legendary Shack Up Inn (which in addition to being an incredible mess of more or less vintage stuff and things, rather than less, lets his customers borrow the most incredible vintage guitars we’ve seen since our arrival on American soil) and which is a place still « in its juice » as you can see on the few photos posted here, then we film along the road along the railroad track for several miles, from the Shack Up Inn, and up to the city, a road used before us by all the great bluesmen of the delta who had been hanging around here, who worked and slept on that side of the city, to play and/or shuffle in the various local juke joints. Not to mention the many musicians who are from the region or who have spent a good part of their lives there: Sam Carr, Earl Hooker, Charlie Musselwhite, Pinetop Perkins, Sonny Boy Williamson II, Robert « Bilbo » Walker, Robert Nighthawk, Watermelon Slim, WC Handy, and many others, to which we can add the actor Morgan Freeman, co-owner of Ground Zero, the city’s largest blues club (but not a juke joint and, contrary to its pronounced wear and tear aspect, only opened in May 2001) and has done a lot for this city… 

The juke joints were (I use the past because they were born from Jim Crow’s laws, but there are still some in Clarksdale and elsewhere) mostly African-American settlements, open in the southern states of the United States, so that plantation workers (mainly cotton) and black sharecroppers, banned from accessing « white » settlements can relax, have a drink (well, by « a drink », you understand me) and in any case relax after a long week’s hard work. 
Every morning, Kevin takes the same path, guitar on his shoulder, and his song was born from a similar experience, in the same place, last year.

Once in town, we continue to stick as closely as possible to the content of his song and review all the people he considers to be Clarksdale’s « rocks », and with whom we shoot a few images, one after the other. There is of course the CatHead Delta Blues & Folk Art store by Roger Stolle, which is responsible of a major part of the rebirth of the historic Clarksdale district, but also the harmonica store by Deak Harp, another local icon, Ronnie Drew’s Bluestown Music on Delta Avenue and its incredible guitars, etc.
At the end of the afternoon, the camera refuses to turn on again and we push back to later (we’ll be around again next week) our last cutting shots… And, as my friend JC from Lausanne will tell me, when we’ll meet incidentally in CatHead, « Clarksdale doesn’t look like much, the first time one sets foot there, it can even be a little disappointing, but one always comes back, and one even comes back again and again »…. And that’s what we will do in a few days…

 


 

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Day 12 – Mile 1392
(Senatobia, Mississippi)

Nous sommes arrivés à Senatobia hier soir, Mark « Muleman » Massey nous héberge pour quelques jours et l’endroit sera donc notre pied-à-terre pendant le King Biscuit Blues Festival, qui a lieu à West-Helena, Arkansas, de demain à samedi inclus (mais samedi, nous serons dans le Tennessee pour une belle double affiche : Cheap Trick + ZZ Top !). Mark (et d’ailleurs toute sa famille, ne parlons pas de la cohorte de chiens, des poules, ni des mules bien sûr !) est non seulement le plus adorable des hôtes (et un super cuisinier, au moment où je publie ces lignes il est en train d’expliquer à Dimitri sa recette pour les crevettes), mais en plus est-il incontestablement le plus loquace, impossible de l’arrêter lorsqu’il commence à raconter des histoires, encore plus difficile lorsqu’il s’agit de sa propre histoire. Une histoire un peu compliquée (de la prison notamment), mais avec un beau happy ending puisque l’ensemble des épreuves que Mark a traversées fait désormais couler le plus pur des blues dans ses veines.
En début d’après-midi, nous profitons d’une belle lumière et de la présence non loin de là d’une vieille Dodge rouillée, pour le filmer en train de nous jouer deux titres de son prochain album à paraitre bientôt (et qui contient 14 titres dont 9 originaux, car le bonhomme a aussi beaucoup de choses à dire dans ses chansons —tant mieux, d’ailleurs !). Même que vous pouvez profiter de ces enregistrements pas plus loin qu’ici même (bon, la vieille Gibson de 1943 a eu un peu de mal à rester accordée en plein soleil, mais ça sonne quand même du feu des enfers, enjoy !)…

 

We arrived in Senatobia last night, Mark « Muleman » Massey is hosting us for a few days and the place will be our base during the King Biscuit Blues Festival, which takes place in West-Helena, Arkansas, from tomorrow to Saturday included (but Saturday, we will be in Tennessee for a great double bill : Cheap Trick + ZZ Top !) Mark (and besides his whole family, let’s not talk about the cohort of dogs, chickens, or mules of course !) is not only the most adorable of hosts (and a great cook, at the time I am publishing these lines he is explaining to Dimitri his recipe for shrimps), but is also undoubtedly the most talkative. Impossible to stop him when he starts telling stories, even more difficult when it comes to his own story. A rather complicated one (about prison in particular), but with a beautiful happy ending since all the trials that Mark has gone through have now brought the purest of blues into his veins. 
In the early afternoon, we take advantage of a beautiful light and the nearby presence of a rusty old Dodge, to film him playing two tracks from his upcoming album (which contains 14 tracks, 9 of which are original, because the guy also has a lot to say in his songs —and for the better, by the way !) Even though you can enjoy these recordings no further than up here (well, the old Gibson of 1943 had a little trouble staying tuned in full sun, but it still sounds like hellfire, enjoy!)…

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Day 11 – Mile 1331
(Clarksdale, Mississippi)

Nous avons perdu 20 degrés en deux jours et lorsque nous arrivons à Clarksdale, au crossroads originel, celui de Robert Johnson et de la légende faustienne qui va avec, le temps est si exécrable que je ne me rends même pas compte que je traverse ledit carrefour (par où nous repasserons en repartant, histoire de mettre en boîte la photo de circonstance) et nous nous retrouvons 500 mètres plus loin, à ne pas comprendre ce qu’il vient de nous arriver. Surtout que la ville, malgré notamment les différents marqueurs du Mississippi Blues Trail se montre sous un jour particulièrement tristounet avec ce mauvais temps (« un vent à décorner les bœufs », comme dirait Cédric Janet) et le fait que la période la plus touristique vient de se terminer.
Bien sûr, les juke joints sont bien là, même si l’on se demande parfois vu leur apparent état de délabrement comment ils tiennent encore debout, mais ce qui frappe surtout c’est le nombre absolument hallucinant d’endroits fermés ou à vendre, mais aussi la recrudescence de maisons éventrées, partiellement en ruines ou ayant brûlées tout ou partie…
Clairement, la population locale ne roule pas sur l’or et il est assez étrange de constater le décalage entre la volonté d’une minorité à garder ce lieu vivant et vibrant, ce jour-là pour seulement le plaisir d’une demi-douzaine de touristes seulement croisés en quasiment autant d’heures (!!), et le décalage évident avec les goûts de la majorité des locaux (hip hop à fond les ballons depuis leur gros pick-up trucks, etc.)…

Notre balade sera sauvée par un joli son de guitare en provenance du trottoir devant le mythique Cat Head Delta Blues & Folk Art, et nous y retrouvons Kevin Brown, un bluesman anglais que nous avions défendu (car bien sûr il mérite bien !) dans Crossroads magazine, notamment avec son album « Mojave Dust », à l’époque paru en France chez Dixiefrog.
Nous parlons bien sûr musique, puis la conversation se déplace vers des considérations beaucoup plus écologiques, tout en restant forgées dans le plus irréprochable des positivismes et Kevin nous décrit sa vision des années à venir et de la « génération solaire », comme il l’appelle, le tout en s’adressant bien sûr majoritairement à Dimi, car cette génération sera la sienne.
Nous décidons de le filmer et de l’enregistrer et faisons un bref aller-retour à la voiture pour récupérer notre matériel. Il nous joue un morceau de son nouvel album (que vous pouvez découvrir sous sa photo ci-après), à paraitre mi-novembre, sur son propre label désormais, et nous en offre un exemplaire (l’album s’intitule « Six strings and a dream », tout est dit !), car il recherche des collaborateurs intéressés par la mise en images à la fois de sa musique et de sa vision. Je remarque le dernier titre de l’album, « Clarksdale » et lui dis sans même donc avoir entendu ce morceau ni les autres, que je veux bien lui faire ce clip-là. Parce que nous retrouver lui et moi, à cet endroit précis, alors qu’en temps normal seulement quelques centaines de kilomètres nous séparent, est le plus limpide des signes…

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We lost 20 degrees in two days and when we get to Clarksdale, the original crossroads, the one of Robert Johnson and the Faustian legend that goes with it, the weather is so bad that I don’t even realize I’m crossing that crossroad (where we’ll go again when we leave, just to take the picture) and we find ourselves 500 meters further on, not understanding what happened to us. Especially since the city, despite the various markers of the Mississippi Blues Trail in particular, is showing itself in a particularly sad light with this bad weather (a wind of madness !) and the fact that the tourist period has just ended. 
Of course, the juke joints are there, even if one sometimes wonders how they still stand, but what strikes one most is the absolutely incredible number of closed places or places for sale, but also the recrudescence of gutted houses, partially in ruins or having burned all or part of them… 
Clearly, the local population is not livin’ high on the hog and it is rather strange to note the gap between the willingness of a minority to keep this place alive and vibrant, on that day for the pleasure of only half a dozen tourists crossed in almost as many hours (!!!), and the obvious gap with the tastes of the majority of locals (loud hip hop coming out of their big pickup trucks, etc…).

