ROAD TRIPS

Ce blog est publié chronologiquement, le dernier post correspond donc au plus récent. Chaque post est publié en français, avec la version anglaise juste en dessous.
This blog is published chronologically, so the last post is the most recent. Each post is published in French, with the English version below. 


Days 76 – Mile 12627
(Dallas Fort Worth, Texas)

Voilà, c’est terminé… Nous avons dépassé les 20000 kilomètres parcourus, pour une petite vingtaine d’états. Rien n’était tout à fait planifié et donc les imprévus ont faits partie de ce long road trip, y compris la plantade du blog, une fois rentrés en France, et qui vous épargne les textes correspondants à nos trois dernières semaines, apparemment perdus pour de bon.
Sachez si vous n’avez pas suivi ça « en direct », que nous sommes retournés à Austin, après être passés par St Louis, Kansas City, etc., que nous y avons rencontré un certain Matt Gilmour, fils de, mais également superbe guitariste, que nous avons eu le chance d’entendre jouer avec Van Wilks, toute une après-midi ensoleillée… Les photos de cette fin de parcours ne sont pas perdues, il nous est juste impossible de les ré-insérer ici sans mettre en péril le reste du blog.

Here we are, it’s over now… We have covered more than 20,000 kilometers, in about 20 states. Nothing was completely planned and so the unexpected was part of this long road trip, including the blog’s crash, once back in France, and which spares you the texts corresponding to our last three weeks, apparently lost for good.
If you didn’t follow it « live », you should know that we went back to Austin, after having passed through St Louis, Kansas City, etc., that we met there a certain Matt Gilmour, son of, but also a superb guitarist, that we had the chance to hear play with Van Wilks, one sunny afternoon… The photos from the end of the journey are not lost, we just can’t re-insert them here without jeopardizing the rest of the blog. 


Day 66 – Mile 10942
Austin, Texas

Couv-dagoofNous voilà de retour à notre point de départ, un tout petit peu plus tôt que prévu, où nous allons passer une grosse semaine, avant notre vol retour jeudi 12 décembre (arrivée en France le lendemain midi). Plusieurs raisons à cela  : le froid (pour ne pas dire un temps de merde !) qui revenait sur le nord-est, alors qu’ici les températures sont douces (25 degrés aujourd’hui, plein soleil) ; Thanksgiving que nous voulions éviter à tout prix (nous avons passé la soirée en question dans une cabane perdue dans les bois, après St-Louis, Missouri, clairement la ville la plus crade de tout notre périple), et aussi et surtout du boulot à rattraper (pour moi, notamment les derniers chapitres de « Cinéma Sexus » à écrire et calibrer).

Du coup, nous sommes allés à Kansas City, non sans avoir d’abord bouclé les quelques dizaines de miles de la Route 66 que nous n’avions pas parcourus à l’aller, pour l’un des deux concerts annuels des Rainmakers, le groupe « local » par excellence, que je n’avais pas vu sur scène depuis… 1987 (au Rex Club, à deux reprises, pour les deux premiers albums et les tournées correspondantes) ! Et ce fut terrible, dans le bon sens du terme !

Enfin, pas de blog depuis une dizaine de jours, car pas grand-chose à montrer ou raconter qui en vaille vraiment la peine, surtout après tout ce par quoi nous en sommes passés jusqu’à aujourd’hui. Surtout, je suis déjà en train de travailler sur le plan, le chapitrage, l’iconographie, les playlists associées, et bien sûr les textes, nombreuses notes incluses, du livre « Mother Road & Father Tales » et j’ai un peu de mal à couper mon petit cervelet en deux (car ce livre, je me répète, ne sera pas du tout une reprise du blog, mais un travail bien à part, et bien plus sérieux, dense, fourni et profond aussi, si si). Enfin, on va bien sûr en profiter pour se faire quelques derniers concerts, Austin étant toujours l’incontestable capitale mondiale de la musique live !

We are back at our starting point, a little earlier than expected, where we will spend a week+, before our flight back Thursday, December 12 (arrival in France the next day at noon). Several reasons for this: the cold (not to say a shitty weather!) which came back to the northeast, whereas here the temperatures are mild (25 celsius degrees today, full sun); Thanksgiving which we wanted to avoid at all costs (we spent the evening in question in a cabin lost in the woods, after St-Louis, Missouri, btw clearly the dirtiest city of our entire journey), and also and especially the work to catch up (for me, the last chapters of « Cinéma Sexus » to write and calibrate).

So we went to Kansas City, not without first completing the few dozens of miles from Route 66 that we had not covered in early October, for one of the Rainmakers’ two annual concerts, the « local » band par excellence, that I hadn’t seen on stage since… 1987 (at the Rex Club, twice, for the first two albums and their corresponding tours) ! And it was terrible, in the good sense of the word!

Finally, no blog for the last ten days, because not much to show or tell about that is really worth it, especially after everything we have been through so far. Above all, I’m already working on the plan, the chaptering, the iconography, the associated playlists, and of course the texts, many notes included, of the book « Mother Road & Father Tales » and I’m having a little trouble cutting my little cerebellum in half (because this book, I repeat, will not be at all a copy of the blog, but a work well apart, and much more serious, dense, full and deep too, if so). Finally, we will of course take the opportunity to attend to a few last concerts, Austin being still the undeniable world capital of live music!


Days 54-57 – Mile 9171
Urbana, Illinois

Premier (et unique) break, depuis quatre jours, nous nous sommes un peu posés (et je n’ai —presque— rien fait à part… acheter quelques disques !) non loin du campus universitaire d’Urbana-Champaign, dans l’Illinois, chez un pote étudiant en droit et par ailleurs… Auversois comme nous. Je précise (ses parents me lisent, c’est donc du pur fayotage !) qu’il est on ne peut plus talentueux, même que c’est le seul étudiant que j’aie jamais accepté en stage (époque Bandits Company-Brazil-Crossroads) il y a pile dix ans !… Et pour que je m’encombre d’un ado boutonneux pendant une semaine, croyez-moi, c’est qu’il y avait du potentiel !…
Enfin, un break qui n’en est pas tout à fait un, puisque j’en ai profité pour orchestrer une petite vente de plus de 550 CD (beaucoup de raretés) à prix de départ unique (1,90 euro !), histoire de ré-alimenter la pompe à brouzoufs (les premières enchères se terminent demain et l’ensemble est consultable ici), tout en travaillant les caractéristiques techniques (et donc le devis) du beau tirage de tête que nous vous proposons dès maintenant en précommande, avec même les frais de port offerts pour toute commande (même multiple, et même pour l’étranger —le livre sera uniquement en Français, dans un premier temps) arrivant avant la fin du mois de novembre (le cachet de la poste faisant foi pour les commandes par chèque). Même que tout ceci est récapituler ci-dessous. Merci d’avance pour votre soutien et votre fidélité et rendez-vous demain ou dimanche (concert des Jayhawks du côté de Detroit) pour la suite de nos petites aventures…


First (and only) break, since four days, we have settled down a little (and I have almost done nothing except… buy a few records!) not far from the university campus of Urbana-Champaign, Illinois, with a law student friend… from Auvers-Sur-Oise like us. I would like to point out (his parents read me, so it’s pure bullshit!) that he’s really amazingly talented, and to prove that I would add that he’s the only student I ever accepted for an internship (ten years ago or so)… And to get me having a pimply teenager around for a week, believe me, it’s because there was potential !…. 
Finally, a break that is not quite one, since I took the opportunity to orchestrate a small sale of more than 550 CDs (many rarities) at a single starting price (1.90 euro !), in order to supply the money pump again (the first auctions end tomorrow and the whole is available here), while working on the technical characteristics (and therefore the estimate) of the beautiful head print that we are now offering you in pre-order, with even the shipping costs offered for any order (even multiple, and even for foreign countries – the book will be only in French, at first) arriving before the end of November. Same as all this is summarized below. Thank you in advance for your support and loyalty and I will be back here soon, tomorrow or Sunday (Jayhawks concert in Detroit) for the follow up of the blog and so the rest of our little adventures….


Days 52-53 – Mile 9028
Chicago, Illinois

Dès notre arrivée à Chicago hier midi, nous avons pu vérifier que son surnom de « windy city » n’était aucunement usurpé et, alors que la température (tout juste au-dessus de zéro) était relativement supportable pour l’époque (mais avec un ressenti très nettement inférieur). Bref, pour sa météo particulièrement changeante et aux amplitudes thermiques parfois assez délirantes (le record étant de 31 degrés de différence sur une même journée !) et tout le reste, Chicago, la troisième plus grande ville américaine, est unique. Et puis, c’est un peu la fin de la route du Blues, ainsi que le début de la Route 66, un double passage obligé pour nous autres donc.
Ce qui frappe en premier lieu, et la ville est d’abord connue et reconnue pour cela, c’est son incroyable diversité architecturale. C’est à Chicago d’ailleurs que fut bâti le tout premier building, en… 1884, suite au grand incendie d’octobre 1871, qui ravage le centre et mit à la rue plus de 100.000 personnes. Depuis tout ce temps, portée notamment par sa très florissante et innovante école d’architecture, qui donna naissance au style Chicago, du même nom donc, la ville n’a eu de cesse de multiplier les projets les plus fous ou iconoclastes.
Nous nous régalons à déambuler dans le quartier d’affaires, mais aussi à prendre la « River walk » jusqu’à la jetée de la ville et donc le lac Michigan, non sans avoir immortalisé (et tenté même de reproduire l’image en question, je parle là bien sûr de l’album « Yankee Fox Hotel » de Wilco !) les deux tours en forme d’épis de maïs (ou de nids d’abeilles, c’est selon) de Marina City, dont une autre des particularités est de proposer uniquement des parkings (ouverts sur l’extérieur) sur ces 19 étages inférieurs.
Ce complexe (le premier avec deux tours jumelles), que l’on peut voir comme bon nombre des lieux emblématiques de Chicago dans de nombreux films, des Blues Brothers à I, Robot en passant par Ferris Bueller, fut imaginé en 1959 et construit sur 5 ans et symbolisa le renouveau des grands centre-villes américains, le but étant que les gens y passent un maximum de leur temps (on y trouve parkings donc, les appartements et bureaux qui vont avec, mais aussi magasins divers, restaurants, salle de spectacle, gymnase, piscine, etc.).
Bien sûr, nous passons par les inévitables Art Institute of Chicago (une grande expo, sur le premier imposteur de la culture pop, j’ai nommé Andy Warhol bien sûr, s’y tient depuis la fin de l’été), le centre de traitement des tweets présidentiels aka la Trump tower locale (construite en 2004), le Millenium Park et la fameuse sculpture « cloud gate » d’Anish Kappor (oui, en forme de haricot, d’ù son surnom de « bean »), ainsi que le « loop », cette impressionnante boucle de métro aérien ouverte en 1897, qui passe au-dessus des routes et trottoirs et entre les immeubles, et n’est connecté à aucun autre système de transport local !…

As soon as we arrived in Chicago yesterday at noon, we were able to verify that its « windy city » nickname was in no way usurped and, while the temperature (just above zero) was relatively bearable for daytime (but with a much lower feeling). In short, for its particularly changing weather and sometimes quite delirious temperature ranges (the record being 31 degrees difference on the same day!) and everything else, Chicago, the third largest city in the United States, is unique. And then, it’s a bit like the end of the Blues Route, as well as the beginning of Route 66, a double mandatory passage for the two of us. 
What strikes me first, and the city is first known and recognized for that, is its incredible architectural diversity. It was in Chicago that the very first building was built, in… 1884, following the great fire of October 1871, which ravaged the centre and put more than 100,000 people on the streets. Since then, supported in particular by its very flourishing and innovative school of architecture, which gave birth to the Chicago style of the same name, the city has never ceased to multiply the craziest or most iconoclastic projects. 
We enjoy walking around the business district, but also taking the « River walk » to the Navy Pier and therefore Lake Michigan, not without having immortalized (and even tried to reproduce the image in question, I am talking of course about the album « Yankee Fox Hotel » by Wilco!) the two towers in the shape of corn cobs (or honeycombs, that’s according to) of Marina City, which another particularity is to offer only parking spaces (open to the outside) on its 19 lower floors. 
This complex (the first with twin towers), which can be seen as many of Chicago’s emblematic places in many films, from the Blues Brothers to I, Robot and Ferris Bueller, was designed in 1959 and built over 5 years and symbolized the renewal of the major American city centers, the aim being for people to spend as much of their time there as possible (parking lots, apartments and offices that go with it, but also various stores, restaurants, auditoriums, gymnasium, swimming pool, etc.).
Of course, we go through the inevitable Art Institute of Chicago (a major exhibition, on the first impostor of pop culture, namely Andy Warhol of course, has been held there since late summer), the presidential tweets processing center aka the local Trump tower (built in 2004), the Millennium Park and Anish Kappor’s famous « cloud gate » sculpture (yes, in the shape of a bean, hence its nickname « bean »), as well as the « loop », this impressive air metro loop opened in 1897, which passes over roads and sidewalks and between buildings, and which is not connected to any other local transport system !…


Day 51 – Mile 8912 miles
Spring Valley, Illinois

Je m’attendais non pas à un long fleuve tranquille, mais à un peu de monotonie et ça n’a pas loupé ! Il est vrai que revenir côté est par le nord plutôt que de reprendre la 66 en mode retour à l’envoyeur permettait de voir d’autres paysages, de traverser d’autres états, mais ce ne sont pas les plus passionnants sur le papier, loin de là, surtout venant juste après l’Utah (magnifique), le Colorado et le Wyoming (très beaux aussi) et donc, ce ne sont pas les plus passionnants même ailleurs que sur le papier !…
Lorsque nous quittons Cheyenne, c’est la tête dans les nuages (au sens propre) et avec trois centimètres de neige sur la voiture. Il a donc neigé durant la nuit —d’ailleurs, jusqu’à présent nous n’avons essuyé qu’une grosse averse en plus de 170 heures de conduite, c’est dire si nous sommes vernis), mais le temps sera sec et un peu froid pendant ces trois jours de route (et les quelques nuages mentionnés ci-avant disparaitront assez vite).

Mais en effet les 720 (!!) kilomètres que nous allons parcourir dans le Nebraska ne nous proposerons qu’un seul et unique paysage. Enfin plutôt deux options et une version combo d’un même paysage : des champs de céréales (visiblement moissonnés assez récemment), des pâturages avec de grands troupeaux de vaches (et de temps à autre ce qui semble être les cowboys d’aujourd’hui, au volant de gros pickups et plus à cheval) et enfin, parfois, pour pimenter un peu tout ça, de grands troupeaux en train de brouter dans des champs de céréales fraîchement moissonnés. Alors oui, c’est sympa dix kilomètres, on sourit encore au centième kilomètre, mais 720 bornes comme ça ! Heureusement, nous avons la sélection musicale high octane de Dimitri pour tenir le coup (System of a Down, Metallica, System of a Down, Dropkick Murphys, System of a Down, Mumford & Sons, System of a Down, Van Halen, System of a Down, System of a Down, John Butler Trio, System of a Down, System of a Down, etc.).

Quand nous basculons finalement dans l’Iowa, l’horizon reprend un peu de ses courbes, à défaut de ses couleurs, et l’on retrouve une route un peu vallonnée (un peu, hein !) et cette bonne vieille odeur d’élevages intensifs qu’on peut aussi humer du côté de notre Bretagne. L’Illinois, où nous sommes arrivés aujourd’hui, c’est encore autre chose. On sent qu’on se rapproche d’une grande ville (Chicago, la troisième plus grande ville du pays, après NYC et LA) et on y trouve beaucoup plus de bourgades et, plus généralement, de traces de vie (ce qui nous change des panneaux « pas de station essence pendant 100+ miles » déjà aperçus il y a quelques jours !)…
Le point le plus positif, c’est que nous avons enfin retrouvés des prix à la pompe corrects d’environ un peu moins de 2,5 dollars le gallon en moyenne (un gallon faisant presque quatre litres !) alors qu’en Californie nous le payions presque le double. Remarquez en Californie, et tout particulièrement du côté de Santa Monica où nous étions, tout est hors de prix !! (j’avoue que les 12 oeufs bio à plus de 12 dollars ou les 6 litres d’Evian à 18 dollars ont encore du mal à passer !)…

Pendant notre fin de traversée d’ouest en est, nous avons dépassé le cap symbolique du cinquantième jour de notre road trip (les deux tiers donc, hier), avons fait des pauses dans trois états (Kearney dans le Nebraska avant-hier, Des Moines dans l’IOwa hier et Spring Valley dans l’Illinois ce soir) et avons retrouvé tout à l’heure le Mississippi à la frontière de l’Iowa et de l’Illinois. Demain midi, nous atteindrons Chicago où nous allons passer 48 heures, puis levé un peu le pied quelques jours, avant Detroit et… un concert des Jayhawks, puis… New York City, les petits amis !

I was expecting not a long quiet river, but a little monotony and it was no surprise! It is true that returning to the east side through the north rather than taking the 66 back to the sender in return mode allowed to see other landscapes, to cross other states, but they are not the most exciting on paper, far from it, especially coming just after Utah (so amazingly beautiful), Colorado and Wyoming (very beautiful too) and therefore, they are not the most exciting even elsewhere than on paper !…. 
When we leave Cheyenne, it’s with our heads in the clouds (literally) and with three centimeters of snow on the car. So it snowed during the night —so far we’ve only had a strong rain in more than 170 hours of driving, so if we’re lucky), but the weather will be dry and a little cold during these three days on the road (and the few clouds mentioned above will disappear quite quickly).

But indeed the 720 (!!!) kilometers we will cover in Nebraska will only offer us one and only one landscape. Finally, rather two options and a combo version of the same landscape: cereal fields (obviously harvested quite recently), pastures with large herds of cows (and from time to time what seems to be today’s cowboys, driving big pickups and not anymore on horseback) and finally, sometimes, to spice things up a bit, large herds grazing in freshly harvested cereal fields. So yes, it’s nice ten kilometers, we still smile at the hundredth kilometer, but 720 kilometers like that, man, give me a break! Fortunately, we have Dimitri’s high octane musical selection to keep up (System of a Down, Metallica, System of a Down, Dropkick Murphys, System of a Down, Mumford & Sons, System of a Down, Van Halen, System of a Down, System of a Down, John Butler Trio, System of a Down, System of a Down, etc.).

When we finally switch to Iowa, the horizon takes up some of its curves, for lack of its colours, and we find a slightly hilly road (a little, huh!) and that good old-fashioned smell of intensive livestock farming that we can also smell on the side of our Brittany. Illinois, where we have arrived today, is something else. We feel that we are getting closer to a big city (Chicago, the third largest city in the country, after NYC and LA) and we find many more towns and, more generally, traces of life (which changes us from the signs « no services for 100+ miles » already seen a few days ago!)…
The most positive point is that we have finally found correct pump prices of just under $2.5 per gallon on average  while in California we were paying almost twice as much. Notice that in California, and especially on the side of Santa Monica where we were, everything is out of reach! (I admit that the 12 organic eggs at more than 12 dollars or the 6 medium bottles of Evian at 18 dollars still have trouble getting through!)….. 

During our final crossing from west to east, we passed the symbolic milestone of the 50th day of our road trip (two thirds, that was yesterday), took evening breaks in three states (Kearney in Nebraska the day before yesterday, Des Moines in Iowa yesterday and Spring Valley in Illinois tonight) and later found the Mississippi on the Iowa/ Illinois border. Tomorrow at noon we’ll reach Chicago where we’ll spend 48 hours, then slow down a few days, before Detroit and… a Jayhawks concert, then… New York City, guys!

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Day 47 – Mile 7789
Eagle, Colorado

L’Utah continue d’être une plus qu’agréable surprise, alors que nous roulons plein est en direction du Colorado. L’autoroute est belle, les paysages magnifiques, les voitures peu nombreuses, les panneaux publicitaires quasi-absents, bref c’est aussi cool que l’aller plus au sud et d’est en ouest avait été oppressant, dès lors qu’on s’était écarté de l’historique Route 66, parfois en n’ayant d’ailleurs pas le choix.
Nous nous arrêtons à de nombreuses reprises et les lieux portent toujours admirablement bien leur nom respectif (Ghost Rock, Salt Wash, etc.). Lorsque nous traversons la Manti-La Sal National Forest, soit un peu plus au nord du Reef Capitol National Park, il y a même comme un petit air de mini Grand Canyon au loin, sans doute le Glen Canyon voisin ?…
Tout notre trajet se fera en moyenne montagne, sauf l’arrivée dans le Colorado où nous grimpons un peu plus. Malheureusement, la nuit est tombée tôt et nous roulons une dernière heure, jusqu’à notre destination du soir (Eagle, un village de montagne proche de nombreuses stations de ski) sans pouvoir profiter du paysage ou même de la vision de la neige, tombée assez récemment ici.

Day 48 – Mile 8033
Cheyenne, Wyoming

Nous poursuivons notre traversée horizontale du Colorado, dans la montagne (jusqu’à 3500 mètres d’altitude). La route est belle, et nous pouvons voir à de nombreuses reprises des pistes de ski (merci la neige artificielle, même si elles sont toutes versant nord), jusqu’à Denver, déjà beaucoup plus bas. Denver qui nous renvoie à nos précédents démons autoroutiers états-uniens : de la pub partout, des voitures partout avec bien sûr un accident ici, des travaux là… et des autoroutes qui ressemblent parfois à des circuits bordéliques (sur plusieurs niveaux) imaginés par des enfants capricieux.
Bon, la population de l’aire urbaine de Denver avoisine les trois millions d’individus, on va donc dire que ça n’est pas non plus une surprise ! En tout cas, nous sommes pressés puis bien contents de voir le nombre de véhicules diminuer au fur et à mesure que nous quittons la métropole par le Nord.
Du coup, nous ne prenons même pas la peine de visiter le quartier historique de Denver, qui remonte à la conquête de l’Ouest. Et pour cause puisque ce soir nous dormons à Cheyenne, une dizaine de miles après la frontière avec le Wyoming, un lieu autrement plus emblématique de la seconde partie du XIXIème siècle. Mais je vous raconterai tout ça, ainsi que quelques tonneaux d’informations non contenues dans ce blog, dans le livre que nous ferons dès notre retour en France (et que nous annoncerons dans quelques jours seulement, avec par ailleurs l’ouverture des pré-commandes du tirage de tête et d’une édition Deluxe, toutes deux limitées, et qui sortiront bien avant une éventuelle édition lambda).

Utah continues to be a more than pleasant surprise as we drive eastward towards Colorado. The highway is beautiful, and so are the landscapes, the cars few in number, the advertising signs almost absent, in short it is as cool as going further south and from east to west had been sometimes oppressive, since we had deviated from the historic Route 66, having no other choice. 
We stop many times and the places still bear their respective names admirably well (Ghost Rock, Salt Wash, etc.). When we cross the Manti-La Sal National Forest, a little further north from Reef Capitol National Park, there is even a little bit of mini Grand Canyon air in the distance, probably the nearby Glen Canyon?….
All our journey will be in the middle of mid-altitude mountains, except the arrival in Colorado where we climb a little more. Unfortunately, the night fell early and we drive one last hour to our evening destination (Eagle, a mountain village near many ski resorts) without being able to enjoy the scenery or even the sight of the snow, which fell quite recently here. 

We continue our horizontal crossing of Colorado, in the mountains (up to 3500 meters above sea level). The road is beautiful, and we can see many times ski slopes (thanks to the artificial snow, even if they are all on the north side), up to Denver, already much lower. Denver that refers us to our previous American highway demons: advertising everywhere, cars everywhere with of course an accident here, men at work there… and highways that sometimes look like messy circuits (on several levels) imagined by capricious children. 
Well, the population of the Denver urban area is around three million people, so let’s say it’s not a surprise either! In any case, we are in a hurry and then very happy to see the number of vehicles decrease as we leave the city from the North. 
As a result, we don’t even bother to visit the historic Denver district, which dates back to the conquest of the West. And for good reason, since tonight we are sleeping in Cheyenne, about ten miles after the border with Wyoming, a much more emblematic place of the second half of the 19th century. But I will tell you all this, as well as a few tons of information not contained in this blog, in the book that we will make upon our return to France (and that we will announce in a few days only, with the opening of pre-orders of the head print and a Deluxe edition, both limited, and which will be published well before a possible lambda edition). 


Days 45-46 – Mile 7432
Wildland Gardens, Utah

J’étais passé une fois par la case Vegas et j’avais instantanément détesté l’endroit, sorte de summum de tout ce que j’exècre dans la nature humaine et la surexposition de son avilissement décomplexé. Cette fois-ci, pour éviter tout désagrément, nous avons simplement parcouru le strip en un éclair pour nous réfugier dans un hôtel du nord de la ville, à 3 ou 4 kilomètres de ce vortex foutraque et bruyant, espérant ainsi nous en préserver.
Sauf qu’il y a un truc auquel je n’avais pas pensé, c’est que les murs de l’hôtel pourraient être faits de papier buvard (oui, comme dans l’album « Les Bidochon en HLM » !) et que j’allais passer la nuit non pas à récupérer d’une longue journée et d’une tout aussi longue route, mais à entendre les diarrhées publicitaires de chaines de TV toute la nuit (et accessoirement deux voisins qui se sont montés dessus, avec en bonus grognements, « yes oh yes » et lit qui grince !)…
Bien sûr, quand Dimi s’est réveillé, vers 7h00, je me suis levé et… la TV s’est enfin miraculeusement tue, mais j’étais pressé de partir et nous avons plié les gaules pour nous échapper de cet enfer et retrouver le calme de la campagne, du côté de Joseph, dans l’Utah (notre treizième état, bam !), où j’ai loué une « micro-maison », pour deux jours, chez un horticulteur (et ingénieur, venu par ailleurs à Bordeaux pour étudier nos techniques vinicoles uniques au monde).

Hier, après un bon repos au milieu des champs, dans cette vallée magnifique, nous reprenons la direction du sud (via une des routes les plus belles sur lesquelles j’ai pu conduire depuis notre arrivée ici), vers le Bryce Canyon National Park, l’un des « Mighty Five » comme on les appelle ici, car l’Utah propose pas moins de cinq parcs nationaux (ainsi que l’entrée nord du Grand Canyon).
J’ai choisi Bryce Canyon, car nous n’avons pas pu passer par Monument Valley et ce parc, notamment Red Canyon par où nous arrivons, en est un peu la version (plus que) miniaturisée. De fait, nous nous régalons et profitons de la taille relativement modeste de l’endroit (« seulement » une petite trentaine de kilomètres de long) pour tout voir, tout photographier, tout humer, tout engranger dans nos petites têtes d’oiseaux égarés.
Au retour, alors que je profite à nouveau de cette route magnifique (et que Dimi s’est endormi), je me dis que définitivement l’Utah est une belle découverte (première fois pour moi donc), et qu’il faudra que j’y retourne, cette fois-ci pour enchaîner les Mighty Five…

I had been through Vegas once and instantly hated the place, a kind of highlight of everything that disgusted me in human nature and the overexposure of its uncomplicated degradation. This time, to avoid any inconvenience, we simply went through the strip in a flash and took refuge in a hotel in the north of the city, 3 or 4 kilometers from this vortex, which is so loud and noisy, hoping to save us from it. 
Except that there is one thing I hadn’t thought of, it’s that the walls of the hotel could be made of blotting paper (yes, like in the comics album « Les Bidochon en HLM »! —but I don’t know if it has been translated in English) and that I was going to spend the night not recovering from a long day and an equally long road, but hearing the advertising diarrhea of TV channels all night long (and incidentally two neighbors who climbed on each other, with as bonus many grunts, lots of « yes oh yes » and a creaking bed!)… 
Of course, when Dimi woke up, around 7:00 am, I got up and… the TV finally miraculously switched off, but I was in a hurry to leave and to escape from that hell and regain the calm of the countryside, on Joseph’s side, in Utah (our thirteenth state, hell yeah !), where I rented a « micro-home » for two days from a horticulturist (and engineer, who also came to Bordeaux to study our unique winemaking techniques).