Our walk will be saved by a nice guitar sound coming from the sidewalk in front of the mythical Cat Head Delta Blues & Folk Art, where we find Kevin Brown, an English bluesman that we had defended (because of course he deserves well!) in Crossroads magazine, especially with his album « Mojave Dust », at the time released in France by Dixiefrog. 
We talk about music, of course, then the conversation moves towards much more ecological considerations, while remaining forged in the most irreproachable positivism and Kevin describes his vision of the coming years and the « solar generation », as he calls it, while of course addressing Dimi for the most part, because this will be his generation, not ours. 
We decide to film and record him and make a brief return walk to the car to pick up our equipment. He plays us a track from his new album (which you can discover under his picture a little higher), to be released in mid-November, on his own label from now on, and offers us a copy (the album is called « Six strings and a dream », everything is said!), because he is looking for collaborators interested in putting his music and his vision into images. I noticed the last track of the album, « Clarksdale » and told him without even having heard this track or the others, that I would like to make him this clip. Because finding each other, in this particular place, when normally only a few hundred kilometers separate us, is the clearest sign…

 


 

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Day 10 – Mile 1262
(Grenada Lake, Mississippi)

Parfois, il est indispensable de se ressourcer et rien de tel qu’une balade hors de tout et de tous (et même du temps). En apprenant que ce serait notre dernier jour de grand beau temps (et de chaleur, en tout cas, avant… Death Valley), nous avons décidé de ne pas assister à la seconde journée du Mississippi John Hurt Homecoming Festival, celle consacrée au gospel (qui, je l’avoue, n’est pas spécialement un genre que j’affectionne) et à la place de nous fondre dans le décor, et ce décor ça allait être celui du lac Grenada tout proche (nous dormons à Grenada, deux nuits de suite).
Le lac n’est qu’à une poignée de miles de la ville et, alors donc que nous vivons sans doute le dernier dimanche ensoleillé et chaud de la saison (effectivement un gros orage allait s’abattre dans la nuit, faisant chuter les températures de 10 degrés celsius !), pas une voiture sur le grand parking, rien, personne ! Un panneau indiquant que la route menant au débarcadère est fermée n’a même pas été enlevé (depuis sans doute les inondations de fin septembre) et plus loin une route est encore fermée sans raison apparente !… Pour le reste, je vous laisse vous immerger dans cette seule photo, pour comprendre à quel point l’après-midi fut régénérante. 

Sometimes, it is essential to recharge your batteries and there is nothing like a walk out of everything and everyone (and even time) for that. When we learned that this would be our last day of great sunshine (and heat too, before… Death Valley), we decided not to attend the second day of the Mississippi John Hurt Homecoming Festival, dedicated to gospel (which, I admit, is not especially a genre I like) and instead to blend into the scenery, and this scenery would be the one of nearby Lake Grenada (we sleep in Grenada, two nights in a row). 
The lake is only a few miles from the city and, so while we are probably living the last sunny and hot Sunday of the season (indeed a big rainstorm was going to fall in the night, causing temperatures to drop by 10 degrees Celsius!), not a car in the big parking lot, nothing, nobody! A sign indicating that the road leading to the landing is closed has not even been removed (probably since the floods at the end of September) and further on another road is still closed for no apparent reason!… For the rest, I let you immerse yourself in this one picture, to understand how regenerating the afternoon was. 

 


 

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Day 9 – Mile 1231
(Carrollton, Mississippi, John Mississippi Hurt Homecoming Festival)

Nous devions partir tôt de Natchez et avions réglé le réveil sur 7h. Tant et si bien qu’à 8h30 pétantes, nous sommes déjà en route. Nous repartons de Natchez en poursuivant plus au nord par la Highway 61, toujours aussi agréable à emprunter, mais poursuivons ensuite avec une succession de routes de plus en plus petites, dont bon nombre sont bordées d’immenses champs de coton, pour terminer notre course par 4 ou 5 kilomètres de chemin accidenté et serpentant, de terre rougeâtre, au milieu d’une forêt dense, mais pas totalement inhabitée, sans l’aide de notre GPS (plus de réseau du tout !), avec simplement après un bon tiers de chemin parcouru environ une minuscule pancarte (format A4) plantée là pour rassurer ceux qui, comme nous, ne sont plus trop certains d’être sur le bon chemin. 

Plus loin, délivrance, l’horizon se dégage côté gauche de la « route » et nous arrivons enfin sur l’ancienne « propriété » (propriété est un bien grand mot si l’on se réfère à l’habitation, même reconstruite au mieux de l’identique par la Mississippi John Hurt Foundation. L’organisation du festival qui se tient ici ce week-end en hommage à Mississippi John Hurt et sous le haut patronage de Taj Mahal est parmi les plus relax que j’ai rencontrées dans ma vie ! On me demande si nous avons acheté ou réservé des tickets, je réponds qu’on nous a attribué deux passes médias et, sans même que je décline mon identité, on me donne les deux bracelets correspondants, et avec le sourire en plus !
Nous nous garons, il y a déjà beaucoup de monde (pour un tel endroit, mais j’apprendrai plus tard que l’an dernier une centaine de personnes avaient le déplacement, aujourd’hui j’en ai compté facilement deux fois plus !) et nous sommes comme aspirés par l’ancienne baraque du guitariste au chapeau et à l’immuable sourire. Nous entrons, contemplons tout ce que les deux premières pièces comportent de souvenirs, photos, guitares, meubles, disques, etc., puis entendons Mary Frances Hurt, sa petite fille, depuis la troisième et dernière pièce au fond de la maison. Nous y entrons et l’écoutons pendant une bonne demi-heure nous parler, souvent la larme à l’œil, de son grand-père et de la bénédiction de voir des gens du monde entier converger ici pour lui rendre hommage. Conversation bien sûr enregistrée pour plus tard…

Nous ressortons car je reconnais le style (et l’humour) caractéristique(s) de Dom Flemons, un multi-instrumentiste à la fois porté sur le Piedmont Blues, l’american ol’ time music et tout ce que le country blues de néo-traditionnaliste a pu charrier de bonne musique ces deux dernières décennies, un Grammy et de nombreux autres prix à la clef, que nous avions défendu à de nombreuses reprises dans Crossroads. Son dernier album est paru sur Smithsonian Folkways, le label de la prestigieuse Smithsonian Institution dans le cadre de son tout aussi prestigieux « Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage », ce qui en dit long sur le sérieux de la chose !…
Lui succéderont Piedmont Blūz en version duo acoustique, Jim Kweskin (que nous entendrons de loin, car nous sommes un peu plus loin, à l’abri des grands arbres, en train de goûter le BBQ confectionné par Mary Frances elle-même —et d’autres membres de la famille Hurt et d’amies), puis les deux gros morceaux : un Guy Davis particulièrement en forme et un Taj Mahal particulièrement en voix ! Sous les quelques photos du concert quelques extraits audio enregistrés par nos soins (sans Kweskin donc). À noter également des conversations animées et passionnantes avec Dom Flemons puis Guy Davis, que je ressortirai de mon chapeau (acheté à New Orleans) le moment venu !…

We had to leave Natchez early and set the alarm clock for 7am, so that at 8:30 sharp, we are already on our way. We leave Natchez by continuing further north on Highway 61, still as pleasant to drive, but then we continue with a succession of smaller and smaller roads, many of which are bordered by huge cotton fields, to finish our race by 2 or 3 miles of rough and winding path, reddish earth, in the middle of a dense, but not totally uninhabited forest, without the help of our GPS (no network at all!), with just around a third of the way down the road, a tiny sign (A4 format) standing there to reassure those who, like us, are no longer so sure that they are on the right track.

Further on, kind of a deliverance, the horizon emerges on the left side of the « road » and we finally arrive on the old « property » (property is a very big word if we refer to housing, even if it is rebuilt in the best of the identical by the Mississippi John Hurt Foundation. The organization of the festival here this weekend in honour of Mississippi John Hurt and under the high patronage of Taj Mahal is among the most relaxed I have ever met in my life! I am asked if we have bought or booked tickets, I answer that we have been given two media passes and, without even stating my identity, I am given the two corresponding bracelets, and with a bonus smile !
We park, there are already a lot of people (for such a place, but I will learn later that last year about a hundred people made it, today I easily counted twice as many!) and we are like sucked into the old guitarist with a hat and an immutable smile)’s house. We enter, contemplate everything that the first two rooms contain : memories, photos, guitars, furniture, records, etc., then we hear Mary Frances Hurt, her granddaughter, from the third and last room at the back of the house. We go in and listen to her for a good 30 minutes, often with tears in her eyes, talk about her grandfather and the blessing of seeing people from all over the world converge here to pay tribute. Conversation of course recorded for later….