Yesterday, after a good rest in the middle of the fields, in this beautiful valley, we head south (via one of the most beautiful roads I’ve been able to drive on since we arrived here), towards Bryce Canyon National Park, one of the « Mighty Five » as they are called here, because Utah offers no less than five national parks (plus also the northern entrance to the Grand Canyon). 
I chose Bryce Canyon because we couldn’t go through Monument Valley during our Route 66 trip, and this park, especially Red Canyon where we are coming from, is a bit like (more than) a miniaturized version of it. In fact, we really enjoy ourselves and take advantage of the relatively modest size of the place (« only » a small thirty kilometers long) to see everything, photograph everything, smell everything, reap everything in our little lost bird heads. 
On the way back, as I enjoy this magnificent road again (and Dimi has fallen asleep), I tell myself that Utah is definitely a beautiful discovery (first time for me), and that I will have to go back, this time to do the whole Mighty Five in a row…


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Day 44 – Mile 6926
Las Vegas, Nevada

Si nous avons basculé hier soir entre le Sequoia National Park et le Death Valley National Park (aucune route ne traverse le Sequoia NP d’ouest en est), c’est pour bien sûr visiter ce dernier qui, déjà, porte très mal son nom, malgré le fait qu’il soit en plein Mojave Desert et aussi détenteur du record de température la plus élevée jamais constatée sur terre depuis que nous faisons des relevés (record qui remonte à 1913). Bien sûr, il y a de nombreuses espèces de reptiles (dont certains ne vivent qu’ici). Bien sûr, il y a des coyotes (nous en croisons un, visiblement assez jeune et donc pas encore craintif, qui accepte de s’approcher à environ deux mètres de nous et d’être pris en photo). Mais la faune et la flore sont extrêmement riches et variées et il arrive même qu’après un bons abats d’eau, le désert fleurisse !… Et d’ailleurs la vallée a été baptisée ainsi par les Anglais pendant la ruée vers l’or, rien à voir avec des personnes qui sècheraient sur place à cause des fortes chaleurs ou que sais-je encore !

Bon, il ne faut pas oublier non plus que Death Valley est le plus grand parc américain, si l’on met de côté l’Alaska, son climat aride s’expliquant par le fait que la vallée est protégée de toutes parts par cinq chaines de montagnes différentes. Pas étonnant donc d’y trouver énormément de choses (et plus de 400 espèces d’animaux différentes, tout de même), d’un cratère de volcan (tout au nord) jusqu’aux roches qui semblent peintes de mille couleurs (le premier nom de la vallée était Timbisha, qui veut dire « la peinture de roche »), sans oublier Badwater, le point le plus bas du continent nord-américain (-86 mètres sous le niveau de la mer, un ancien lac qui faisait plus de 180 mètres de profondeur et 120 kilomètres de long il y a de cela quelques milliers d’années !) où nous nous arrêtons, avant de sortir du parc par l’ouest et de Las Vegas pour la soirée. 

Oui, je ne vous le fais pas dire, passer de la tranquillité, de la quiétude et du grandiose de Death Valley au bordel, au bruit, à la superficialité assumée et à la surpopulation de Las Vegas un samedi soir, on peut difficilement imaginer plus grand écart. 

If we switched last night between Sequoia National Park and Death Valley National Park (no road crosses Sequoia NP from west to east), it’s of course to visit the latter, which already bears its name very badly, despite the fact that it is in the middle of Mojave Desert and also holds the highest temperature ever recorded on earth since we have taken measurements (record dating back to 1913). Of course, there are many species of reptiles (some of which only live here). Of course, there are coyotes (we meet one, obviously quite young and therefore not yet afraid, who agrees to approach about two meters from us and be photographed). But the fauna and flora are extremely rich and varied and it even happens that after torrential rains, the desert blooms !… And besides the valley was named by the English during the gold rush, nothing to do with people who would dry up on the spot because of the strong heat or whatever !

Well, it should also be remembered that Death Valley is the largest American park, apart from Alaska, its arid climate is due to the fact that the valley is protected on all sides by five different mountain ranges. So it’s not surprising to find a lot of things (including more than 400 different animal species), from a volcano crater (far north) to rocks that seem painted in a thousand colours (the first name of the valley was Timbisha, which means « rock painting »), not to mention Badwater, the lowest point on the North American continent (-86 meters below sea level, an ancient lake that was more than 180 meters deep and 120 kilometers long a few thousand years ago !) where we stop, before leaving the park from the west and Las Vegas (and our twelfth state, Nevada) for the evening. 

Yes, I can’t tell you, it’s hard to imagine a greater gap than going from the tranquility, wilderness and grandeur of Death Valley to the brothel, the noise, the assumed superficiality and overcrowding of Las Vegas on a Saturday night. 

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Day 43 – Mile 6650
Ridgecrest, California

Le Sequoia National Park étant relativement grand, d’ailleurs couplé avec un autre parc national (Kings Canyon) —et surtout quasi exclusivement située en montagne de moyenne altitude—, nous partons assez tôt pour ne rien louper de l’un des moments les plus attendus par Dimi. Surtout que j’ai déjà visité pour ma part le Muir Woods National Monument (la forêt au nord de San Francisco, que l’on voit notamment dans la trilogie prequel de La Planète des Singes), ainsi qu’une autre forêt de Redwoods géants encore plus au nord, vers Santa Rosa, où nous n’avons pas pu aller cette fois-ci, à cause des feux et de l’évacuation de ce secteur.
J’y avais été impressionné comme rarement et j’en avais ramené plein de souvenirs et… de photos moyennement réussies (comprendre moyennement ratées !), car ces arbres sont si grands, si imposants, qu’il est littéralement impossible de les photographier sur toute leur verticalité. Mais cette fois-ci, j’ai eu une revanche bien méritée et bien préméditée puisque j’avais amené de France (quasiment rien que pour ça en plus) un objectif fisheye 8mm, ce qui donne par ailleurs des clichés assez amusants, même si les images sont (forcément) très déformées.

Point de Redwoods dans ces parcs, juste des Sequoias, mais c’est bien sûr largement suffisant. Les Redwoods sont les arbres les plus grands sur la planète, les Sequoias les plus gros (et donc volumineux). Les Sequoias sont aussi plus vieux (environ 3200 ans contre 2000). Nous avons donc déambulé au milieu de ces arbres splendides, comme des mômes, pas nécessairement du côté du Général Sherman, aimant à touristes par excellence, et même si nous y faisons un stop, par curiosité. Le Général Sherman n’est pas le plus vieux (2200 ans environ selon les estimations) mais est le plus gros d’entre tous (le Général Grant, côté Kings Canyon, lui tient la dragée haute), plus de 31 mètres de circonférence à sa base, 24 mètres de circonférence moyenne et presque 84 mètres de haut —et il continue de grandir, produisant chaque année l’équivalent de 18 mètres de bois d’un arbre « normal » !
Nous devons rejoindre Ridgecrest en toute fin d’après-midi et quittons à regret ce petit coin de paradis, pour une enfilade interminable de routes de montagne dans la partie la plus au sud de la Sierre Nevada, que nous traversons donc d’ouest en est, ce qui nous prend au bas mot quatre bonnes heures et fait que lorsque j’arrive enfin sur notre bout de colline d’un soir, je suis tout juste bon à coucher —ou presque !

The Sequoia National Park being relatively large, coupled with another national park (Kings Canyon) —and especially almost exclusively located in the middle altitude mountains—, we leave early enough not to miss anything of one of Dimi’s most anticipated moments. Especially since I have already visited the Muir Woods National Monument (the forest north of San Francisco, which can be seen in the Planet of the Apes prequel trilogy), as well as another forest of giant Redwoods even further north, towards Santa Rosa, where we were unable to go this time, due to fires and the evacuation of this area. 
I had been impressed as rarely as ever and brought back many memories and… moderately successful photos (to understand moderately failed !), because these trees are so big, so imposing, that it is literally impossible to photograph them on all their verticality. But this time, I had a well-deserved and premeditated revenge since I had brought from France (almost only for that purpose) an 8mm fisheye lens, which also gives quite funny pictures, even if the images are (necessarily) very distorted.

There are no Redwoods in these parks, just Sequoias, but that’s of course enough. Redwoods are the tallest trees on the planet, the largest (and therefore voluminous) are Sequoias. Sequoias are also older (about 3200 years old compared to 2000). So we walked among these splendid trees, like children, not necessarily on the side of General Sherman, a magnet for tourists, and even if we stop there, out of curiosity. General Sherman is not the oldest (about 2200 years old according to estimates) but is the largest of them all (General Grant, on the Kings Canyon side, holds its own), more than 31 meters in circumference at his base, 24 meters in average circumference and almost 84 meters high —and he continues to grow, producing each year the equivalent of 18 meters of wood from a « normal » tree !
We have to reach Ridgecrest in the late afternoon and leave this little side of paradise with regret for an endless series of mountain roads in the southernmost part of the Sierre Nevada, that we cross from west to east, which takes us at least four good hours and makes sure that when I finally get to our end of the hill for one night, I’m just good for bed —or almost so!


Day 42 – Mile 6358
Exeter, California

Aujourd’hui est un jour symboliquement important, puisque nous venons de dépasser la barre des… 10.000 kilomètres parcourus !
Hier, contre toute attente (ça n’était pas même prévu la veille, puisque notre détour par San Francisco et le nord de la Californie a été tout bonnement annulé, pour cause de feux persistants), nous avons remonté jusqu’à Arroyo Grande, en empruntant la mythique  California Highway 1 qui longe la côte et qui peut être vue (souvent des images aériennes d’ailleurs) dans bon nombre de films ou séries.

Les villes et plages qui se succèdent font rêver : Pacific Palissades, Malibu, Ventura, Muscle Shoals (rien à voir avec les studios d’enregistrement du même nom, situés dans l’Alabama), Santa Barbara… Côté plages, énormément de petites maisons souvent nichées sur des morceaux de falaises, de l’autre côté de superbes villas sur les collines qui surplombent donc la cote dans sa vision et version la plus extra-large possible. Nous nous arrêtons à plusieurs reprises, mais d’importantes remontées maritimes nous empêchent de photographier la majorité des sites. Nous réussissons cependant à passer entre deux vagues de brume du côté de Malibu, puis à Ventura où nous découvrons et visitons une brocante. Aucun achat à la clef, malgré un stand fourni en vinyles et un autre en vieux bouquins. J’avoue d’ailleurs avoir failli me laisser tenter par quelques vieilles éditions de classiques de l’âge d’or de la SF aux couvertures magnifiques, avant de me raviser, me souvenant qu’au moment de partir nous étions déjà ultra-limites au niveau du poids de nos valises (respectivement 22,7 et 22,8 kilos pour 23 kilos max !).

Ce matin, nous sommes repartis des hauteurs d’Arroyo Grande (un bed and breakfast avec une large terrasse et vue jusqu’à la mer), direction le Sequoia National Park, que nous ferons demain. Néanmoins, il me fallait transformer nos passes précédents en un pass annuel « America the beautiful » et il fallait s’en occuper avant ce soir. En effet, les passes sont valables une semaine, y compris si on veut les cumuler et donc les voir être soustraits de l’achat d’un pass annuel (on peut même être remboursé si on a trop payé).
Pour faire simple, le Grand Canyon nous a coûté 35 dollars, Joshua Tree 30 (celui de la Petrified Forest étant trop ancien), et le pass annuel vaut 80 !
Bref, nous voilà désormais parés pour tous les autres parcs nationaux que nous visiterons jusqu’à la fin de notre séjour, dont Yellowstone, car nous avons décidé de profiter, et de la météo vraiment clémente pour un début novembre (la tempête de neige fin octobre notamment sur le Colorado est un vieux souvenir), et du fait que nous ne pourrons pas revenir côté est pour le 10 novembre max comme prévu initialement, pour nous accorder quelques menus plaisirs supplémentaires. Aussi, quand on passe du temps dans ce pays, on en vient rapidement à rechercher toutes les escapades possibles loin de tous ces « gens » (j’ai décidé d’être poli dans le blog, pas sûr d’arriver à me réfréner dans le livre en devenir par contre !)…
Dès lors que nous quittons le nord de la Los Padres National Forest, en direction de la Sierra Nevada, ce massif montagneux de l’est de la Californie connu pour ses montagnes assez élevées (jusqu’à plus de 4400 mètres) et la grande diversité de ses paysages, la température remonte en flèche (jusqu’à presque 30 degrés !) et nous traversons une longue vallée faite de pâturages ultra secs (voir brûlés à certains endroits, sur plusieurs collines successives), avant de rouler au milieu des citronniers, puis de grimper jusqu’à Three Rivers, où nous faisons le plein de nourriture —et de belles images, d’une des rivières en question, mais aussi notamment du lac Kaweah.

Today was a symbolically important day, since we have just overpassed the threshold of… 10,000 kilometers covered!
Yesterday, against all expectations (it wasn’t even planned the day before, since our detour to San Francisco and northern California was simply cancelled, due to persistent fires), we headed back to Arroyo Grande, using the mythical California Highway 1 that runs along the coast and can be seen (often aerial images by the way) in many movies or series. 

The cities and beaches that follow one another make you dream : Pacific Palissades, Malibu, Ventura, Muscle Shoals (nothing to do with the recording studios of the same name, located in Alabama), Santa Barbara… On the beach side, there are many small houses often nestled on pieces of cliffs, on the other side superb villas on the hills that therefore overlook the coast in its vision and version as extra-large as possible. We stop several times, but major sea lifts prevent us from photographing most of the sites. However, we manage to pass between two waves of mist on the Malibu side, then to Ventura where we discover and visit a flea market. No purchase at all, despite a stand provided with vinyl and another with old books. I must admit that I almost let myself be tempted by a few old editions of classic SF golden age classics with magnificent covers, before changing my mind, remembering that when we left we were already ultra-limited in the weight of our suitcases (22.7 and 22.8 kilos respectively for 23 kilos max!).

This morning, we left from the heights of Arroyo Grande (a bed and breakfast with a large terrace with a view to the sea), towards Sequoia National Park, which we will do tomorrow. Nevertheless, I had to transform our previous passes into an annual « America the beautiful » pass and therefore to take care of it before tonight. Indeed, the passes are valid for one week, even if you want to accumulate them and therefore see them subtracted from the purchase of an annual pass (you can even be refunded if you have paid too much). 
To put it simply, the Grand Canyon cost us 35 dollars, Joshua Tree 30 (the one in the Petrified Forest being too old), and the annual pass is worth 80 ! 
In short, we are now ready for all the other national parks we will visit until the end of our stay, including Yellowstone, and we have decided to enjoy and give ourselves some extra pleasures, because of the really mild weather for an early November (the snowstorm at the end of October especially on the Colorado is an old memory), and also because of the fact that we will not be able to return to the east side for November 10 max as initially planned. Also, when you spend time in this country, you quickly come to look for all the possible escapades away from all these « people » (I decided to be polite in the blog, not sure if I could curb myself in the book in the making though!)….
As soon as we leave the north of Los Padres National Forest, towards the Sierra Nevada, this mountainous massif in eastern California known for its fairly high mountains (up to more than 4400 meters) and the great diversity of its landscapes, the temperature rises sharply (up to almost 30 degrees!) and we cross a long valley made of ultra dry pastures (even burned in some places, on several successive hills), before driving among the lemon trees, then climbing to Three Rivers, where we fill up with food – and beautiful images, of one of those rivers, but also of Lake Kaweah.


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Day 40 – Mile 5979
Venice Beach, California

La voiture n’a pas bougé aujourd’hui et nous avons tout fait à pied et à vélo, le tout après avoir dégusté le saumon fumé considéré (à raison, jusqu’à preuve du contraire) comme le meilleur de toute la Californie, chez Shoop’s European Market & Café. En tout cas, si ça n’est pas le meilleur, c’est très nettement le plus cher (ce qui en langage californien signifie bien le meilleur) !… Remarquez, Santa Monica a toujours été un endroit pour privilégiés (malgré le nombre de plus en plus importants de SDF), c’est un peu le St Tropez d’ici (ou le Cannes, puisque se déroule en ce moment-même l’American Film Market)…
Nous sommes donc allés d’un côté jusqu’au bout de Venice Beach (et même jusqu’à Marina Del Rey et Playa Del Rey), de l’autre jusqu’au Santa Monica Pier, soi-disant la jetée la plus connue au monde, en tout cas elle marque la toute fin de la Route 66, et est constamment surpeuplée.
Sinon, le front de mer sur ces quelques miles, que je connais assez bien pour y être passé régulièrement depuis les années 90, change peu (hormis le nombre croissant de sans abri qui semble y avoir élu domicile fixe). On y trouve toujours (apprentis ou non) sportifs, poseurs et autres rois de la gonflette et tout est y volontiers excentrique. C’est aussi un aimant à images et nous y croisons une équipe de Sky Sports en train d’interviewer des boxeurs (un ring a été installé juste derrière, pas loin de la longue rue piétonne parallèle à l’océan), un tournage de clip hip hop, une session photos sans doute publicitaire avec une bomba Latina en train de prendre la pose avec un téléphone portable qu’elle semble chérir comme le plus important de ses trésors… et même une autre session photos probablement pour un site internet pour les amateurs de femmes noires très très (très !) rondes et seulement habillées d’un micro-bikini.

The car didn’t move today and we did everything on foot and by bike, all after tasting the smoked salmon considered (rightly, until proven otherwise) to be the best in California, at Shoop’s European Market & Café. In any case, if it’s not the best, it’s clearly the most expensive (which in Californian language means the best!)… Note, Santa Monica has always been a place for the privileged (despite the ever-increasing number of homeless people), it’s a little like the St Tropez from here (or Cannes, since the American Film Market is taking place right now)…
So we went from one side to the end of Venice Beach (and even to Marina Del Rey and Playa Del Rey), from the other side to Santa Monica Pier, supposedly the most famous pier in the world, anyway it marks the very end of Route 66, and is constantly overcrowded.
Otherwise, the waterfront over these few miles, which I know well enough to have been there regularly since the 1990s, changes little (apart from the increasing number of homeless people who seem to have taken up permanent residence there). There are always (apprentices or not) sportsmen, posers and other kings of the chick and everything and everybody is eccentric. It is also an image magnet and we meet a Sky Sports team interviewing boxers (a ring has been set up just behind, not far from the long pedestrian street parallel to the ocean), a hip hop clip shooting, a photo session probably advertising with a Latina bimbo posing with a mobile phone that she seems to cherish as the most important of her treasures… and even another photo session probably for a website for fans of very very (very !) round black women only dressed in a micro bikini. 


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Day 39 – Mile 5979
Santa Monica, California

Nous quittons les hauteurs de Desert Hot Springs, non sans profiter une dernière fois de la vue sur l’ensemble de la Coachella Valley, direction le Joshua Tree National Park, que nous allons entreprendre par l’entrée ouest, considérée comme la meilleure puisqu’il y a une concentration d’endroits à voir dans le quart nord-ouest de ce très grand parc, notamment la « Hidden Valley », une randonnée de deux kilomètres environ au milieu d’ensemble de gros rochers.
Dès l’entrée du parc, nous sommes subjugués par la beauté des paysages, presque irréels, et qui pourraient ressembler à des décors de cinéma façonnés spécialement pour l’occasion, tant ils se rapprochent d’une certaine idée de la perfection. C’est bien simple, on a envie d’en photographier chaque centimètre, et c’est d’ailleurs un peu ce que nous faisons, en nous arrêtant une bonne demi-douzaine de fois lors des deux ou trois premiers miles.
La végétation ici est unique au monde. Et les couleurs, bien sûr, sont incroyables, surtout avec ce soleil d’automne un peu bas. Ajoutez à cela la chaleur (une trentaine de degrés), qui tire la colorimétrie vers des teintes plus « désertiques » et vous obtiendrez le rêve de tout photographe, fut-il en « herbe ». Nous profitons de l’affluence assez basse de ce début de mois de novembre pour rester à l’écart des autres visiteurs, et nous déjeunons au beau milieu des rochers, loin des aires de pique-nique prévues à cet effet.

Vers 15h, il est malheureusement temps pour nous de partir, nous devons être à Santa Monica en fin d’après-midi… À 80 miles environ de L.A., je me souviens instantanément de l’enfer autoroutier et routier de l’agglomération (la dernière fois, je mettais dit « plus jamais ça ! », et la fois d’avant aussi, et…).
Nous décidons de faire un détour du côté du Hollywood Sign (pas pour le prendre en photo, mais pour prendre des photos en subjectif depuis cet endroit), mais le GPS nous conduit jusqu’au fameux Griffith Observatory, un peu plus bas, et que nous atteignons alors qu’il fait déjà nuit. Nous essayons tant bien que mal de prendre en photo le décor grandiose de la ville illuminée, mais bien sûr cela ne rend rien… Puis il est temps de redescendre et de foncer jusqu’à l’océan, d’autant plus que la route qui monte et redescend de l’observatoire astronomique (construit en 1935) est fermée la nuit pour cause de tournage. N’oublions pas que nous sommes à Hollywood (ou presque).

We leave the heights of Desert Hot Springs, not without enjoying one last time the view of the entire Coachella Valley, towards Joshua Tree National Park, which we will undertake through the western entrance, considered the best since there is a concentration of places to see in the northwest quarter of this very large park, including the « Hidden Valley », a hike of about two kilometres in the middle of large rocks.
As soon as we enter the park, we are captivated by the beauty of the landscapes, almost unreal, and which could resemble film sets specially designed for the occasion, so close are they to a certain idea of perfection. It’s quite simple, we want to photograph every inch of it, and that’s what we do, stopping a good half a dozen times during the first two or three miles. 
The vegetation here is quite unique in the world. And the colours, of course, are incredible, especially with this low autumn sun. Add to that the heat (about thirty celsius degrees), which pulls colorimetry towards more « desert » shades and you will obtain the dream of any photographer. We take advantage of the relatively low attendance at the beginning of November to stay away from other visitors, and we have lunch in the middle of the rocks, far from the picnic areas provided for this purpose. 

Around 3pm, it’s unfortunately time for us to leave, we have to be in Santa Monica at the end of the afternoon… About 80 miles from L.A., I instantly remember the highway and road hell of the city (the last time, I said « never again! », and the time before that too, and…). 
We decide to make a detour to the Hollywood Sign (not to take a picture of it, but to take subjective pictures from there), but the GPS takes us to the famous Griffith Observatory instead, a little further down, and that we reach after dark. We try as best we can to take a picture of the grandiose scenery of the illuminated city, but of course it doesn’t make any difference and everything is far way too wide… Then it’s time to go back down and head for the ocean, especially since the road that goes up and down from the astronomical observatory (built in 1935) is closed at night because of a film shooting. Let’s not forget that we are in Hollywood (or almost). 

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Day 38 – Mile 5779
Desert Hot Springs, California

Tout a une fin et notre séjour d’une bonne semaine en Arizona est terminé. Nous reprenons la route, direction l’océan, la Californie, mais aussi l’arrivée de la Route 66 sur laquelle nous ré-embarquons même si peu de choses sont à voir sur cette dernière portion (et nous sommes seulement en train d’atterrir du Grand Canyon !). Il y a bien le Bagdad Café du film du même nom, d’ailleurs pas situé à Bagdad (la ville n’existe plus depuis les années 90 et ne reste plus qu’un nom sur une carte), mais ça nous ferait faire un sacré détour, notre terminus du soir étant située bien plus au sud, en bordure du Joshua Tree National Park…
Et les paysages, comme toujours lors de ces étapes un peu longues, de défiler de manière toujours aussi impressionnante. Nous traversons ainsi la Kaibab National Forest, aussi gigantesque qu’épaisse (un site protégé de plus de 6500 km2), avant que le sol ne devienne progressivement plus aride. Nous entrons alors dans le Mojave Desert, un peu avant la frontière avec la Californie et y faisons notre pause déjeuner, amusés par les panneaux d’avertissement que le lieu est partagé avec des serpents venimeux ou encore des insectes hostiles comme les scorpions.

Nous pénétrons ensuite en Californie (mais ne pouvons accomplir notre petit rituel du selfie, le panneau étant situé à un endroit de l’autoroute où nous ne pouvons pas nous arrêter, en pleine montagne et juste après un pont !) et descendons plein sud (à ce moment-là nous suivons encore l’historique Route 66 et j’immortalise une dernière fois une peinture au sol, au niveau de la frontière nord avec le Colorado Desert et le Joshua Tree National Park (assez récemment créé, en 1994).
Ce désert est assez différent du désert Mojave, au niveau des altitudes (nous sommes bien redescendus) mais aussi de leurs écosystèmes respectifs et dès que nous arrivons à Twentyninepalms (oui, comme le film de Bruno Dumont ou la chanson de Robert Plant —sur l’album « Fate Of Nations »), définitivement l’oasis au milieu du désert promis par les panneaux en entrée de ville, émergent du désert les fameux arbres de Josué (oui comme sur la pochette de l’album de U2 du même nom), qu’on ne trouve que dans le sud-ouest des États-Unis. J’ai très envie de m’arrêter là, n’importe où, pour les prendre en photo, mais la nuit tombe déjà (nous avons pris une heure de décalage de plus aujourd’hui et en Californie il fait nuit à… 17 heures !). Pas grave, demain nous irons au Joshua Tree National Park et je pense que j’aurai mon compte d’arbres, de cactus, de rochers et de photos !…

Everything has an end and our week-long stay in Arizona is over. We take the road again, towards the ocean, California, but also the end of Route 66 on which we re-embark even if little is to be seen on this last section (and we are still only landing from the Grand Canyon!). There is indeed the Bagdad Café of the film of the same name, not located in Bagdad by the way (the city no longer exists since the 90s and only remains a name on a map), but it would make us make a big detour, our evening terminus being located much further south, on the edge of the Joshua Tree National Park… 
And the landscapes, as always during these rather long periods of driving, to parade in such an impressive way. We cross the Kaibab National Forest, as gigantic as it is thick (a protected site of more than 6500 km2), before the soil gradually becomes more arid. We then enter the Mojave Desert, just before the border with California and take our lunch break, amused by the warning signs saying that the place is shared with poisonous snakes or even hostile insects like scorpions. 