We stand out because I recognize the characteristic style (and humour) of Dom Flemons, a multi-instrumentalist who plays Piedmont Blues, American ol’ time music and everything good music that neo-traditionalist country blues has been able to bring over the past two decades, a Grammy and many other awards in pocket, and whom we had defended on many occasions with Crossroads magazine. His latest album was released on Smithsonian Folkways, non profit record company of the prestigious Smithsonian Institution as part of its equally prestigious « Smithsonian Center for Folklife and Cultural Heritage », which says a lot about the seriousness of the matter!
He will be followed onstage by Piedmont Blūz in an acoustic duo version, Jim Kweskin (whom we will hear from afar, because we are a little further away, sheltered from the tall trees, tasting the BBQ made by Mary Frances herself —and other members of the Hurt family and friends), then the two big pieces: a Guy Davis particularly in shape and a Taj Mahal particularly in voice ! Below the few photos from the concert some audio excerpts recorded by us (without Kweskin therefore). Also noteworthy are lively and exciting conversations with Dom Flemons and then Guy Davis, which I will take out of my hat (bought in New Orleans) when the time comes!…

 


 

Day 8 – Mile 1012
(Natchez, on the banks of the Mississippi River)

Nous quittons un peu à contrecœur NOLA, mais avec l’impression que nous allons y repasser avant la fin de notre périple, puisque celui-ci, encore en légère mutation, va finalement former une espèce de boucle, à peu à la manière de nous autres êtres soit-disant humains qui reprenons une position foetale en fin de vie. En tout cas, une chose est certaine, nous redécollerons de là où nous sommes arrivés (Dallas Fort Worth) et il est fort à parier que nos deux premières étapes importantes (Austin et New Orleans) seront également les deux dernières sur le chemin du retour, même si originellement ça n’était pas spécialement prévu.
Bref, direction Natchez, via tout d’abord Baton Rouge et l’Interstate 10 West, toujours bien rectiligne au beau milieu d’un enchevêtrement d’autoroutes qui filerait presque le tournis, dont une petite portion surélevée au-dessus de la partie la plus au nord du marais Atchafalaya, ce qui nous permet de dire un au revoir sans doute aussi provisoire à cet endroit tant magique que magnétique qu’est le bayou profond louisianais.

C’est à Baton Rouge que démarre la fameuse Highway 61, fièrement indiquée comme « The Blues Highway ». Ça n’est pas en France que nous verrions ça, ou alors peut-être « la route des bals musette » sponsorisée par Pastis 51 ou « aux origines de l’accordéon », un périple à faire en déambulateur dans un grand couloir bleu ciel peuplé de blouses blanches ?… Peu avant ce panneau d’entrée sur la 61 s’en trouve un autre, au moment où nous basculons dans notre troisième état, tout aussi bon éclaireur des prochaines journées, avec un joli et très parlant « Welcome to Mississippi, birthplace of America’s music » écrit dessus…
Je ne sais pas si c’est de prendre la 61 qui procure cet effet, mais dès l’embranchement de cette belle route (un peu vallonnée, à dominante verte, souvent bordée d’arbres —la superbe forêt Homochitto n’est pas loin—, large et lumineuse) l’on ressent comme une sensation assez inexplicable de liberté, sans doute surmultipliée par le fait que la plupart des véhicules ont subitement disparu de nos lignes radar au nord de Baton Rouge, au moment des dernières bifurcations aussi bien côté ouest que côté est. Pour nous, ce sera plein nord, mais avec toujours ce soleil implacable (37 degrés au compteur de la voiture !)…

Nous arrivons à Natchez en début d’après-midi et le ton est donné par un panneau en entrée de ville qui annonce que le coin est idéal pour… y passer sa retraite !… Bon, au-delà des maisons de retraite, que nous n’avons ni cherché à voir ni donc vues, la particularité architecturale de Natchez est qu’on y trouve un grand nombre de bâtisses dites du style Antebellum (comprendre avant-guerre, la guerre en question étant la guerre de sécession), bref de superbes baraques dont les propriétaires étaient des gens ayant gentiment profité de l’esclavage, et qu’on peut visiter pour la bagatelle de 20 dollars par personne (!!), avec à chaque fois un parking relativement grand attenant et même la petite boutique de souvenirs qui va bien avec.
Bon, vous vous doutez bien qu’on ne mange pas de ce pain-là, même dans cet état où l’on trouve des églises à chaque coin de rue ou presque (rapport à la multiplication des pains, vous voyez ? Oui, bon, on a tous droit à nos moments de fatigue, disons que cette mauvaise blague servira à fêter notre premier millier de miles parcouru !) et que notre petit tour des jolies maisons blanches de cette ancienne colonie française, la plus ancienne sur les rives du Mississippi, nous l’avons fait essentiellement en voiture, les distances entre chaque propriété étant tout de même assez conséquentes.

Par contre, les bords du Mississippi, nous avons tenu à les faire à pied, même sans l’ombre d’une ombre et avec un soleil qui cognait vraiment super fort, à vous faire suer Goof et mini-Goof de concert. Pour me récompenser, tadam, au bout de peut-être deux kilomètres de balade, bien posé proprement sur une barrière au milieu de nulle part… un jean’s Levi’s 501 pile à ma taille ! Moi, qui avait décidé de n’en prendre qu’un (déjà que nos valises frôlaient la limite autorisée, mais surtout ne pouvait plus accueillir la moindre chaussette) pour justement profiter de la recrudescence des magasins de la marque ici pour m’en acheter un second. Franchement, les probabilités que je « trouve » un jean’s pile à ma taille à très précisément 7652 kilomètres de chez moi doivent avoisiner le zéro pointé. J’y ai donc vu un signe, reste à savoir lequel. En attendant, le jean’s est dans la voiture, il attend patiemment que nous reprenions la route demain, direction Carrollton, pour le Mississippi John Hurt homecoming…

 

We leave NOLA a little reluctantly, but with the impression that we will come here again before the end of our journey, since it will finally form a kind of loop, little by little in the same way as we so-called human beings who return to a foetal position at the end of our lives. In any case, one thing is certain, we will take off again from where we arrived (Dallas Fort Worth) and it is likely that our first two important legs (Austin and New Orleans) will also be the last two on the way back, even if it wasn’t originally planned. 
In short, direction Baton Rouge, via Interstate 10 West, always straight in the middle of a tangle of highways that would almost spin, including a small elevated portion above the northernmost part of the Atchafalaya swamp, which allows us to say a temporary goodbye to this magical and magnetic place that is the deep Louisiana bayou. 

Baton Rouge is the starting point for the famous Highway 61, proudly known as « The Blues Highway ». We wouldn’t see this in France, or perhaps « the route of the musette balls » sponsored by Pastis 51 or « the origins of the accordion », a journey to be made on a walker in a large sky blue corridor populated by white coats?… Shortly before this entrance panel on the 61 is another one, just as we switch to our third state, just as good a scout for the coming days, with a pretty and very telling « Welcome to Mississippi, birthplace of America’s music » written on it…
I don’t know if it’s to take the 61 that gives this effect, but as soon as you get off this beautiful road (a little hilly, predominantly green, often lined with trees —the superb Homochitto national forest is not far away—, wide and bright) you feel like you have a pretty unexplainable feeling of freedom, probably overdone by the fact that most of the vehicles have suddenly disappeared from our radar lines north of Baton Rouge, at the moment of the last forkings on both west and east sides. For us, it will be due north, but with always this implacable sun (98 degrees on the car’s counter !)….

We arrive in Natchez in the early afternoon and the tone is set by the entrance city sign announcing that the area is ideal for… spending one’s retirement there !… Well, beyond the retirement homes, which we have neither sought nor seen, the architectural particularity of Natchez is that there are a large number of so-called Antebellum style buildings (to understand before the war, the war in question being the war of secession), in short superb manors (or sort of) whose owners were people who kindly took advantage of slavery, and which can be visited for the 20 dollars per person (!), with each time a relatively large parking lot attached and even the small souvenir shop that goes well with it. 
Well, you can imagine that we don’t eat that bread (sorry Engliss-spoken readers, this one wasn’t for you ! and a kinda correct translation would be « we want no part of it »), even in this state where there are churches on almost every street corner (compared to the multiplication of breads, you see? Yes, well, we all have our moments of fatigue, let’s say that this bad joke will be used to celebrate our first thousand miles covered!) and that our little tour of the pretty white houses of this former French colony, the oldest on the banks of the Mississippi, we did it essentially by car, the distances between each property being quite substantial.