We then enter California (but cannot perform our little selfie ritual, the sign being located at a point on the highway where we can’t stop, in the middle of mountains and just after a bridge!) and go south (at that point we still follow the historic Route 66 and I immortalize one last time a painting on the road, at the northern border with Colorado Desert and Joshua Tree National Park (quite recently created, in 1994).
This desert is quite different from the Mojave desert, in terms of altitude (we have descended well) but also in terms of their respective ecosystems and as soon as we reach Twentyninepalms (yes, like Bruno Dumont’s film or Robert Plant’s song —on the album « Fate Of Nations »), definitively the oasis in the middle of the desert promised by the signs at the entrance of the city, emerge from the desert the famous Joshua trees (yes as on the cover of the album of U2 of the same name), which can only be found in the southwest of the United States. I really want to stop there, anywhere, to take pictures of those incredible trees, but it’s already getting dark (we took an hour more off today and in California it’s dark at… 5pm!). No problem, tomorrow we’ll go to Joshua Tree National Park and I think I’ll have enough trees, cacti, rocks and pictures!….

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Day 36 – Mile 5237
Grand Canyon, Arizona

Depuis une bonne dizaine de jours, je suis l’évolution quotidienne des feux en Californie  et recueille témoignages et conseils d’amis ou connaissances sur place (certains ont carrément été évacués ou alors entretiennent une correspondance épisodique, instabilité du réseau électrique oblige), une évolution qui oscille allègrement entre l’alarmant et le désespérant, puisqu’une partie de ces feux s’est justement déclarée pile là où nous devions initialement passer (du côté du comté de Sonoma, au nord de San Francisco, et tout particulièrement vers Santa Rosa) et même depuis quelques jours juste à côté de Santa Monica, qui marque la fin de la Route 66 et est donc un passage obligé pour nous avant de remonter jusqu’à San Francisco, sans même évoquer que cette partie-là de Los Angeles est une des plus cools à traverser (Glendale, West Hollywood, Culver City, etc.) de la grande mégalopole appelée communément San-San (de San Diego à San Francisco).
Ajouter à cela une plantade dans les grandes largeurs de ce que nous devions faire à Las Vegas les 1 et 2 novembre (mais ça n’est qu’un demi souci, car je déteste Las Vegas et n’avais pas prévu d’y passer avant que cette fausse opportunité n’apparaisse comme par enchantement) et vous comprendrez pourquoi nous piétinons en Arizona depuis une grosse semaine. Enfin, « piétiner » est vraiment une mauvaise description tant j’adore cette partie du globe. Le plus embêtant dans ce surplace un peu forcé, c’est que nous ne pourrons pas être revenus à temps pour l’enregistrement du nouvel album de Todd Albright à Nashville, à compter du 7 novembre, comme prévu. La bonne nouvelle, c’est que nous allons sans doute pouvoir retourner plein est par le nord (Utah, Colorado, Nebraska, etc.) car le temps ces prochains jours y est beaucoup plus clément (il a beaucoup neigé à Denver, la semaine dernière).
Bref, nous profitons de ces quelques jours de plus à Flagstaff, pour visiter le Taala Hooghan Infoshop ouvert par Klee pas loin du centre-ville (sur une route perpendiculaire de la 66, on y revient toujours !). L’endroit est immense est encore en cours d’aménagement. On y trouve des informations sur toutes les actions entreprises dans la région (« save the peaks », etc.) et plus généralement des zines anti-fa et de la lecture « choisie ». On peut y acheter des t-shirts, autocollants, etc., pour aider au financement de ces actions. Mais c’est aussi un endroit qui va permettre à terme aux jeunes locaux de pouvoir s’exprimer (petite scène, matériel de montage vidéo…). Quant aux plus démunis et aux sans abri, ils peuvent venir y récupérer vêtements de première nécessité. Enfin, il y a aussi une grande bibliothèque de prêt gratuite. Nous y laissons quelques babioles, dont le fameux 501 trouvé à Natchez, un sac à dos et les exemplaires des trois premiers volumes de ma collection « Rencontres, Portraits, Entretiens », que j’avais amenés avec moi.

Nous en profitons aussi et surtout pour cumuler et multiplier les enregistrements. Nous avions déjà enregistré deux titres avec Klee avant notre aller-retour à Phoenix (voir plus bas). Cette fois-ci, c’est au tour de Sihasin de s’exécuter, directement depuis leur studio de répétition. Deux superbes titres, précédés des habituels messages d’ouverture qui vont bien avec (promis, dès que je rentre en France, je synchronise les vidéos et les posterai ici même). Le groupe, déjà détenteur de plusieurs prix, a encore été nominé cette année pour cinq Native American Music Awards, la cérémonie ayant lieu dans peu de temps (j’écris ces lignes samedi, à 18 heures heure locale). J’en profite donc pour leur souhaiter bonne chance et indiquerai ici les résultats demain ou après-demain.
Mais qui dit Sihasin (ou Klee Benally), dit Jones Benally family et Jones, qui pourtant n’est pas encore sorti d’une interminable crève et a la voix éraillée comme jamais (du haut de ses 90+ ans !) accepte bien volontiers qu’on enregistre une chanson de lui. En réalité, ce sont les conditions sur le moment qui ne sont pas optimales (en terme de nuisances sonores), sinon comme il le dira lui-même : « je pourrais chanter toute la journée ! »…
Enfin, cerise sur le gâteau, nous n’évoquons jamais assez Berta Benally, la mère de Clayson, Jeneda et Klee et l’actuel mamanageuse de Sihasin (et avant cela de Blackfire), mais son parcours est assez incroyable ! Elle a accueilli Dylan à Greenwich Village et fait partie intégrante du mouvement beatnik. Elle a aussi longtemps habité Woodstock, puis vécue au cœur de la scène psychédélique californienne, côtoyant (et même hébergeant parfois) les Janis Joplin, Jim Morrison and co. Jamais vraiment rangée des voitures, elle écrit toujours de la poésie qu’elle met en musique et parfois enregistre (nous avons eu la chance d’écouter une session inédite improvisée avec Eric McFadden à la guitare !) Et il lui arrive même de se produire sur scène, parfois en compagnie de son ami Pat McDonald. En parlant d’amitié, elle entretient toujours des liens (plus ou moins) réguliers et (plutôt beaucoup plus que moins) solides avec certains de ces amis de longue date, comme Taj Mahal ou Ramblin’ Jack Elliott (et avoue qu’une de ses plus belles histoires d’amitié était celle qu’elle a eue avec Mike Bloomfield).
Voici donc non pas une ou deux chansons, mais cinq en tout (de haut en bas, Jones puis deux fois Berta puis deux fois Sihasin), enjoy !

L’autre grand avantage à passer plus de temps que prévu initialement en Arizona est que nous avons pu passer une journée entière au Grand Canyon, plutôt que juste le parcourir à la va-vite, sur notre trajet pour Las Vegas.
C’était ma troisième visite (après 1997 et 2000 ou 2001) et bien sûr le lieu est toujours aussi majestueux et difficile à décrire (compliqué à photographier aussi ! Le parc national fait quand même 200 kilomètres de long et quasi 5000 km2 !). Ce qui a beaucoup changé par contre, c’est le nombre de constructions, bien plus et trop élevé qu’il y a donc peu, compte tenu de l’assez récente ancienneté du parc (ouvert en 1919). Mais bon, vu qu’on passe déjà son temps à y faire abstraction de la foule, aussi bruyante que visuellement polluante, nous ne sommes pas à un exercice de self control prêt.

For the past ten days or so, I have been following the daily evolution of fires in California and gathering testimonies and advice from friends or acquaintances on those spots (some of them have been evacuated or have an episodic correspondence, due to the instability of the power grid), an evolution that oscillates happily between the alarming and the desperate, since some of these fires have just declared themselves exactly where we should have initially gone (on the Sonoma County side, north of San Francisco, especially towards Santa Rosa) and even for the last few days just outside Santa Monica, which marks the end of Route 66 and is therefore an obligatory passage for us before going up to San Francisco, without even mentioning that this part of Los Angeles is one of the coolest parts to cross (Glendale, West Hollywood, Culver City, etc.).) of the large megalopolis commonly known as San San (from San Diego to San Francisco).
Add to that the force annulment of what we were supposed to do in Las Vegas on November 1 and 2 (but that’s only half a worry, because I hate Las Vegas and hadn’t planned to stop by before this fake opportunity magically appeared) and you’ll understand why we’ve been trampling in Arizona for a more than a week. Finally, « trampling » is really a bad description because I love this part of the world so much. The most annoying thing about this forced stalemate is that we won’t be able to get back in time for the recording of Todd Albright’s new album in Nashville, starting November 7, as planned. The good news is that we will probably be able to return due east from the north (Utah, Colorado, Nebraska, etc.) because the weather in the coming days is much milder there (it snowed a lot in Denver last week). 
In short, we take advantage of these few more days in Flagstaff to visit the Taala Hooghan Infoshop opened by Klee not far from the city center (on a perpendicular road from the 66, we always come back to it!) The place is huge and still under development. It contains information on all the actions undertaken in the region (« save the peaks », etc.) and more generally on anti-fa zines and « chosen » reading. T-shirts, stickers, etc. can be purchased there to help finance these actions. But it is also a place that will eventually allow young locals to express themselves (small stage, video editing equipment…). As for the most deprived and homeless, they can come and collect basic clothing. Finally, there is also a large free lending library. We leave some trinkets there, including the famous Levis’ 501 found in Natchez, a backpack and copies of the first three volumes of my collection of interviews « Rencontres, Portraits, Entretiens », which I had brought with me. 

We also take the opportunity to accumulate and multiply the number of recordings. We had already recorded two tracks with Klee before our trip to Phoenix and back (see below). This time, it’s Sihasin’s turn to perform, directly from their rehearsal studio. Two superb tracks, preceded by the usual opening messages that go well with them (I promise, as soon as I return to France, I will synchronize the videos and post them right here). The group, which already won several awards, was nominated again this year for five Native American Music Awards, with the ceremony taking place shortly (I am writing these lines on Saturday, at 6pm local time). I would like to take this opportunity to wish them good luck and will report the results here tomorrow or the day after tomorrow. 
But who says Sihasin (or Klee Benally), says the Jones Benally family and Jones, who has not yet emerged from an endless cold and has a raspy voice as never before (from the top of his 90+ years!) accepts quite willingly that we record a song of him. In reality, it is the conditions at the time that are not optimal (in terms of noise pollution), and as he himself will say: « I could sing all day long! »….
Finally, icing on the cake, we can never talk enough about Berta Benally, Clayson’s Jeneda and Klee’s mother and the current mumanager of Sihasin (and before that Blackfire), but her journey is quite incredible! She welcomed Dylan to Greenwich Village and was an integral part of the beatnik movement. She also lived for a long time in Woodstock, then lived in the heart of the Californian psychedelic scene, alongside (and even sometimes hosting) Janis Joplin, Jim Morrison and others. Never really off-circuit, she always writes poetry that she sets to music and sometimes records (we had the chance to listen to an unpublished improvised session with Eric McFadden on guitar!) And she even performs on stage from time to time, sometimes with her friend Pat McDonald. Speaking of friendship, she still has (more or less) regular and (rather more than less) strong ties with some of her long-time friends, such as Taj Mahal or Ramblin’ Jack Elliott (and admits that one of her most beautiful friendship stories was the one she had with Mike Bloomfield). 
So here are not one or two songs, but five in all (from top to bottom, Jones then twice Berta then twice Sihasin, please go higher in the French-spoken section), enjoy!

The other great advantage of spending more time than originally planned in Arizona is that we were able to spend a full day at the Grand Canyon, rather than just rush through it on our way to Las Vegas. 
This was my third visit (after 1997 and 2000 or 2001) and of course the place is still as majestic and difficult to describe (complicated to photograph too! The national park is still 200 kilometres long and almost 5000 km2!). What has changed a lot, however, is the number of constructions, much more and too high than it was a short time ago, given the relatively recent age of the park (opened in 1919). But well, since we already spend our time ignoring the crowd, as noisy as it is visually polluting, we can add this other self-control exercise.