On the other hand, we wanted to walk along the banks of the Mississippi, even without the shade of a shadow and with a sun that was really hitting really hard, to make you sweat Goof and mini-Goof together. To reward me, tadam, after maybe two kilometers of stroll, well placed on a fence in the middle of nowhere… a pair of Levi’s 501 jeans right up to my waist! I, who had decided to take only one (already that our suitcases were close to the authorized limit, but above all could no longer accommodate the slightest sock) to take advantage of the incredible number of the brand’s stores here to buy a second one. Frankly, the odds of me « finding » a pair of jeans right at my waist exactly 7652 kilometres from home must be close to none. So I saw a sign, but the question is which one. In the meantime, the jeans are in the car, patiently waiting for us to hit the road tomorrow, towards Carrollton, for the Mississippi John Hurt homecoming…

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Day 5-6-7 – Mile 811
(New Orleans, Louisiana)

Je n’ai pas donné de nouvelles depuis trois jours, mais nous sommes arrivés comme prévu à New Orleans, NOLA pour les intimes, ou encore « Big Easy » pour ceux habitués à sa vie nocturne bouillonnante forcément à haute teneur et saveur musicales, avant-hier soir, et depuis nous n’avons eu de cesse d’en prendre plein les yeux, plein les oreilles… et aussi plein l’estomac, avec dès le premier soir, un tour d’horizon assez complet de toutes les spécialités culinaires locales, dont je ne vais citer que les principaux noms, qui se suffisent à eux-mêmes : Jambalaya, Gombo, Riz aux haricots rouges (ou l’inverse, je ne sais plus), crevettes à la créole, etc., etc., le tout non loin du légendaire Café du Monde, ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, depuis… 1862, mais avec un public moins guindé et un bon groupe (quoique fatigué, les mecs jouent des plombes et sont payés au chapeau) de jazz & swing, avec un trompettiste ayant la même voix que Louis Armstrong, la figure locale (il a son parc, son aéroport, son stade et plus encore !), même que sur l’incontournable « What a wonderful world », c’était confondant !…
Non loin de là (nous sommes en plein quartier français), le Mississippi, et ses bateaux à vapeur (enfin, plus ou moins, reste à savoir si c’est plutôt moins que plus ou plutôt plus que moins). Nous sommes donc au sud de la ville, avec le nord qui est enclavé par l’immense lac Pontchartrain. Lac Pontchartrain qui a la particularité d’être traversé dans sa verticalité par un double pont, le plus long des États-Unis, ce qui me renvoie à notre impressionnante arrivée, entre Lafayette et Baton Rouge, par le pont Atchafalaya Basin, quatorzième plus long pont au monde, et troisième plus long aux US (29,3 kilomètres !), soit pendant tout ce temps, juste la route, raide comme un piquet, et tout autour et en-dessous : le bayou ! Vraiment imposant, difficilement imaginable tant qu’on ne l’a pas emprunté, mais aussi particulièrement majestueux. Impossible de s’arrêter, bien sûr, et nous ne pourrons que faire des photos par la fenêtre de la voiture… Cette partie de l’autoroute Interstate 10 était si irréelle et captivante que nous avons ensuite bifurqué plein sud, plus profondément dans le bayou (du moins, c’est ce que nous espérions), mais en réalité rien ne justifiait ce détour de quelques dizaines de miles. On ne peut pas gagner à tous les coups…

Nos quartiers pour ces trois jours sont en plein cœur du quartier ô combien coloré du Faubourg Marigny, on peut d’ailleurs difficilement être plus au cœur puisque notre hôtel est pile rue Marigny ! Et à chaque fois que nous décidons de faire les uns ou deux kilomètres qui nous séparent du Vieux Carré Français, ça ne loupe pas : toutes les deux maisons, nous nous arrêtons pour prendre des photos !
La ville dans son ensemble est fidèle à son image, ou en tout cas à l’image que je m’en faisais (première virée en Louisiane pour ma pomme !), à savoir une double facette : un côté un peu toc attrape-touristes d’une part, mais aussi encore une véritable âme pour qui prend la peine et fait l’effort de chercher les bons endroits aux bons moments. Beaucoup de pauvreté également, mais c’est un autre débat, que nous aurons un autre jour, si vous le voulez bien. Au-delà de ça, la vie quotidienne est un spectacle à elle toute seule et pour des gens comme nous habitués aux tristes mines des Parisiens, engranger autant de sourires et de bons mots, à chaque coin de rue, est une véritable cure de jouvence humaniste…

Aujourd’hui, nous avons moins bougé, car il fallait rattraper un peu le retard accumulé côté boulot, dessiner pour Dimi, tester les micro-cravates pour nos interviews à venir, mais aussi recharger les nombreuses batteries de nos équipements tout en déchargeant a contrario les différentes cartes vidéo, photo et même audio. À ce propos, en décortiquant nos enregistrements faits à Austin, nous avons craqué sur deux morceaux instrumentaux (dont une… nan mais je vous laisse découvrir ça !), que j’ai décidé d’inclure dans ce blog (allez voir plus bas, sous la photo en noir et blanc de Van Wilks et Josh Smith, si ça vous plait, nous réitérerons dès que nous aurons d’autres enregistrements dignes de ce nom en boite)…
Demain matin, nous allons commencer à remonter le Mississippi et avec lui la route du Blues car bien sûr c’est à New Orleans que tout a réellement débuté. Nous devrions être à Baton Rouge pour le déjeuner et à Natchez, notre étape du soir, avant le milieu d’après-midi, mais bon, c’est bien connu, demain est un autre jour !…

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You haven’t heard from us in three days, but we arrived as planned in New Orleans, NOLA for the intimate, or « Big Easy » for those who are used to his lively night life, which inevitably has a high musical content and flavour, the day before yesterday evening, and since then we have never ceased to amaze our eyes, ears… and also our stomachs, with from the first evening, a fairly complete overview of all the local culinary specialities, from which I will only mention the main names, clearly sufficient in themselves: Jambalaya, Gombo, rice with red beans (or the other way around, I don’t know), Creole shrimps, etc., etc., all not far from the legendary Café du Monde, open 24/7 since… 1862, but with a less stuffy audience and a good band (although tired, the guys play hard and for tips) of jazz & swing, with a trumpeter having the same voice as Louis Armstrong, the local figure (he has his park, his airport, his stadium and more!), especially on the inevitable « What a wonderful world », it was amazing!….
Not far from there (we are in the middle of the French Quarter), the Mississippi, and its steamboats (well, more or less, it remains to be seen whether it is less than more or more than less). We are therefore to the south of the city, with the north enclosed by the immense Lake Pontchartrain. Lake Pontchartrain which has the particularity of being crossed in its verticality by a double bridge, the longest in the United States, which reminds me of our impressive arrival, between Lafayette and Baton Rouge, by the Atchafalaya Basin bridge, the fourteenth longest bridge in the world, and the third longest in the United States (18,2 miles!), that is to say during all this time, just the road, stiff as a board, and all around and below: the bayou ! Really imposing, difficult to imagine until you’ve actually goes there, but also particularly majestic. Impossible to stop, of course, and we can only take pictures through the car window… This part of the Interstate 10 highway was so unreal and captivating that we then turned south, deeper into the bayou (at least that’s what we hoped), but in reality there was no justification for this detour of a few dozen miles. You can’t win every time….

Our headquarters for these three days are in the heart of the very colourful district of Faubourg Marigny, it is hard to be more in the heart since our hotel is right on rue Marigny! And every time we decide to drive the one or two kilometres that separate us from the Vieux Carré Français, we can’t help it : every two houses, we stop to take pictures!
The city as a whole is faithful to its image, or at least to the image I was making of it (first trip to Louisiana for me, myself and I !), namely a double facet: a little bit of a tourist catcher on one hand, but also a real soul for whom takes the trouble and makes the effort to look for the right places at the right times. A lot of poverty too, but that is another debate, which we will have another day, if you don’t mind. Beyond that, daily life is a spectacle on its own and for people like us used to the sad faces of Parisians, gathering so many smiles and good words on every corner of the street is a real cure of humanist rejuvenation…

Today, we have less moved, because we had to catch up a little bit on the work side, draw for Dimi, test the micro ties for our future interviews, but also recharge the many batteries of our equipment while unloading a contrario the different video, photo and even audio cards. By the way, by dissecting our recordings made in Austin, we cracked on two instrumental tracks (one of them… no, but I’ll let you discover it!), which I decided to include in this blog (see below, under the black and white photo of Van Wilks and Josh Smith, if you like that we’ll repeat as soon as we have in the box more recordings worthy of the name)…
Tomorrow morning, we’ll start going up the Mississippi and with it the Road of the Blues because of course it was in New Orleans that everything really started. We should be in Baton Rouge for lunch and in Natchez, our evening stopover, before mid-afternoon, but it’s well known that tomorrow is another day!…

 

 

 


 

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Day 4 – Mile 314
(The Chicken Ranch ruins, La Grange, Texas, sep 30, 1pm)

Lorsque, quelques jours avant de partir, j’avais regardé un peu plus en détails sur la carte différents itinéraires, j’avais remarqué La Grange pile sur notre route d’Austin jusqu’à Lafayette et, alors même que je savais que la façade du mythique Chicken Ranch, ainsi qu’une bonne partie de son mobilier, avaient été rachetés par deux avocats de Houston  (et alors même que des clients non avertis de la fermeture du lieu par la police, continuaient d’affluer !), qui les avaient déplacés jusqu’à Dallas où ils avaient ouvert un restaurant du même nom, avec même la dernière tenancière en date, Edna Milton, pour accueillir les clients, je m’étais dit que le détour ne nous coûterait que quelques minutes et que le célèbre morceau de ZZ Top inspiré de cet endroit les valait largement.
Bien sûr, nous avons en réalité arpenté la petite route vallonnée dans les deux sens, avant de trouver enfin le lieu, que nous n’avons pas vraiment pu approcher. Bien sûr, en temps normal, je me serais permis de passer la grosse barrière et de faire fi de son énorme cadenas, mais je ne sais pas, quelque chose me disait que dans cette partie du globe où beaucoup ont la gâchette facile, photographier trois bouts de mur brinquebalants d’un peu plus près n’en valait pas la peine.
Le Chicken Ranch était un bordel établi au début du XXème siècle par une certaine miss Jesse Williams et toléré jusqu’en 1973 alors qu’en permanence à l’extrême limite de la frontière des lois en vigueur dans la région, jusqu’à ce qu’une enquête du Texas Department of Public Safety ne découle sur une fermeture provisoire (novembre 1972), bientôt suivie donc d’une fermeture définitive.