Days 31-32-33-34 – Mile 5067
Arizona

Dimanche 27, bravant le vent (des rafales jusqu’à 180 km/h), nous avons rebroussé chemin, sur la 40 et donc la 66 plein est, et sommes allés visiter le Meteor Crater, à 60 kilomètres environ de Flagstaff. Le cratère fait au minimum 1,2 km de diamètre (il n’est pas rond) et presque 200 mètres de profondeur. On estime qu’il a été formé il y a environ 50.000 ans par la chute d’une météorite riche en nickel de seulement cinquante mètres environ de diamètre, mais avec une masse estimée à plus de 300.000 tonnes. À l’époque, cette partie du globe était beaucoup plus verte et humide, et peuplée notamment de gros mammouths laineux.
Sur le papier, ce sont des chiffres assez impressionnants, mais sur place, croyez-moi, ça l’est encore plus ! J’avais peur qu’à cause des vents, il soit interdit de sortir du Visitor Center (qui contient un musée assez complet où l’on peut notamment simuler toutes sortes de collision, ainsi qu’une salle de projection —et bien sûr un magasin, nous sommes aux États-Unis !), mais seul l’accès le plus élevé (quelques mètres seulement de plus que les trois ou quatre autres où nous avons pu aller) était clos.
Nous rentrons à Flagstaff pour… jouer au billard, avec une équipe des pères (Jones et moi, évidemment victorieux, que croyez-vous ?!?) contre l’équipe des enfants (Clayson et Dimi), avant une soirée d’anniversaire d’une des deux filles de Jeneda, que nous allons passer dans un steakhouse typiquement texan (oui, en Arizona !) ayant la particularité de proposer d’énormes tonneaux remplis de cacahuètes et le rituel (particulièrement crétin, nous sommes bien d’accord) de balancer ses épluchures de cacahuètes par terre, de rendre donc l’endroit particulièrement crade, et de trouver ça fun !…
La table de billard est entreposée dans un énorme hangar métallique d’une bonne centaine de mètres carré, si ce n’est plus, situé juste à côté du studio de répétition de Sihasin, tout tout au fond… et mon œil est accroché par deux énormes flight cases contigus et estampillés du célèbre logo des Ramones. Clayson nous confirme que ce sont bien les flight cases utilisés par le groupe, qu’il a récupérés lorsqu’ils ont arrêté de se produire live et nous raconte l’histoire du soutien-gorge accroché à l’un d’entre eux.
Ce soutien-gorge a été envoyé par une fan lors d’un concert au début des années 80, puis a été accroché à une des poignées latérales et est resté là jusqu’à la toute dernière date de la toute dernière tournée du groupe, plus de quinze ans plus tard ! Joey Ramone avait dit : « Que personne ne touche à ce soutif ! S’il se défait ou tombe en lambeaux de lui-même, ça me va, sinon qu’il finisse sa vie accroché à ce flight case ! »…

Lundi 28, nous passons l’après-midi sur la route entre Flagstaff et Phoenix, enfin plus précisément Scottsdale, une ville de taille moyenne attenante qui regorge d’artistes, artisans et musiciens. Nous passons ainsi de plus de 2000 mètres d’altitude, à seulement 300 et les changements de paysages sont saisissants, d’une forêt moyennement dense à un plateau moins élevé mais désertique, puis à un semi-désert et ses innombrables cactus, de plus en plus nombreux et imposants au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la capitale de l’Arizona, et cinquième ville la plus peuplée des États-Unis. Bien sûr, nous nous prenons encore un choc thermique, passant en l’espèce de trois quatre heures de moins deux à plus de vingt-cinq degrés !
Nous avons rendez-vous pour dîner avec Susan Michelson, une amie de longue date, qui elle aussi est tombée dans la marmite de la rock musique toute petite et avec qui je suis en contact depuis notre interview de Dick Wagner, avec qui elle collaborait de longue date, pour Crossroads en 2009 pour la sortie de l’album « Full Meltdown » (Dick Wagner que je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter !), mais que je n’avais jamais rencontrée de visu.
Et ce dîner, particulièrement passionnant, de devenir une longue succession d’anecdotes, toutes périodes confondues, comme par exemple celle de Jack Douglas tenant à faire un discours aux funérailles de Dick Wagner où, contre toute attente, il révéla qu’il lui devait toute sa carrière, puisque le premier album pour lequel il fut producteur solo (il avait co-produit « Muscle Of Love » d’Alice Cooper, un peu plus tôt, avec Jack Richardson), le « Get Your Wings » d’Aerosmith, doit beaucoup plus à Dick Wagner que ce que laissent supposer les crédits (« Same Old Song And Dance » et la partie live de « Train Kept A Rollin’), puisqu’il aurait en réalité assuré la quasi totalité, pour ne pas dire la totalité, des parties de guitare (électrique)… et d’ailleurs aussi tout appris parallèlement à Joe Perry et Brad Whitford !
Dans un autre genre, nous avons eu aussi la chance d’écouter la toute dernière composition de Dick (« Soul to soul »), enregistrée par le soul singer culte Bobby Taylor (alors âgé de 78 ans !), mais encore inédite à ce jour. Oui, le Bobby Taylor des Four Pharaohs ou encore de Little Daddy & The Bachelors, à propos duquel Susan nous raconte son importance et son expertise au moment de la signature des Jackson 5 à la Motown alors que Bobby Gordy refusait obstinément de signer des enfants et donc purement et simplement de les auditionner.

Hier, mardi 29, nous sommes remontés jusqu’à Flagstaff, avec exactement l’exact contraire côté température (il faisait moins huit ce matin !), mais en nous arrêtant à plusieurs reprises. Tout d’abord à Sedona, définitivement devenu un pole touristique (nous y croisons notre premier car de touristes japonais depuis notre arrivée, c’est dire !), avec son quartier de plus en plus chic où l’on trouve toujours plus de galeries d’art, de magasins (de pierres soi-disant de guérison, mais pas que), de spas et autres bidules d’inspiration new age. Une superficialité de surface que nous supportons tant le décor y est toujours aussi somptueux, avec ces collines de terres rouges, ces nombreux sapins et ses canyons pour le moins abrupts.
À deux heures, nous avons rendez-vous avec Berta, à Cottonwood, tout proche, pour y manger les meilleures pâtes du pays. Cottonwood revit depuis peu grâce à une activité vinicole redevenue prépondérante dans toute la vallée, grâce à un homme et cet homme c’est Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle, Puscifer) qui, contre l’avis de tous, a recommencé à faire pousser de la vigne (comme le faisaient ses grands-parents en Italie !) sur les hauteurs de Jerome, une ancienne ville minière fantôme nichée sur les hauteurs, dont il a permis la renaissance et qui est aujourd’hui est en plein boum.
Bien sûr, tout ceci est fait dans les règles de l’art, comprendre du business à l’américaine, et bien sûr notre homme y possède un certain nombre de lieux, dont le fameux Puscifer – The Store, un endroit un rien narcissique (mais nous savons tous qu’il l’est !), très cher, mais avec pour la partie disques un choix de coffrets et de nouveautés particulièrement intéressants.
Entre Cottonwood et Jerome, nous nous étions arrêtés au Tuzigoot National Monument, à Clarkdale, un site impressionnant de près de vingt hectares de ruines d’anciennes habitations indiennes (parfois sur deux ou trois étages !), construit et agrandit entre les 12ème et 14ème siècles, et surplombant la Verde River depuis une colline stratégiquement on ne peut mieux située. L’endroit fut parait-il, pendant des siècles et des siècles, un lieu de rendez-vous où marchands de tout le continent se retrouvaient pour un grand marché du troc. Ce qui est le plus impressionnant, c’est l’incroyable état de conservation de l’ensemble du village, et particulièrement des murs épais en pierre, même si leur excavation est assez récente (première partie des années 1930).

On Sunday the 27th, braving the wind (gusts up to 180 km/h), we turned back, on the 40 and therefore the 66 due east, and went to visit the Meteor Crater, about 60 km from Flagstaff. The crater is at least 1.2 km in diameter (it is not round) and almost 200 meters deep. It is estimated that it was formed about 50,000 years ago by the fall of a nickel-rich meteorite only about 50 meters in diameter, but with an estimated mass of more than 300,000 tonnes. At the time, this part of the globe was much greener and wetter, with large woolly mammoths in particular. 
On paper, these are pretty impressive figures, but on the spot, believe me, it’s even more impressive! I was afraid that because of winds, it would be forbidden to leave the Visitor Center (which contains a fairly complete museum where one can simulate all kinds of collisions, as well as a screening room —and of course a store, don’t forget we are in the United States!), but only the highest access (only a few meters higher than the three or four others where we could go) was closed. 
We go back to Flagstaff to… play pool, with a team of fathers (Jones and I, obviously victorious, what do you think?!?!) against the team of children (Clayson and Dimi), before a birthday party of one of Jeneda’s two daughters, which we will spend in a typical Texan steakhouse (yes, Arizona !) having the particularity to propose huge barrels filled with peanuts and the ritual (particularly stupid, we agree) to throw peanut peels on the ground, to make the place particularly dirty, and to find it fun!…!
The pool table is stored in a huge metal hangar of a good hundred square meters, if not more, located just next to the Sihasin rehearsal studio, right at the back… and my eye is hooked by two huge flight cases adjacent and stamped with the famous Ramones logo. Clayson confirms that these are the flight cases used by the band, which he recovered when they stopped performing live and tells us the story of the bra hanging on one of them.
This bra was sent by a fan during a concert in the early 80’s, then hung on one of the side handles and stayed there until the very last date of the band’s very last tour, more than fifteen years later! Joey Ramone said, « Don’t let anyone touch that bra! If it comes apart or falls apart on its own, that’s fine with me, except that it will end its life hanging on to that flight case! »… »…

Monday the 28th, we spend the afternoon on the road between Flagstaff and Phoenix, or more precisely Scottsdale, an adjoining medium-sized city full of artists, craftsmen and musicians. We pass from more than 2000 meters above sea level to only 300 meters above sea level and the landscape changes are striking, from a moderately dense forest to a lower but desert plateau, then to a semi-desert with its countless cacti, more and more numerous and imposing as we approach the capital of Arizona, and the fifth most populated city in the United States. Of course, we are still taking another thermal shock, going from three four hours from minus two to more than twenty-five Celsius degrees!
We have an appointment for dinner with Susan Michelson, a long-time friend, who also fell into the pot of rock music as a child and with whom I have been in contact since our interview with Dick Wagner, with whom she had been working for a long time, for Crossroads in 2009 and the release of his great « Full Meltdown » album (Dick Wagner whom I would not offend you by introducing to you!), but whom I had never met in person. 
And this dinner, particularly exciting, to become a long succession of anecdotes, all periods combined, such as Jack Douglas’s one to make a speech at Dick Wagner’s funeral where, against all expectations, he revealed that he owed him his entire career, since the first album for which he was solo producer (he had co-produced Alice Cooper’s « Muscle Of Love » a little earlier, with Jack Richardson), Aerosmith’s « Get Your Wings » owes Dick Wagner much more than the credits suggest (« Same Old Song And Dance » and the live part of « Train Kept A Rollin' »), since he would in fact have played almost all, if not all, of the (electric) guitar parts… and also teached everything in parallel to Joe Perry and Brad Whitford !
In another genre, we also had the chance to listen to Dick’s latest composition (« Soul to soul »), recorded by the cult soul singer Bobby Taylor (then 78 years old!), but still unpublished to this day. Yes, the Bobby Taylor from the Four Pharaohs or Little Daddy & The Bachelors, about which Susan tells us about his importance and expertise at the time of the Motown Jackson 5 signing, while Bobby Gordy stubbornly refused to sign children and therefore purely and simply to audition them. 

Yesterday, Tuesday 29th, we climbed up back to Flagstaff, with exactly the opposite temperature side (it was minus eight this morning!), but stopping several times. First of all in Sedona, definitively become a tourist pole (we meet our first Japanese tourist bus since our arrival, that is to say!), with its increasingly chic district where we find more and more art galleries, shops (with so-called healing stones, but not only), spas and other new age inspired things. A superficiality of surface that we support so much the settings are always so sumptuous, with these hills of red earth, these numerous fir trees and those canyons at the very least steep.
At two o’clock, we have an appointment with Berta, in nearby Cottonwood, to eat the best pasta in the country. Cottonwood has recently been revived thanks to a wine activity that has once again become prevalent throughout the valley, thanks to a man and this man is Maynard James Keenan (Tool, A Perfect Circle, Puscifer) who, against everyone’s advice, has started growing vines again (as his grandparents did in Italy!) on the heights of Jerome, an old ghost mining town nestled on the heights, whose renaissance he allowed and which is now in full swing. 
Of course, all this is done according to the rules of art, understanding American-style business, and of course our man owns a number of places there, including the famous Puscifer – The Store, a somewhat narcissistic place (but we all know he is!), very expensive, but with a choice of records limited boxes and particularly interesting new releases for the vinyl part. 
Between Cottonwood and Jerome, we stopped at the Tuzigoot National Monument in Clarkdale, an impressive site of nearly twenty hectares of ruins of old Indian homes (sometimes on two or three floors!), built and expanded between the 12th and 14th centuries, and overlooking the Verde River from a strategically placed hill. For centuries and centuries, the place seemed to have been a meeting place where merchants from all over the continent gathered for a large barter market. What is most impressive is the incredible state of conservation of the whole village, and particularly the thick stone walls, even if their excavation is relatively recent (first part of the 1930s). 


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Day 30 – Mile 4521
Flagstaff, Arizona

Ce matin a marqué notre première incursion dans la réserve Navajo. Une brocante avait lieu à Leupp, située une vingtaine de miles à l’intérieur de la réserve. Pas beaucoup de stands et nous sommes revenus presque bredouilles (un livre d’illustrations traditionnelles amérindiennes qui pourra servir de source d’inspiration à Dimi pour de futurs dessins), mais l’occasion de discuter assez longuement avec Lawrence Yellowhair, dont le grand-père a participé au débarquement en Normandie. Lawrence est persuadé qu’il a un demi-frère ou une demi-sœur né(e) en France, car son canaillou de grand-père en a profité pour  jouer à mettre A dans B et secouer vigoureusement, avec une locale au teint laiteux de toute Normande qui se respecte. 

Nous revenons à Flagstaff, où nous avons rendez-vous avec Klee (l’ancien chanteur guitariste de Blackfire, mais déjà avec à son actif —je précise pour ceux qui sont lents au démarrage— un album solo et deux films, et bientôt un second disque —et plein d’autres choses) pour déjeuner, mais pas que. Nous déjeunons en ville, ce qui me permet de retrouver Flagstaff pratiquement comme je l’avais quittée, plus de vingt ans plus tôt, en tout cas d’aspect, car l’endroit est visiblement un peu squatté par l’un des fléaux d’aujourd’hui : les hipsters et leur lot de lieux prétendument branchés et non prétendument hors de prix !…
Ce week-end marque je ne sais quelle trêve pour les étudiants de la Northern Arizona University et beaucoup d’entre eux seront en ville ce soir pour picoler comme des trous, même qu’ils appellent ça Tequila Sunrise. Nous en croisons même quelques-uns qui ont décidé de prendre un peu d’avance sur leurs petits camarades. Le principe est aussi simple que débile : se bourrer la gueule jusqu’à la fermeture des bars (2 heures du mat), faire les cons dehors, se vomir dessus en cœur et trouver ça amusant, puis retourner boire et re-re-etc.-re-boire avec les différentes boîtes et cafés qui profitent de ce week-end de festivités particulièrement enrichissantes pour rouvrir exceptionnellement à six heures du mat.

Nous retournons ensuite chez Klee, où il nous fait découvrir une bonne partie de son nouvel album, « The Unsunstainable Sessions » et, comment dire, quelle claque ! J’avais déjà écouté deux titres il y a quelques semaines et m’attendais à une bonne surprise, mais là, franchement, je suis encore soufflé par la qualité de l’enregistrement. Comparé au premier album, on retrouve un Klee toujours autant en colère (et avec toutes les bonnes raisons du monde pour ça), mais qui mixe frustration et mélancolie, avec une production autrement plus fouillée et riche, et une approche du chant qui n’est pas sans rappeler Tom Waits. Oui, Tom Waits !… La sortie de l’album, qui est terminé et prêt, pochette incluse (regardez une de nos photos), est toujours en cours de financement et vous pouvez y participer en allant PAR ICI, ce que je vous conseille si d’ici quelques mois vous voulez pouvoir crâner auprès de vos potes en arguant que si ce chef-d’œuvre (oui, pas moins !) est disponible, c’est en partie grâce à vous !
Bien sûr, nous avons tout notre matériel (caméra, enregistreur audio…) dans la voiture et nous filmons et enregistrons deux de ces nouveaux titres, que vous pouvez découvrir ci-après, sous les photos correspondantes. Ces versions acoustiques ne font pas totalement honneur aux enregistrements particulièrement classieux de l’album (Klee se demande d’ailleurs comment il pourra les interpréter sur scène, seul), enregistrements studio tellement forts que cette petite session improvisée n’en demeure pas moins superbe de bout en bout (c’est bien simple, je les écoute en même temps que j’écris ces lignes et en ai la chair de poule non stop !)…

This morning marked our first (short) trip into the Navajo reservation. A flea market was held in Leupp, located about twenty miles inside the reserve. Not many stands and we came back almost empty-handed (a book of traditional Amerindian illustrations that could serve as a source of inspiration for Dimi for future drawings), but an opportunity to discuss at some length with Lawrence Yellowhair, whose grandfather participated in the Normandy landing during WWII. Lawrence is convinced that he has a half-brother or half-sister born in France, because his kinky grandfather took the opportunity to put A in B and shake it up vigorously, with a local woman with a Normandy girl. 

We return to Flagstaff, where we have a meeting with Klee (the former singer-guitarist of Blackfire, but already with a solo album and two films, and soon a second album on his own —and many other things to come) for lunch, but not only. We have lunch in town, which allows me to see Flagstaff practically as I had left the town, more than twenty years earlier, at least in terms of appearance, because the place is obviously a little squatted by one of today’s scourges: hipsters and their lot of supposedly trendy places and not supposedly priceless!…!
This weekend marks some kind of truce for the students at Northern Arizona University and many of them will be in town tonight to get drunk like hell (they call that « Tequila Sunrise »). We even meet some of them who have decided to get ahead of their little friends. The principle is as simple as it is stupid: get drunk until the bars close (2am), play dumb outside, throw up on other’s face and find it funny, then go back to drinking and drinking again-and-again-and-etc. with the different clubs and bars that are enjoying this weekend of particularly enriching festivities to reopen exceptionally at 6am. 

Then we go back to Klee’s, where he introduces us to a good part of his new album, « The Unsunstainable Sessions » and, how can I say, what a slap in the face! I had already listened to two tracks a few weeks ago and expected a good surprise, but now, frankly, I’m still amazed by the quality of the recording. Compared to the first album, we find Klee still as angry (and with all the good reasons in the world for that), but who mixes frustration and melancholy, with a much more in-depth and richer production, and an approach to singing that is not unlike Tom Waits. Yes, Tom Waits !… The release of the album, which is finished and ready, cover included (look at one of our photos), is still being financed and you can participate by GOING HERE, which I advise you to do if in a few months you want to be able to show off with your friends arguing that if this masterpiece (yes, no less!) is available, it is partly thanks to you!
Of course, we have all our equipment (camera, audio recorder…) in the car and we are filming and recording two of these new songs, which you can discover below. These acoustic versions do not totally honour the particularly classy recordings of the album (Klee wonders how he will be able to interpret some of  them on stage, alone), but they are so strong that this little improvised session remains superb from start to end (it’s quite simple, I’m listeingn to the songs at the same time as I write these lines and still get goosebumps)…


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Day 29 – Mile 4451
Flagstaff, Arizona

Aujourd’hui, nous sommes arrivés en Arizona, notre dixième état en pile quatre semaines, ce qui me met en joie, avec petits bonds dans la voiture et tout et tout, puisque c’est (jusqu’à présent) mon état préféré. Bien sûr, je ne suis pas allé partout, mais j’ai tout de même assez bourlingué de ce côté-ci de la planète, en tout cas suffisamment pour avoir un état favori et le clamer haut et fort. Dont acte.
Je suis venu en Arizona à plusieurs reprises, la première fois lorsque j’avais décidé sur un coup de tête (et contre l’avis de mon directeur de publication) de consacrer la couverture de Best (et un gros dossier intérieur) au groupe Blackfire, et par extension à la Jones Benally family, tous étant devenus de plus que bons amis depuis lors. D’ailleurs, ce soir, nous retrouverons Berta (la grand-mère au petit jeu des sept familles) exactement là où nous nous étions vus la première fois (pour un repas « français » épique encore dans toutes les mémoires !). Jeneda, Clayson et Jones sont partis pour la réserve, tôt ce matin, et ne rentreront que demain après-midi, nous nous verrons à ce moment-là. Et comme Klee n’est jamais bien loin non plus, nous pourrons ces prochains jours (nous restons en Arizona une petite semaine) tous les retrouver.
Bien sûr, nous sommes reçus comme des princes (là, au moment où j’écris ces quelques lignes, nous nous apprêtons à nous jeter sur des enchiladas qui, si elles sont aussi bonnes qu’elles embaument la pièce, seront excellentes !) et bien sûr cela va être un des meilleurs moments de notre road trip (cette semaine à Flagstaff, pas les enchiladas —encore que).

Une seule halte (enfin, « halte », plus de trois heures trente tout de même !) pour nous entre notre motel sur la 66 à Gallup, à une douzaine de miles seulement de l’Arizona et Flagstaff, mais non des moindres puisque nous allons nous faire l’intégralité du Petrified Forest National Park, soit une trentaine de miles du sud au nord puis les mêmes au retour jusqu’à l’interstate 40. C’est ici que se trouve ce que d’aucuns considèrent comme la « first forest », soit la plus vieille forêt au monde dont il reste des vestiges, forêt qui remonte à la préhistoire et dont il ne reste bien sûr que des troncs d’arbre fossilisés, mais en quantité hallucinante, et avec des teintes d’une beauté et d’une variété incroyables. On peut aussi y visiter les ruines d’un ancien village, y contempler des pétroglyphes (notre seule impasse, car nous avons eu notre compte de petroglyphes hier !). Et surtout, nous allons découvrir le Painted Desert, vraiment impressionnant. Mais, comme souvent, les images sont davantage parlantes, alors je laisse les images parler à ma place, ce qui me fera et à vous aussi des vacances !

Today we arrived in Arizona, our tenth state on precisely four weeks, which makes me happy, with little jumps in the car and all that, since it is (so far) my favorite state. Of course, I haven’t been everywhere, but I’ve still been around enough on this side of the planet, at least enough to have a favourite state and proclaim it loud and clear. So just did. 
I came to Arizona several times, the first time when I decided on a whim (and against the « advice » of my publishing director) to dedicate the cover of Best magazine (and a big story inside to Blackfire, and by extension to the Jones Benally family, all of whom have become more than good friends since then. In fact, tonight, we will meet Berta (the grandmother at the little game of the seven families) exactly where we first met (for an epic « French » meal still in all memories!). Jeneda, Clayson and Jones left for the reserve early this morning, and will only return tomorrow afternoon, we will see each other then. And since Klee is never far away either, we will be able to find them all in the next few days (we stay in Arizona for a short week).
Of course, we are received like princes (here, as I write these few lines, we are about to throw ourselves into enchiladas which, if they are as good as they embalm the piece, will be excellent!) and of course this will be one of the best moments of our road trip (this week in Flagstaff, not the enchiladas —even though !). 

A single stop (well, « stop », more than three and a half hours!) for us between our motel on the 66 in Gallup, only a dozen miles from Arizona, and Flagstaff, but not the least since we will make the entire Petrified Forest National Park, about thirty miles from south to north and then the same on the way back to the interstate 40. It is here that we find what some consider to be the « first forest », the oldest forest in the world that dates back to prehistoric times and of which there are of course only fossilized tree trunks, but in incredible quantities, and with shades of incredible beauty and variety. One can also visit the ruins of an old village, contemplate petroglyphs (our only dead end, because we had our fair share of petroglyphs yesterday!). And above all, we will discover the Painted Desert, really impressive. But, as often, images are more telling, so I let images speak for me, which will make me and you a holiday too!



Day 28 – Mile 4228
Gallup, New Mexico

La neige vient nous rappeler que Santa Fe est sacrément en altitude (près de 2200 mètres), ce qui nous fait tout de même un peu drôle alors qu’il y a trois semaines et des bananes nous crevions de chaud à la Nouvelle-Orléans, avec près de 40 degrés la journée et pas moins de 25 la nuit, climat sub-tropical oblige. Mais bon, nous allons parcourir plus de 10000 miles au total, sur deux mois et demi, et nous nous attendions à subir quelques épisodes de yoyos climatiques de ce type. D’ailleurs, dans trois jours nous passerons par Phoenix où il est prévu plus de 30 degrés, alors que demain matin à Gallup, où nous venons de nous arrêter pour notre dernière nuit au Nouveau Mexique, il devrait faire moins 8, nous n’en sommes donc sans doute qu’au début de notre thermo-roller coaster…
Sante Fe n’était sur le tracé de la Route 66 que de 1926 à 1937, puisque tous les itinéraires postérieurs suivaient une ligne droite Tucumcari-Albuquerque-Gallup, mais nous voulions absolument prendre le Turquoise Trail Scenic Byway, un itinéraire un peu hors 66 donc mais tellement lié à cette route (c’est d’ailleurs sur le Turquoise Trail que furent filmés de nombreux road movies, dont une bonne partie de « Easy Rider »).
Et effectivement, même sous la neige et avec un vent glacial, et parfois même la tête littéralement dans les nuages, nous avons pu profiter des Sandla Mountains, côté est, mais aussi des nombreuses petites boutiques et bars colorés de Madrid, un village d’à peine plus de 200 habitants mais éminemment touristique. Un peu comme Sedona, en Arizona, mais en beaucoup moins chic et toc, le prêchi-prêcha new age n’ayant pas encore grimpé jusque-là.

Nous retrouvons donc le tracé le plus classique de la 66 à Albuquerque (en gros l’Interstate 40 ou parfois des routes parallèles), où nous faisons notre ravitaillement du jour, avant de rouler jusqu’au site incroyable Petroglyph National Monument, non sans avoir fait une courte halte devant le Kino Theater (construit en 1927 et dans un parfait état de conservation), au style mixant art-déco et culture amérindienne.
Le Petroglyph National Monument propose sur trois sites principaux plus de 20.000 pétroglyphes, des dessins gravés à même le basalte par les différents peuples indiens s’étant succédées au pied de ces anciens volcans.
Notre temps étant malheureusement compté, nous optons pour le site où les gravures sont les plus proches du parking (le Boca Negra Canyon), mais ça n’est apparemment pas le plus intéressant des trois. Ceci dit, il permet néanmoins de découvrir cet art ancien (la plupart des dessins auraient été exécutés à partir du XIVème siècle mais certains seraient beaucoup plus vieux) et de manière ludique qui plus est, puisque les ses illustrations sont soumises à autant d’interprétations qu’il y a de visiteurs. Bref, si comme nous, vous voyez un lézard qui joue au ping pong ou un « dindon céleste » (AOC © Dimitri), c’est tout à fait normal !

Nous roulons ensuite jusqu’à Gallup, à une douzaine de kilomètres de la frontière avec l’Arizona, mais avec déjà des décors s’en approchant. Bien sûr, nous ne sommes pas encore au niveau du grandiose d’un Mountain Valley ou du gigantisme d’un Grand Canyon, mais c’est un amuse-œil du plus bel effet. 

The snow reminds us that Santa Fe is quite high up (nearly 2200 meters), which is still a little funny while three weeks ago or so we were dying from heat in New Orleans, with nearly 40 degrees during the day and no less than 25 at night, due to the sub-tropical climate. But hey, we’re going to cover more than 10,000 miles in total, over two and a half months, and we expected to have a few episodes of this type of climate yo-yo. In fact, in three days we will be passing through Phoenix where it is expected to be more than 30 degrees, while tomorrow morning in Gallup, where we have just stopped for our last night in New Mexico, it should be minus 8, so we are probably only at the beginning of our thermo-roller coaster…
Sante Fe was only on Route 66 from 1926 to 1937, since all the later routes followed a straight line Tucumcari-Albuquerque-Gallup, but we absolutely wanted to take the Turquoise Trail Scenic Byway, a slightly off 66 route but so closely linked to its spirit (it is on the Turquoise Trail that many road movies were filmed, including a good part of « Easy Rider »). 
And indeed, even under the snow and with a freezing wind, and sometimes even with our heads literally in the clouds, we were able to enjoy the Sandla Mountains, on the east side, but also the many small shops and colourful bars of Madrid, a village of just over 200 inhabitants but highly touristic. A little like Sedona, Arizona, but much less chic and fake, the preached new age not having yet climbed up to there.