Il nous reste plus de 300 miles à avaler jusqu’à Lafayette et nous repartons… C’est notre première traversée d’une frontière d’un état vers un autre et, bien que j’ai déjà beaucoup bourlingué par le passé dans le pays, je n’avais jamais vécu cette transition-là, du Texas à Louisiane… et c’est sans doute la plus cinglante qui soit, les deux états ne partageant finalement que leurs conditions météo (il fait chaud, très, 35-36 degrés, et le climat est particulièrement humide). Pour le reste, et sans vouloir en tartiner davantage avec des clichés, nous basculons d’une Amérique aux dents (et au reste) bien blanches à des contrées pas même encore totalement remises de l’ouragan Katrina, même si New Orleans (où nous serons demain) est encore loin. Les différences d’entretien des infrastructures sautent immédiatement au visage, de l’immaculé au rouillé un peu crade… Moi, ça me va, j’adhère plus que moyennement à la conception de l’immaculé !
Nous prenons nos quartiers d’un soir, une maison typique créole dans un quartier (assez) défavorisé de Lafayette, une ville visiblement écartelée entre sa culture cadienne toujours très prégnante et une modernité certes un peu moins galopante qu’à certains endroits mais dont on sent l’emprise en devenir et fêtons notre arrivée dans l’état gastronomique par excellence, autour de deux douzaines de grosses crevettes pimentées. 

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When, a few days before leaving, I had looked in a little more detail at different routes on the map, I noticed La Grange precisely on our road from Austin to Lafayette and, even though I knew the facade of the mythical Chicken Ranch, as well as much of its furniture, had been bought by two Houston lawyers (and even though clients who were not informed of the closing of the place by the police, were still coming in!), who had moved them to Dallas where they opened a restaurant of the same name, with even the latest manager, Edna Milton, to welcome customers, I thought that the detour would only cost us a few minutes and that the famous ZZ Top song inspired by this place was well worth it.
Of course, we actually walked the small hilly road in both directions, before finally finding the place, which we could not really approach. In normal times, I would have taken the liberty of crossing the big fence and ignoring its huge padlock, but I don’t know, something told me that in that part of the world where many are trigger-happy, photographing three pieces of brinquebalant wall a little closer was not worth it.

The Chicken Ranch was a brothel established at the beginning of the 20th century by a certain Miss Jesse Williams and tolerated until 1973 when it was permanently at the extreme borderline of the laws in force in the region, until an investigation by the Texas Department of Public Safety resulted in a temporary closure (November 1972), soon followed by a permanent closure.

We still have over 300 miles to go to Lafayette and we leave… It’s our first time crossing a border from one state to another and, although I’ve already traveled a lot in the country in the past, I’ve never experienced this transition, from Texas to Louisiana… and it’s probably the most bitter transition ever, the two states finally sharing only their weather conditions (it’s hot, very, 94-96 degrees, and the climate is particularly humid). For the rest, and without wanting to spread it further with clichés, we are shifting from a white-toothed America (and all the rest of it white as well) to countries not even totally overwhelmed by Hurricane Katrina, even if New Orleans (where we will be tomorrow) is still far away. The differences in infrastructure maintenance immediately jump to the face, from the immaculate to the rusty, a little dirty… I am fine with that, on the other hand I adhere more than moderately to the design of the immaculate!
We take our one-night stands, a typical Creole house in a (fairly) disadvantaged district of Lafayette, a city visibly torn between its still very strong Cajun culture and a modernity that is certainly a little less galloping than in some places but whose influence is felt in the making and we celebrate our arrival in the gastronomic state par excellence, around two dozen of spicy big shrimps.

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Day 3 – Mile 247
(Buck’s Backyard, Buda, Texas, sep 29, 11.30am)

La personne qui doit accompagner Van Wilks à son concert (qu’il présente d’emblée comme une « expérience », puisqu’il s’agit d’une salle qui ne propose jamais de concert à midi le dimanche, mais se le tenterait bien, et donc se le tente, avec Van comme sujet d’expérimentation consentant, en version duo acoustique, accompagné de Josh Smith, un type super sympa —et excellent musicien— mais pas exempt de défauts puisque ardent fan du PSG —euh oui oui, je fais des parenthèses plus longues que le reste de mes phrases si je veux !) est retardée, nous mettons ses guitares, effets et tout le reste dans notre bagnole de location et filons jusqu’à Buda, à une vingtaine de minutes de chez lui.
Le lieu est immense (le Texas, quoi !), avec également une grande scène dehors et… particulièrement désert(é & ique) (nous sommes pour l’instant… quatre ! Moi, Dimi, Lisa et la tante de Josh, LeAnn.
Van ne le sentait pas trop, et il avait raison sur toute la ligne. Pas grand-monde pour se plaindre, de toute manière, et certainement pas nous autres, les « french guys » comme on commence à nous appeler, surtout que non seulement nous profitons d’un chouette concert à deux guitares (avec notamment une belle version instrumentale du « No Expectations » des Stones, Stones dont ils reprendront aussi « Mercy Mercy » —dont on entendra plus tard dans la journée, une autre très bonne version, par Chicken Strut), mais en plus nous en profitons pour tester notre enregistreur audio Tascam (énorme son !)…

Nous repassons déposer tout notre matériel respectif, puis Van nous conduit jusqu’à l’historique Scoot Inn (nous en profitons pour écouter la première moitié de son dernier album, 21st Century Blues, une petite merveille de blues hard rock honteusement même pas distribuée en France), la plus ancienne brasserie du centre du Texas fondée en 1871, où nous laissons notre voiture, pour nous installer à l’arrière de la sienne et le laisser être notre guide d’un après-midi, histoire de vérifier si Austin, la ville aux plus de 250 salles de concerts, mérite toujours son surnom de « capitale mondiale de la musique live ».
Franchement, même si comme à d’autres endroits dans le pays (oui, c’est mon côté devin, je vous raconte déjà ce qui va se passer dans quelques jours ou semaines, mais j’espère ne rien vous divulgacher —ah, que j’adore ce mot : divulgacher ! Les Québecois sont quand même forts côté vocabulaire), certaines rues sont devenues clairement des enfilades d’attrape-touristes, l’ambiance reste tout de même particulièrement musicale si l’on prend la peine de faire du tri. Et rien de mieux pour faire pareil tri qu’un guide local du calibre de Van Wilks !…
Nos oreilles sont attirées par le son de Chicken Strut, depuis le Güero’s Oak Garden et il s’avère que Van est pote avec le clavier avec lequel il joue de temps à autre, ainsi que le guitariste (un sosie d’un bon ami, Fabrice, à qui je m’empresse d’envoyer une photo). Forcément, il lui en faut moins pour monter sur scène et nous le retrouvons, guitare en bandoulière, pour deux ou trois reprises bien frappées.
Dans la foulée, changement d’ambiance totale avec The Irish Invasion au Saxon Pub… Bon, déjà, j’espère que vous appréciez l’ironie d’avoir un groupe s’appellant The Irish Invasion dans un… Saxon Pub ! Irish Invasion sans son violon attitré, mais avec l’exceptionnel Rich Brotherton (par ailleurs gâchette attitrée de Robert Earl Keen) à la guitare et au banjo. Au passage, une reprise particulièrement bien troussée de « A Man Is In Love », un morceau des Waterboys extrait de l’album Room To Roam. Après le concert, Van présente à Dimi une connaissance à lui, qu’il présente comme un « artiste ». Le gars dont j’ai totalement oublié le nom, mais pas oublié de l’oublier par contre, fait mine de s’intéresser au travail de Dimi (qui a photographié pas mal de ses dessins avant de partir), mais en fait n’a qu’une envie : nous montrer ses « œuvres » à lui et nous bourrer le mou avec ses histoires de prières, d’anges, de réconciliation de l’homme avec l’humanité alors qu’il gravit une montagne d’écueils… Enfin, voilà, j’écoute d’une demi-oreille et bifurque finalement pour profiter des souvenirs de tournées de Van et Rich.

De toute façon, il est l’heure de nous ramener au Scoot Inn, car ce soir joue The White Buffalo, le groupe que j’écoute le plus dernièrement, et indiscutablement celui que j’avais le plus envie de voir sur scène. Ils se présenteront en trio, ce qui me fait craindre un son trop éthéré, le groupe étant tout de même assez adepte d’un néo-folk tortueux et ombragé (pour ceux qui ne connaissent pas, vous pouvez prendre la B.O. d’Into The Wild par Eddie Vedder, et lui rajouter trois bonnes louches d’inspiration de génie !), alors qu’en fait… la formule à trois est totalement explosive et addictive ! Jake Smith (puisque The White Buffalo, c’est d’abord et surtout Jake Smith, sa voix, sa carrure, ses textes, ses compos) est même quelqu’un de particulièrement souriant et drôle, à des années-lumière du mec torturé que je m’attendais à voir. C’est bien simple, par bien des aspects, j’ai beaucoup pensé aux Violent Femmes (un bassiste virtuose, un batteur virevoltant, un leader charismatique qui aimante le public) et tout comme les Violent Femmes, The White Buffalo est une incroyable machine de guerre sur scène. À noter la première partie (nous sommes arrivés pour les trois derniers morceaux) plus que correct de L.A. Edwards, ce qui nous aura quand même fait six formations live en une demi-journée, pas mal pour un dimanche où, selon les dires des musiciens locaux, il ne se passe pas grand-chose à Austin !…

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The person who must accompany Van Wilks to his concert (which he immediately presents as an « experience », since it is a venue that never offers a concert at noon on Sundays, but would be tempted, and therefore tempt it today , with Van as a consenting subject of experimentation, in acoustic duo version, accompanied by Josh Smith, a super nice guy —and great musician— but not without defects since ardent PSG fan -uh yes yes, I make longer parentheses than the rest of my sentences if I want!) is delayed, we put his guitars, effects and everything else in our rental car and drive to Buda, about 20 minutes from his house. 
The place is huge (Texas, what!), with also a big stage outside and… particularly deserted (& ic) (we are for the moment… four! Me, Dimi, Lisa and Josh’s aunt, LeAnn. 
Van didn’t feel it too much, and he was right all along. Not many people to complain, anyway, and certainly not us, the « French guys » as we are starting to be called, especially since not only do we enjoy a great concert with two guitars (with notably a beautiful instrumental version of the « No Expectations » of the Stones, Stones from which they will also cover « Mercy Mercy » – that we will hear later today another very good version, by Chicken Strut), but also we take the opportunity to test our audio recorder Tascam (huge sound!)…

We drop off all our respective equipment again, then Van drives us to the historic Scoot Inn (we take this opportunity to listen to the first half of his latest album, 21st Century Blues, a little wonder of hard rock blues shamefully not even distributed in France), the oldest brewery in central Texas founded in 1871, where we leave our car, to settle at the back of his and let him be our guide for an afternoon, to check if Austin, the city with more than 250 concert venues, still deserves its nickname as the « Live music capitol of the world ». 
Frankly, even if, as in other places in the country (yes, it’s my diviner’s side, I’m already telling you what’s going to happen in a few days or weeks, but I hope I don’t « divulgache » anything to you -ah, that I love this word: divulgache! Quebecers are still strong to put fun in vocabulary —and sorry for my non French speaking readers, this one ain’t for you !), some streets have clearly become strings of tourist catchers, the atmosphere remains particularly musical if you take the time to sort through them. And there’s nothing better to do such a selection than a local guide of Van Wilks’ caliber!….. 
Our ears are attracted by the sound of Chicken Strut, from Güero’s Oak Garden and it turns out that Van is buddy with the keyboard he plays with from time to time, as well as the guitarist (a double of a good friend, Fabrice, to whom I hasten to send a picture). Obviously, he needs less to get on stage and we find him, guitar slung over his shoulder, for two or three well-punched covers. 
In the meantime, total change of atmosphere with The Irish Invasion at the Saxon Pub… Well, already, I hope you enjoy the irony of having a band called The Irish Invasion in a… Saxon Pub! Irish Invasion without its official violin, but with the exceptional Rich Brotherton (Robert Earl Keen’s official trigger) on guitar and banjo. By the way, we can hear a particularly well-packed cover of « A Man Is In Love », a Waterboys song from the Room To Roam album. After the concert, Van introduces Dimi to an acquaintance of his own, whom he introduces as an « artist ». The guy whose name I totally forgot, but didn’t forget to forget it though, pretends to be interested in Dimi’s work (who photographed a lot of his drawings before leaving France), but in fact has only one desire: show us his « works » of his and stuff us with his stories of prayers, angels, reconciliation of man with humanity as he climbs a mountain of pitfalls… Finally, here I am, listening half an ear and finally forks off to enjoy the memories of Van and Rich’s tours.

Anyway, it’s time to take us back to the Scoot Inn, because tonight is playing The White Buffalo, the band I’ve been listening the most recently, and definitely the one I wanted to see on stage. They will present themselves as a trio, which makes me fear a too ethereal sound, the band being nevertheless quite adept at a tortuous and shaded neo-folk (for those who don’t know, you can take the soundtrack of Into The Wild by Eddie Vedder, and add three good ladles of genius inspiration to it!), when in fact… the three-part formula is totally explosive and addictive! Jake Smith (since The White Buffalo is first and foremost Jake Smith, his voice, his build, his lyrics, his compositions) is even someone particularly smiling and funny, light years away from the tortured guy I met.
It’s quite simple, in many ways, I’ve thought a lot about the Violent Women (a virtuoso bassist, a whirling drummer, a charismatic leader who captivates the audience) and just like the Violent Women, The White Buffalo is an incredible war machine on stage. To note the first part (we arrived for the last three songs) more than correct of L.A. Edwards, which still made us six live bands in half a day, not bad for a Sunday where, according to local musicians, not much is happening in Austin!….

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Day 2 – Mile 227
(Van Wilk’s Guitarland, Austin, sep 28, 1pm)

Passer de Fort Worth à Austin est presque aussi abrupt que notre changement d’ambiance de la veille, surtout que le trajet de près de 200 miles pour descendre plein sud est d’une monotonie assourdissante. Autoroute, autoroute, autoroute et un peu d’autoroute, rien autour et juste toutes les cinq minutes une sortie avec sa station essence et ses trois, quatre ou cinq temples de porn-food, le tout annoncé fièrement quelques miles plus tôt, sur de gigantesques panneaux publicitaires aussi indiques que les devantures de nos pires kebabs parisiens. Bon, il faut bien se remplir la bedaine, même si nos estomacs ne savent plus à quel repas se vouer, et nous en passerons (enfin nous, c’est surtout Dimi, c’est lui l’inexpérimenté de service, à lui les tests et expérimentations déraisonnés !) par des Nashville hot sausage (ou un truc dans le genre), à savoir des espèces de saucisses de poulet reconstitué avec plein d’épices et de piment pour cacher le goût de toutes les saloperies qui y ont été ajoutées pendant la transformation).
Austin, donc, que nous abordons en plus par un de ses plus beaux quartiers, à tel point que nous décidons d’y établir notre base jusqu’au soir (c’est tout juste si nous sortirons chercher des sushis, en début de soirée, quand nos appétits deviendront trop tapageurs), surtout que notre hôte d’un w.e., Van Wilks, est présent, que je ne l’ai pas vu depuis des lustres (la Crossroads Night pour être tout à fait précis) et qu’on a plein de machins, de trucs et de muches à nous raconter.
Van Wilks nous accueille à Guitarland, le petit cottage à l’arrière de sa maison, et qui donne sur un jardin immense, qui est aussi l’endroit où il donne ses leçons de guitare… Pas loin, une fiesta mexicaine bât son plein, ajoutant une petite touche locale pas désagréable. Van Wilks, pour ceux qui ne connaissent pas, est un immense guitariste, clairement l’un des tout meilleurs du Texas blues, comme le rappelle régulièrement son vieux pote Billy Gibbons. Il n’est pas du niveau des meilleurs, il les tutoie au quotidien. Et comme tous les grands artistes, Van est d’une gentillesse et d’une attention sans faille.
Nous décidons d’essayer de tenter de commencer à laisser nos cerveaux se mettre peut-être éventuellement un peu mais pas trop en chauffe, le lieu, véritable caverne d’Ali Baba version rock’n’blues, s’y prêtant parfaitement.
Je commence à écrire ces quelques lignes sur nos premières tribulations, mais ai un peu de mal à mettre de l’ordre dans ce fatras de matière grise pas même en début d’ébullition —ma journée a duré deux jours, plus la perte d’énergie à me concentrer trois heures durant sur la route et je le sens. Dimi, de son côté, s’éclate à faire son premier dessin, un mix entre un petit personnage (il s’avère qu’a priori ce serait… un chien) que j’avais photographié sur un banc devant le cottage, et une petite guitare rigolote parmi les nombreuses en exposition ici. Dessin que j’ai photographié avant qu’il ne l’accompagne d’un petit mot pour remercier Van pour son hospitalité (n’oublions pas sa compagne Lisa, au même diapason que lui) et qu’il lui offre, après une courte (mais sympathique) soirée à deviser et refaire le monde autour d’une montagne de sushis et sashimis…
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Going from Fort Worth to Austin is almost as abrupt as our change of atmosphere the day before, especially since the nearly 200-mile trip down south is a deafeningly monotonous one. Highway, highway, highway, highway and a little highway (for a change), nothing around and just every five minutes an exit with its gas station and its three, four or five porn-food temples, all proudly announced a few miles earlier, on huge billboards as indicated as the faces of our worst Parisian kebabs. Well, you have to fill your belly, even if your stomachs don’t know what to eat, and we’ll go through it (well, « we » means mostly Dimi, he’s the inexperienced servant, he’s the one who has unreasonable tests and experiments!) by Nashville hot sausage (or something like that), namely species of chicken sausages reconstituted with lots of spices and chillies to hide the taste of all the filth that was added during processing).
Austin, therefore, that we approach in addition by one of its most beautiful districts, to such an extent that we decide to establish our base there until the evening (barely if we will go out to get sushi, in the early evening, when our appetites will become too loud), especially that our host of the weekend, Van Wilks, is present, that I haven’t seen him for ages (Crossroads Night to be precise) and that we have a lot of stuff to tell each other.
Van Wilks welcomes us to Guitarland, the small cottage at the back of his house, which overlooks a huge garden, the place where he gives his guitar lessons… Not far away, a Mexican fiesta is in full swing, adding a small but not unpleasant local touch. Van Wilks, for those who don’t know him, is a huge guitarist, clearly one of the very best in Texas blues, as his old friend Billy Gibbons regularly reminds everybody who would listen to. He is not at the level of the best, he is familiar with them on a daily basis. And like all great artists, Van is kind and attentive.
We decide to try to start to try letting our brains get a little bit hotter but not too hot, the place, a real Ali Baba rock’n’blues version cave, being perfectly suited to it.
I’m starting to write the few lines about day 1 and 2, but I’m having a little trouble getting this mess of brainpower being in order not even at the beginning of the boil —my day lasted two days, plus the loss of energy to focus three hours on the road and I feel it. Dimi, on his side, is having fun making his first drawing, a mix between a little character (it turns out it would be… a dog) that I had photographed on a bench in front of the cottage, and a funny little guitar among the many on display here. Drawing that I photographed before he accompanied it with a note to thank Van for his hospitality (let’s not forget his partner Lisa, as gentle and kind as he is) and that he offers him, after a short (but nice) evening to estimate and remake the world around a mountain of sushis and sashimis….