We find the most classic route of the 66 in Albuquerque (roughly the Interstate 40 or sometimes parallel roads), where we do our daily provisioning, before driving to the incredible Petroglyph National Monument, not without stopping briefly in front of the Kino Theater (built in 1927 and in a perfect state of conservation), with its art-deco and Amerindian culture mixing style.
The Petroglyph National Monument offers on three different main sites more than 20,000 petroglyphs, drawings engraved directly on the basalt by the different Indian tribes who lived consecutively at the foot of these ancient volcanoes. 
Unfortunately, our time being limited, we opt for the site where the engravings are the closest to the car park (Boca Negra Canyon), but it’s apparently not the most interesting. That being said, it nevertheless makes it possible to discover this ancient art (most of the drawings would have been made from the 14th century onwards but some would be much older) and in a playful way, since its illustrations are subject to as many interpretations as there are visitors. In short, if, like us, you see a lizard playing ping pong or a « celestial turkey » (© Dimitri), it is completely normal!

We then drove to Gallup, about a dozen kilometres from the Arizona border, but with scenery already approaching it. Of course, we are not yet at the level of the grandiose Mountain Valley or the gigantism of a Grand Canyon, but it is an eye-catcher of the most beautiful effect. 


Day 27 – Mile 3997
Santa Fe, New Mexico

Notre journée a un peu la physionomie de celle de la veille : beaucoup de route, pas grand-chose sur la 66 historique, qui d’ailleurs n’est parfois qu’un chemin de terre lorsqu’elle n’a pas été purement et simplement remplacée par l’autoroute ; et des paysages qui changent de tout au tout au fur et à mesure de notre progression, devenant de plus en plus arides pour la fin du Texas, où l’on ne voit que quelques barrières d’entrées d’immenses ranchs s’étendant à perte de vue, puis presque désertiques et enfin avec un peu de relief, au loin, même si l’on est encore loin des incroyables décors extérieurs de cinéma de Mountain Valley (mais ce sera pour bientôt).
De toute manière, la nature a et aura toujours plus de magnétisme, de beauté et d’ensorcellement inhérents que tous les artefacts au monde, ce dont nous allons avoir une fois de plus confirmation en rejoignant notre retraite d’un soir, une chambre prévue pour « méditer », avec grandes baies vitrées et vue imprenable sur la nature sauvage (et notamment un incroyable coucher de soleil, derrière la barrière de vieilles montagnes affaissées, plus au nord), au milieu de la pampa à vingt minutes au sud de Santa Fe.

Our day is a bit like the day before: a lot of driving, not much on the historic 66, which is sometimes just a dirt road when it has not been purely and simply replaced by the highway; and landscapes that change completely as we progress, becoming more and more arid for the end of Texas, where we only see a few entrance barriers to huge ranches stretching as far as the eye can see, then almost desert and finally with a little relief, far away, even if we are still far from the incredible outdoor scenery of Mountain Valley cinema (but it will come soon). 
Anyway, nature has and will always have more inherent magnetism, beauty and enchantment than all the artifacts in the world, which will have once again be confirmed by joining our one-night retreat, a room planned to « meditate », with large bay windows and breathtaking views of the wilderness (including an incredible sunset, behind the barrier of old collapsed mountains, further north), in the middle of the pampas twenty minutes south of Santa Fe.

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Day 26 – Mile 3614
Amarillo, Texas

Avant de partir d’Oklahoma City, nous consultons différents guides et décidons de suivre l’Historic Route 66 jusqu’à Bridgeport, annoncée comme une ville fantôme, ce qui sonne un peu fun annoncé comme ça —et moi je croyais carrément me retrouver dans la bande-dessinée de Lucky Luke du même nom !— mais en réalité d’une part les habitations à l’abandon et/ou vandalisées, semblent assez récentes, d’autre part elles sont envahies par la végétation, ce qui me met assez en joie mais m’empêche de faire la moindre photo un minimum correcte et intéressante (sur une dizaine de maisons « visitées »), enfin la ville n’est pas totalement abandonnée et, au final, d’autres endroits n’étant pas annoncés comme abandonnés le seront plus que Bridgeport ! Plus loin, une fois la frontière du Texas passée, nous nous ferons avoir une nouvelle fois à Lela, listée également comme fantôme mais où en fait ne subsiste que les vestiges d’une pas si ancienne station essence, également recouverte de végétation. 

La 66 en tant que telle est moyennement intéressante sur un long tronçon (d’autres suivront,  jusqu’en Arizona en fait) car souvent elle a été purement et simplement remplacée par l’Interstate 40. Nous filons donc plutôt à vive allure, profitant des paysages qui défilent et aussi de l’horizon qui, petit à petit, s’élargit, au gré des panneaux publicitaires, dont bien sûr nous ne raffolons pas, mais qui nous changent des citations de la bible et autres du même acabit rencontrées dans les états du sud-est.
Sur des dizaines de miles, nous avons droit à des publicités pour un magasin, le Cheyenne Trading Post, qui vendrait tout un tas de choses (bijoux, vêtements, poteries, etc., etc.) fabriquées par des amérindiens. Nous n’avions pas prévu de nous y arrêter, mais en voyant depuis l’autoroute le gigantesque portrait d’indien ornant sa devanture, je n’ai pas pu m’empêcher d’y jeter un œil. Résultat : du made in China à gogo, un peu de made in Pakistan aussi… bref, une pure fumisterie. Ceci dit, vu l’accueil pour le moins froid des trois vieilles vendeuses « blanches », il ne fallait pas non plus s’attendre à autre chose. Il y a bien quelques bijoux qui semblent authentiques, mais leurs prix, quand ils étaient affichés, étaient plus que prohibitifs.

Nous avons donc repris notre route et sommes donc repassés par le (nord du) Texas, pas très loin d’où nous avions atterri (Dallas Fort Worth pour rappel), et les paysages de continuer de se transformer petit à petit. Les premières terres rouges apparaissent et aussi quelques ranchs. À Shamrock, nous nous arrêtons un assez long moment, pour essayer de photographier la Tower Station & U-Drop Inn Café, un long bâtiment un peu art déco comme il n’y en a pas d’autre sur la Route 66, mais tellement large qu’il est totalement impossible à cadrer dans sa totalité. À noter pour en revenir au dessin animé « Cars », que si le U-Drop Inn Café vous paraît familier, c’est parce qu’il a servi de principale source d’inspiration à l’atelier de Ramone, dans le film.
Un peu avant Amarillo, notre étape du soir, nous ne pouvons pas éviter une hé-naur-me croix côté gauche de l’autoroute, à Groom… Une croix de près de 60 mètres de haut (un pick-up garé juste en-dessous nous parait être un simple jouet !), visible par beau temps jusqu’à plus de 30 kilomètres. Bon, sinon, une croix, quoi, à savoir l’une des choses les plus inutiles qui soient, bref…

À Amarillo, nous nous arrêtons bien sûr au mythique Cadillac Ranch, une commande d’un milliardaire texan datant de 1974 et qui met particulièrement bien en exergue le culte de la bagnole aux États-Unis. Le lieu a été énormément photographié, il apparaît aussi dans bon nombre de films (dont « Arizona Dream », un de mes préférés !), mais peu de gens savent que les modèles de Cadillac sont tous différents (dix en fout), ni que les voitures ont été enterrées le nez dans la terre en suivant très exactement le même angle que les pyramides d’Egypte.
Un peu plus tôt, nous nous étions arrêtés au VW Slug Bug Ranch, à Panhandle, ou la contre-attaque de Volkswagen, avec ses fameuses coccinelles (au nombre de cinq), les deux lieux servant de défouloir aux tagueurs du monde entier, comme vous pouvez le voir sur les photos ci-pas loin.

Before leaving Oklahoma City, we consulted various guides and decided to follow Historic Route 66 to Bridgeport, announced as a ghost town, which sounds a little fun like that —and I thought I would be in Lucky Luke’s comic book of the same name!— but in reality on the one hand the abandoned and/or vandalized dwellings seem quite recent, on the other hand they are invaded by vegetation, which makes me happy enough but prevents me from taking the slightest picture of a correct and interesting minimum (out of about ten « visited » houses), finally the city is not totally abandoned and, in the end, other places not being announced as abandoned will be more so than Bridgeport ! Further on, once the Texas border has passed, we will be taken in again at Lela, also listed as a ghost but where in fact only the remains of a not so old gas station, also covered with vegetation, can be seen. 

The 66 as such is moderately interesting over a long part (others will follow, to Arizona in fact) because it has often been purely and simply replaced by the Interstate 40, so we rush off at high speed, taking advantage of the landscapes that pass by and also of the horizon that, little by little, widens, depending on the advertising billboards, which of course we do not like, but which change us from quotes from the Bible and others of the same kind encountered in the southeastern states. 
Over dozens of miles, we are entitled to advertisements for a store, the Cheyenne Trading Post, which would sell a whole bunch of things (jewellery, clothing, pottery, etc.) made by Amerindians. We hadn’t planned to stop there, but when I saw the gigantic portrait of an Indian on the highway, I couldn’t help but take a look. The result: made in China a gogo, a little bit of made in Pakistan too… in short, a pure smoke and mirrors. That said, given the cold reception of the three old « white » saleswomen, we couldn’t expect anything else. There are indeed some jewels that seem authentic, but their prices, when they were displayed, were more than prohibitive.

So we set off again and passed through (northern) Texas, not far from where we had landed (Dallas Fort Worth as a reminder), and the landscapes continued to change little by little. The first red lands appear and also some ranches. In Shamrock, we stop for a long enough time to try to photograph Tower Station & U-Drop Inn Café, a long, slightly Art Deco building like no other on Route 66, but so wide that it is totally impossible to frame it all. To come back to the cartoon « Cars », if the U-Drop Inn Café looks familiar to you, it’s because it served as the main source of inspiration for Ramone’s workshop in the film. 
Just before Amarillo, our evening stop, we can’t avoid a HU-GE cross on the left side of the highway, nearby Groom… A cross nearly 60 meters high (a pickup parked just below seems to be a simple toy!), visible in good weather until more than 30 kilometers. Well, otherwise, a cross, what, namely one of the most useless things there is…

In Amarillo, of course, we stop at the mythical Cadillac Ranch, a 1974 demand from a Texas billionaire that highlights the car cult in the United States. The place has been photographed a lot, it also appears in many movies (including « Arizona Dream », one of my favorites!), but few people know that Cadillac models are all different (ten in fact), nor that the cars were buried with their noses in the ground following exactly the same angle as the pyramids in Egypt. 
Earlier, we had stopped at the VW Slug Bug Ranch in Panhandle, or the Volkswagen counter-attack, with its famous bugs (five of them), both of which places are used by taggers from all over the world, as you can see in the pictures below.


Day 25 – Mile 3442
Oklahoma City, Oklahoma

Petite journée aujourd’hui, en nombre de miles parcourus d’une part, mais aussi d’endroits visités d’autre part. Pas un choix personnel, mais simplement parfois parce que certaines portions de la 66 sont moins riches et intéressantes que d’autres, et c’est le cas pour cette partie-là de l’Oklahoma.
Du coup, avant de repartir de Tulsa en direction d’Oklahoma City, nous revenons un peu sur nos pas pour aller à deux endroits que nous n’avions pas pu voir la veille, à cause de la lumière déclinante typiquement « entre chien et loup », et amplifiée par ce gros orage qui approchait (et a tonné une bonne partie de la nuit). Le premier est un drive-in à l’entrée de la ville, l’Admiral Twin Drive-In Theater, encore en activité mais tellement immense qu’impossible à capturer sur une simple photo.
Le second est plus emblématique qu’autre chose, il s’agit de la Cyrus Avery Centennial Plazza, située juste avant le grand pont permettant de traverser l’Arkansas River, une sculpture gigantesque en hommage à cet homme, Cyrus Stevens Avery, qui est en fait le fondateur et donc un peu le père de la Route 66 (et d’ailleurs plus tard de la US Highway 66 Association).
À Stroud, nous nous arrêtons pour photographier le Rock Café, un autre lieu mythique (datant de 1939) reconstruit (en 2009) après un incendie. À Chandler, nous tentons la McJerry ’66 Gallery, mais Jerry McClanahan, qui y expose ses illustrations, aquarelles et peintures à l’huile uniquement sur la Route 66, son obsession, d’ailleurs connu aussi pour être l’auteur de l’incontournable « EZ 66 Guide for travelers », est absent, malgré l’indication « open » sur la façade de la petite maison. Nous nous rabattons sur un simple cliché de sa devanture et roulons jusqu’à Arcadia, la dernière ville de moyenne importance avant Oklahoma City, qui sera notre ultime halte du jour, pour y visiter l’Arcadia Round Barn, l’un des rares édifices de ce type aux États-Unis (il en existerait une vingtaine au total), construit en 1898 et restauré au début des années 90. À noter que si ces granges, réellement impressionnantes (la partie supérieure est à louer pour des concerts, mariages, etc.) sont de forme parfaitement ronde, ça n’est pas par coquetterie architecturale, mais pour mieux résister aux tornades et autres tempêtes qui sont monnaie courante dans la région.