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Day 1 – Mile 29
(Billy Bob’s Texas, Fort Worth, Texas, sept 27, 10pm)

Entre notre atterrissage (après lequel je prends bien note de la première —d’une sans doute longue série— citation mémorable de Dimi, trahissant certes un peu de fatigue : « On se croirait dans GTA, je peux te guider à travers les yeux si tu veux ? »), et notre arrivée au Billy Bob’s Texas, autoproclamé le plus grand Honky Tonk au monde (rien que ça ! Mais l’endroit est effectivement immense et peuplé pour un soir —qui doit ressembler à tous les soirs— de centaines, peut-être même de milliers de purs produits texans. Et rien que l’adresse du bouzin en dit long —Rodeo Plaza !), ça n’aura été qu’une course contre la montre.
Au niveau de la douane, tout d’abord, avec un uniforme sur pattes et ce qui ressemble de très loin à un être humain dedans nous submergeant de questions et commençant même à noter scrupuleusement, du bout de deux de ses doigts boudinés… l’intégralité de toutes les étapes prévues de notre périple, avant que je ne bascule vers une version plutôt raccourcie), ensuite lorsqu’il a fallu se repérer au milieu d’un tissu autoroutier sur plusieurs niveaux (qui m’a immédiatement fait penser à Crash) pour trouver la direction de notre Motel 6 (un choix économique judicieux mais désastreux pour ce qui est des nuisances sonores, bien au-delà du nuisible —même sans tenir compte de la climatisation, qui faisait un bruit de fusée au décollage, mais une fusée qui décollerait non stop, toute la nuit durant !), toujours sur la route lorsqu’évidemment la seule sortie fermée (pour cause de pick-up ayant opéré une jolie sortie de route) était le nôtre…

Si nous avons opté pour un démarrage en trombe, plutôt qu’une tentative d’endormissement forcé et au ronflement de rigueur, et alors que nos métabolismes étaient en pleine surchauffe, c’est pour la meilleure des bonnes raisons.
— « Mais tu fais quoi, le Goof », me dit à peu près le mien de métabolisme, « il est cinq heures du mat, pour toi, maintenant… et puis tu viens de passer d’une vingtaine de degrés à plus de 35… pis ils ont tous des chapeaux de cowboy et l’uniforme de John Wayne qui va avec, ici, attention terrain miné pour quelqu’un comme toi qui pense qu’il y a toujours trop de chefs et pas assez d’indiens », etc., etc.
Ce que je fais, je vais te le dire, petites claouites de métabolisme, c’est ne pas atrophier mon enthousiasme de nain priapique (j’avais dit que je caserai un nain priapique dès les premiers paragraphes, bam, défi niveau 1 dans la poche !) et enfin profiter d’une prestation live des Wallflowers, le groupe de Jakob Dylan, fils de, vu qu’il était plus que bien placé sur ma mini-liste de formations jamais vues. Merci à Gary Louris, au passage, pour m’avoir dégoter ces deux places (et les deux backstage pass qui vont bien avec) deux jours plus tôt, lorsque j’ai découvert l’existence de ce concert.
Pour le reste, c’était bien, forcément, car les chansons sont bonnes et les musiciens tout autant. Mais le public vraiment trop « américain », des centaines de gens attablés-avachis (ou l’inverse), sirotant bière lavasse sur bière pissasse, le smartphone sorti pour balancer non stop des vidéos dégueulasses sur les réseaux sociaux, nous a un peu gâché notre plaisir, sans même le moindre rattrapage possible d’un dépaysement tout compte fait assez fun, même si un peu brutal.
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Between our landing (after which I take good note of the first —probably long series of— memorable quote from Dimi, certainly betraying a little fatigue: « We feel like we’re in GTA, I can guide you through the eyes if you want? »), and our arrival at Billy Bob’s Texas, self-proclaimed the greatest Honky Tonk in the world (just that! But the place is indeed huge and populated for one evening —which must look like every evening— with hundreds, perhaps even thousands of pure Texan products. And just the mail address says a lot —Rodeo Plaza!), it was only a race against time.
At the customs level, first of all, with a uniform on legs and what looks from a distance like a human being in there overwhelming us with questions and even starting to scrupulously note, with the tip of two of his sulked fingers… all the planned stages of our trip, before I switch to a rather shortened version), then when it was necessary to find one’s way through a highway fabric on several levels (which immediately reminded me of Crash) to find the direction of our Motel 6 (a wise economic choice but disastrous in terms of noise pollution, well beyond the nuisance —even without taking into account the air conditioning, which made a rocket sound at takeoff, but a rocket that would take off non-stop, all night long!), again on the road when obviously the only closed exit (because of a pickup truck having made a nice road excursion) was ours…

If we opted for a sudden start, rather than an attempt at forced falling asleep and snoring rigorously, and while our metabolism was in full overheating, it was for the best of good reasons.
– « But what are you doing, da Goof », tells me my own metabolism, « it’s about five in the morning, for you, you know… and then you just went from about 20 degrees to over 35… and they all have cowboy hats and the whole John Wayne’s uniform that goes with it, here, caution danger for someone like you who thinks there are still too many chiefs and not enough Indians », and so on.
What I do, I’ll tell you, little metabolic nuts, is not to atrophy my enthusiasm as a priapic dwarf (I said I’d put a priapic dwarf in the first paragraphs, just did it, challenge level 1 in the pocket!) and finally enjoy a live performance of the Wallflowers, Jakob Dylan’s band, son of, since he was more than well placed on my mini-list of never seen bands. Thanks to Gary Louris, by the way, for getting me these two tickets (and the two backstage passes that go well with them) two days earlier, when I discovered the existence of this concert.
For the rest, it was great, necessarily, because the songs are great and the musicians are just as great. But the really too « American » audience, hundreds of people sitting at tables slumped (or the opposite), sipping blanch beer on pissed beer, smartphone out to constantly play poor quality videos on social networks, has ruined our pleasure, without even the slightest possible catch-up of a change of scenery that was quite fun, even if a little brutal.

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Day presque one, – 4948 miles
(Aéroport Charles de Gaulle, 27 septembre, 15h20)

Notre voyage commence par un fou-rire !
Lorsque nous arrivons dans l’avion, notre voisine d’un demi-jour est déjà installée et nous fait irrémédiablement penser aux fameuses gitanes dont Borat a si peur et qu’il cherche à occire par tous les moyens possibles, y compris (et particulièrement) ceux laissant de sévères traces sur le pare-chocs des voitures.
Un peu plus tard, lorsque nous en arriverons à notre première collation (aux alentours de 16h, les Américains non seulement bouffent n’importe quoi, mais en plus n’importe quand !), nous vivrons un échange —ou tentative de— assez épique, quand Dimi tentera une opération de médiation-traduction (car elle ne parle visiblement pas bien anglais, et est par ailleurs —ou alors fait-elle semblant, mais alors vraiment bien semblant— sourde comme un pot), qu’on peut résumer ainsi.

Hôtesse #1 : Meatballs ou pasta ?
Notre voisine : ??
Hôtesse #1 (plus fort) : Meatballs ou pasta ?
La voisine regarde Dimi, le regard plein d’interrogation…
Dimi : Pour manger, on vous propose soit des meatballs, soit des pasta…
Notre voisine : Du poulet !
Hôtesse #1 (vraiment TRÈS fort) : MEATBALLS OU PASTA ?
Notre voisine : Du poulet !
Dimi : Non, mais il n’y a pas de poulet, en fait…
Notre voisine (après une réflexion de quelques secondes mais qui parait durer une éternité) : …/… Du poulet !!!
Hôtesse #1 : Meat…
Hôtesse #2 : Non mais laisse tomber…
Hôtesse #1 : Bon ce sera Meatballs…
Notre voisine (au moment où Dimi dépose gentiment son petit plateau devant elle, le regarde) : Poulet ??
Elle était bien sympathique, sinon, cette vieille gitane (j’écris « vieille gitane » mais peut-être est-elle simplement daltonienne ainsi que portée sur des choix vestimentaires hors d’âge, ce qui expliquerait la connexion instantanée et toute goofesque de mes trois neurones et demi en éveil, avec Borat, sachant qu’il ne m’en faut pas beaucoup, tout de même, pour penser à Borat). En tout cas, sans entrailles fumantes de poulet, elle n’a pas pu nous jeter de sort et notre voyage s’est déroulé sans le moindre problème…

Les éléments de voisinage disons « particuliers », je ne sais pas si c’est moi qui les attire ou simplement si j’y fais plus attention, mais juste devant nous, nous avions deux autres spécimens, ce coup-ci assez impressionnants de connerie, une mère et sa fille (a priori), du genre gentiment ravies de la crèche, les seules de tout l’avion (blindé, 240 péquins au bas mot) à écouter scrupuleusement les messages de l’équipage, en arrêtant bien de respirer devant les incroyables enjeux (pour leur survie en devenir, mais pas que), par exemple en vérifiant sous le siège que leur gilet de sauvetage était bel et bien à la place qui lui est dévolu, etc.
Écoutez, c’est bien simple, il y a des signes qui ne trompent pas : la fille a regardé trois fois de suite Chicago (!!!), la larme à l’œil de surcroît (oui trois fois de suite la larme à l’œil de surcroît !), tandis que la mère a laissé tourner en boucle CNN sur son petit écran, dix heures durant, si vous voyez un peu mieux maintenant à quoi je faisais allusion.
Transition parfaite pour moi qui profite toujours des vols long courrier pour rattraper le retard accumulé côté ciné et/ou voir des films pas encore sortis chez nous, ou pas longtemps ou passés inaperçus, ou la tête alouette.
Pour ce voyage, j’ai d’abord tenté (en vain) de m’abrutir avec l’espoir fugace d’un endormissement quelconque, dont j’avais bien besoin, les trois quatre jours précédant notre départ ayant été particulièrement chargés. En effet, quand nos mômes étaient petits et que nous les emmenions voir les derniers Marvel et autres conneries du même tonneau, ça ne loupait jamais, et je m’endormais dès les premiers plans, bercés par les explosions et la musique tapageuse.
Me souvenant de cette technique limite Ninja de sieste auto-imposée sur fond de boucan blockbusterisé, je me suis donc tenté le troisième John Wick du nom, mais n’en ai récolté qu’un mal de crâne monumental. Et que c’est atrocement mis en scène ! Je sais bien qu’on appelle cela communément « l’industrie » cinématographique, mais là ça ressemble à du travail à la chaîne bâclé avec de la main d’œuvre visiblement inadaptée à la tâche. Je ne sais pas qui s’est notamment occupé des chorégraphies des bastons des quelques premières scènes que j’ai réussi à supporter, ni si quelqu’un s’en est occupé d’ailleurs, mais c’est aussi affligeant qu’indigent.
J’ai donc laissé tomber cette mauvaise idée de vouloir m’abrutir et ai à la place opté pour une triple projection sur mini-écran, à commencer par Long Shot de Jonathan Levine, parce que j’adore la voix de Seth Rogen, mais aussi parce que son premier long (All The Boys Love Mandy Lane, pour rappel) avait fait un peu plus que nous faire découvrir Amber Heard ; Long Shot qui se révèle être une comédie sans surprise, mais donc sans mauvaise surprise non plus (pas une comédie française, en somme). J’ai ensuite opté pour Le Projet Hummingbird, notamment pour la présence d’Alexander Skarsgard (qui est d’ailleurs le seul élément de ce film particulièrement fainéant à sauver). Enfin, j’ai terminé par The Mule, de Clint, parce que Clint, quoi. Un Clint que j’ai trouvé aussi affûté dans le jeu que diminué physiquement. Bon, je ne développe pas plus, hein, que les anciens lecteurs de Brazil ne se croient pas trop vite embarqués dans un voyage dans le temps du côté de nos légendaires (si si) compte-rendus cannois.

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Our journey begins with a laugh!
When we arrive in the plane, our half-day neighbour is already settled and makes us irremediably think of the famous gypsies Borat is so afraid of and tries to occipitate by all possible means, including (and especially) those leaving severe traces on car bumpers.
A little later, when we get to our first snack (around 4pm, Americans not only eat anything, but also anything at any time!), we will experience a fairly epic exchange —or attempt of— when Dimi tries a mediation-translation operation (because she obviously doesn’t speak English well, and is otherwise —or she pretends, but then she really pretends really good— stone-deaf), which can be summarized as follows.

Hostess #1: Meatballs or pasta?
Our neighbour:???
Hostess #1 (louder): Meatballs or pasta?
The neighbour looks at Dimi, her eyes full of questions….
Dimi: To eat, we offer you either meatballs or pasta…
Our neighbour: Chicken!
Hostess #1 (really VERY louder): MEATBALLS OR PASTA?
Our neighbour: Chicken!
Dimi: No, but you know there is no chicken, actually…..
Our neighbour (after a reflection of a few seconds but which seems to last forever): …/…Chicken!!!
Hostess #1: Meat….
Hostess #2: Forget about it !
Hostess #1: Well, it will be Meatballs….
Our neighbour (just as Dimi is gently placing her small tray in front of her, looks at him): Chicken???
She was very nice, otherwise, this old gypsy (I write « old gypsy » but maybe she is simply colorblind and focused on out of age clothing choices, which would explain the instantaneous connection and all the goofesque of my three and a half awake neurons, with Borat, knowing that I don’t need much to think of Borat). In any case, without the smoking chicken entrails, she couldn’t put a spell on us and our trip went off without any problems…

The neighbourhood elements, let’s say « particular », dunno if it’s me who attracts them or just if I’m more careful, but just in front of us, we had two other specimens, this time quite impressive bullshiters, a mother and her daughter (or anyway they look like mother and daughter), of the kind kind kindly delighted with the crib (sorry guys, this is a French expression that I love and which haven’t any equivalent in English!!), the only ones in the whole plane (fully full, 240 people at least) to listen scrupulously to the crew’s messages, stopping breathing in front of the incredible stakes (for their survival, but not only), for example by checking under the seat that their lifejacket was indeed in the place assigned, and so on.
Look, it’s quite simple, there are signs that don’t fool you: the girl has watched Chicago three times in a row (!!!!), with a tear in her eye (yes, three times in a row with a tear in her eye!), while the mother has let CNN loop on her small screen for ten hours, if you better understand now what I was talking about.
Perfect transition for me who always takes advantage of long distance flights to catch up on the cinema side and/or see films not yet released in France, or not for long or gone unnoticed.
For this trip, I first tried (in vain) to dazzle myself with the fleeting hope of some kind of sleep, which I needed, since the three four days before our departure had been particularly busy. Indeed, when our kids were little and we took them to see the latest Marvel and other bullshit from the same barrel, it never missed, and I fell asleep from the first scenes, rocked by explosions and loud music.
Remembering this borderline Ninja technique of self-imposed nap on a background of blockbusterized noise, I tried the third John Wick of the name, but only got a monumental headache. And how horribly directed ! I am well aware that this is commonly referred to as the film « industry », but this looks like sloppy chain work with a workforce that is clearly unsuitable for the task. I don’t know who did the choreography for the fights of the first few scenes I managed to survive to, or if anyone did, but it’s as distressing as it is destitute.
So I dropped this bad idea of wanting to dull myself and instead opted for a triple projection on the mini screen, starting with Jonathan Levine’s Long Shot, because I love Seth Rogen’s voice, but also because his first feature (All The Boys Love Mandy Lane, as a reminder) had done a little more than introduce us to Amber Heard; Long Shot which turns out to be a comedy without surprise, but therefore without bad surprise either (not a French comedy, in short). I then opted for The Hummingbird Project, in particular for the presence of Alexander Skarsgard (who is the only element to save from this particularly lazy film). I ended up with The Mule, by Clint, because Clint, period. A Clint that I found as sharp in the game as it was physically diminished. Well, I don’t develop any more, eh, don’t want the former readers of Brazil to think they’re too quickly embarked on a journey back in time on the side of our legendary Cannes Films Festival reports.

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